Dahvia Ouadia
12 janvier 2026

Léon Laulusa (CGE) : « L’ouverture au monde fait partie des valeurs portées par les grandes écoles »

Dans les grandes écoles — ingénieurs, commerce, Sciences Po, etc. —, partir étudier ou se professionnaliser à l’étranger est souvent obligatoire pour les étudiants. Pour Léon Laulusa, vice-président en charge de la commission Relations internationales de la Conférence des grandes écoles, ces séjours internationaux sont essentiels pour développer des compétences interculturelles et renforcer l’employabilité des étudiants. Interview.

Cet article fait partie du dossier Faire ses études à l'étranger. Téléchargez l’intégralité de ce dossier au format PDF : Guide gratuit à télécharger : Étudier à l’étranger : 5/14

Pour être membre de la Conférence des grandes écoles, les écoles doivent proposer des mobilités internationales aux étudiants. Pourquoi l’internationalisation est-elle essentielle ?

« La mondialisation économique et culturelle est une réalité. On vit aujourd’hui dans un village mondial où tout est interconnecté. Il est donc essentiel pour les étudiants d’apprendre avec les autres. Cette ouverture au reste du monde fait partie des valeurs que portent les grandes écoles françaises. »

En effet, lorsqu’un étudiant effectue une mobilité académique chez un partenaire universitaire à l’étranger, il s’enrichit d’une expertise académique, de compétences et de savoir-être. S’il réalise un stage à l’international, il apprend des modes d’organisation et de travail nouveaux. Il développe des compétences interculturelles, mais aussi une meilleure compréhension du monde et des autres.

Qu’est-ce qu’une mobilité apporte aux étudiants ?

« L’internationalisation renforce leur employabilité. Les grandes entreprises veulent recruter des talents qui connaissent l’international, car les flux économiques sont à l’échelle mondiale. Elles souhaitent embaucher des étudiants mobiles, qui pourront aussi travailler à l’étranger dans une succursale. »

Ces mobilités sont aussi transformatrices pour les étudiants. Lorsqu’ils reviennent après une mobilité, ils ont acquis une maturité personnelle et professionnelle, une indépendance et un jugement d’esprit. Lors de leur séjour à l’étranger, ils vont ressentir la culture locale à travers des odeurs, des goûts, des rencontres. C’est vraiment in situ que les étudiants se transforment.

Aujourd’hui, la situation géopolitique mondiale est particulièrement incertaine. Comment les établissements parviennent-ils à s’adapter à ce climat ?

« Chaque école organise ses partenariats académiques à l’étranger. Ce que nous constatons à la CGE, c’est que nos partenaires académiques nous soutiennent. Les universités américaines, par exemple, veulent continuer à accueillir nos étudiants et nous aident dans nos démarches quand il y a des difficultés, comme sur les visas. »

Dans mon école, l’ESCP, une étudiante nous a contactés en plein été parce qu’elle n’arrivait pas à obtenir son visa pour partir en études aux États-Unis. L’université partenaire l’a aidée à débloquer la situation. Finalement, l’étudiante a pu partir avec seulement quelques jours de retard.

Par ailleurs, dans les zones où il y a des difficultés plus restrictives, nous informons les étudiants des risques et nous proposons des choix alternatifs pour partir dans d’autres pays. Il y a toujours des possibilités de faire une mobilité à distance, comme pendant le Covid, le cas échéant.

Un autre enjeu majeur est celui de l’écologie. Comment faire perdurer un modèle pédagogique qui repose sur les voyages à l’étranger en pleine crise climatique ?

« Toutes nos écoles ont pris conscience de cet enjeu et mettent en place des politiques d’encouragement à la durabilité. Ainsi, de nombreux établissements proposent des dispositifs pour récompenser des mobilités vertes. Le programme Erasmus propose aussi des aides pour ceux qui choisissent de ne pas prendre l’avion. »

Pour les voyages plus lointains, où l’avion est nécessaire, nous encourageons les étudiants à partir plus longtemps pour rentabiliser leur départ. Nous les incitons aussi à réfléchir aux moyens de neutraliser leur impact carbone par de bonnes pratiques. C’est essentiel de les responsabiliser pour transformer ensuite leur impact dans les entreprises où ils travailleront.

Aujourd’hui, nous avons des étudiants qui partent en mobilité verte, que ce soit à vélo, en train ou en bus. Dans mon école, nous avons un étudiant qui va effectuer Munich–Pékin à vélo pour une cause contre le cancer. Ce sont des initiatives que nous encourageons et que nous finançons via des bourses.

« Ce qui est essentiel, c’est de ne pas voir la durabilité comme une contrainte, mais comme une opportunité. Notre rôle, c’est aussi de rendre l’enjeu de la durabilité désirable aux yeux des étudiants. »

> Différentes mobilités internationales dans les grandes écoles

Toutes les grandes écoles ont rendu la mobilité à l’étranger — que ce soit à travers des stages ou en université — obligatoire. C’est le cas notamment dans les écoles d’ingénieurs, où une expérience à l’international est une condition sine qua non pour obtenir le diplôme d’ingénieur.

Les établissements proposent ainsi aux étudiants de passer un ou plusieurs semestres dans une université partenaire, souvent via des accords de partenariat ou le dispositif Erasmus+. Il est également possible de partir en double diplôme ou d’effectuer un ou plusieurs stages à l’étranger.

Certaines écoles disposent également de campus en propre à l’étranger, ce qui permet aux étudiants d’une école de passer un ou plusieurs séjours sur le campus international de leur propre établissement.

Dossier Etudier à l'étranger - Janvier 2026

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