Julie Marie
27 mars 2024

Réseau d’associations Flam : la promotion du français comme langue maternelle à travers le monde

Initié en 2001, le dispositif Flam (français langue maternelle) permet aux enfants de Français à l’étranger de conserver leur langue d'origine et le lien avec la culture française dans un contexte extra-scolaire.

Lors de son installation à Orlando, Axelle Gault constate très rapidement dans son secteur un cruel manque de formations à la langue française pour les enfants issus de familles francophones. L’idée de créer une association à cet effet mûrit alors dans sa tête : « Il fallait non seulement maintenir le niveau de français des enfants arrivant de l’Hexagone pour leur permettre de réintégrer le système scolaire lors d’un possible retour en France, mais également permettre aux enfants de familles françaises expatriées de l’apprendre pour leur offrir cette richesse qu’est l’interculturalisme. »

C’est ainsi qu’elle ouvre en 2019 les Samedis Français, une association proposant chaque samedi matin une immersion ludique dans la langue et la culture françaises, le tout basé sur le programme de l’Éducation nationale. L’association rejoint dès sa création le programme Flam, créé en 2001 par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et confié depuis 2009 à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger. Ce dispositif vise à soutenir des associations qui proposent des activités extrascolaires autour de la langue française à des enfants français âgés de 3 et 18 ans résidant à l’étranger. Cette initiative de soutien de la langue française à l’international comptabilise aujourd’hui 152 associations présentes sur 37 pays dans le monde.

« Une réelle connexion avec la France »

« Étant français et ma femme américaine, nous voulions vraiment offrir à nos enfants la possibilité d’avoir une double culture, se souvient Alexandre Chabauty, expatrié dont le fils est inscrit depuis deux ans aux Samedis français. Il n’était pas uniquement question de lui apprendre la langue, mais aussi de lui transmettre tout l’héritage culturel français. » En effet, les associations soutenues par le dispositif Flam ont pour objectif de permettre aux enfants expatriés (ou dont les parents sont francophones) de conserver la culture française. « Nous transmettons aux enfants les valeurs, les chansons, l’humour, les traditions, etc., pour une totale immersion à la française », confirme la fondatrice des Samedis français. Immersion qu’Alexandre Chabauty est plus qu’heureux d’offrir à son fils : « Ce sont des tonnes de choses que nos enfants ne connaîtraient pas sans cette association. Le fait de partager ces moments avec d’autres membres de la communauté française leur donne la chance d’avoir une réelle connexion avec la France et leurs origines. »

Les associations Flam peuvent exister sous la forme de cours de langue et de culture, mais aussi d’activités culturelles (théâtre, cinéma, exposition, etc.) ou encore d’activités manuelles (atelier de cuisine, d’arts plastiques, musique, etc). À noter que ces initiatives n’ont pas vocation à se substituer aux cours de FLE (français langue étrangère), destinés à un public non-francophone, ou à l’enseignement scolaire : leur but est d’assurer un apprentissage linguistique dans un autre cadre que celui de l’école.

Des aides pour soutenir les associations

Pour faire la promotion de la langue française à l’étranger, toutes les associations membres du programme ont à leur disposition des ressources pédagogiques numériques relayées par différentes chaînes audiovisuelles (TV5Monde, France Médias Monde, etc) et, plus largement, une vaste diversité de contenus à retrouver sur le site des associations Flam. L’AEFE met également à la disposition des associations une plateforme de formation autour de trois modules : « S’initier au dispositif et structurer une association Flam », « Identifier et concevoir des activités extrascolaires » et « Mettre en œuvre les activités extrascolaires ».

Les associations membres du dispositif Flam peuvent aussi recevoir différentes aides financières. La première subvention porte sur l’aide au démarrage des associations, la deuxième sur l’accompagnement de projets francophones, que ce soit des projets de nature éducative ou culturelle. La dernière subvention vise à favoriser les échanges entre les associations Flam localisées dans le même pays ou dans la même région.

share Partager

Etudier et travailler

Transition énergétique : pourquoi le monde s'arrache les électriciens français

Portés par la décarbonation mondiale, les électriciens qualifiés sont devenus le « carburant » de la transition écologique. De l’Australie au Canada, l'électrification de la planète crée une pénurie critique de main-d’œuvre. Zoom sur un métier manuel devenu un formidable passeport pour l'international.

Actualités internationales
Etudier et travailler

Erasmus+ victime de son succès

Le nombre de stages financés par l’agence européenne basée à Bordeaux a été multiplié par trois ces dernières années. Mais faute de budget, Erasmus+ n’a pu financer l’an dernier qu'à peine plus de la moitié de ces demandes. Et le retour prochain du Royaume-Uni ne risque pas de faire baisser cet engouement.

Etudier et travailler

Études supérieures : combiner alternance et expérience internationale, c’est possible !

Contrairement aux idées reçues, il est tout à fait envisageable de combiner les deux… avec un peu d'organisation préalable. Conseils et témoignages.

Etudier et travailler

Cybersécurité : ces experts français qui choisissent l’expatriation

Pénurie mondiale de talents, multiplication des cyberattaques, internationalisation des entreprises… Dans la cybersécurité, les opportunités dépassent désormais largement les frontières françaises. Aux quatre coins du monde, de plus en plus d’ingénieurs français choisissent l’expatriation, attirés par des projets d’envergure, des carrières accélérées et un marché en tension permanente.

Etudier et travailler

« Tu te dis que t’es sur une autre planète » : ces expatriés de l’extrême racontent leur vie en Antarctique

Des températures qui peuvent chuter à – 60 degrés. Du blanc à perte de vue. Plus de possibilité de revenir en arrière. Non, ce ne sont pas les astronautes qui posent le pied sur la lune, mais l’arrivée en bateau de ceux qui choisissent une expatriation de l’extrême : l’Antarctique. Chaque année, environ cent Français embarquent pour quelques mois à un an pour vivre sur une des stations polaires françaises.