Salomé Hénon Cohin
3 septembre 2025

A Munich, un club franco-allemand qui dépoussière l'image de la Bavière

A Munich, le club économique franco-bavarois fête ses quarante ans cette année. L’occasion de revenir sur ce réseau d’influence, implanté un peu partout dans le monde.

Cet article fait partie du dossier L'Allemagne de 2025, un pays stable en profonde mutation. : 2/13

Cela fait près de dix ans qu’Emmanuel Mondon est membre du club économique franco-bavarois. Cet ingénieur-géomètre de formation a quitté la France pour la capitale de Bavière en 2014 pour travailler dans une startup spécialisée dans le spatial. « Avec ma femme, on a toujours voulu mener une vie de famille à l’étranger, avec nos cinq enfants. Lorsque l’occasion s’est présentée, on a rapidement sauté le pas. » Depuis, cet expatrié ne regrette pas. Désormais consultant à son compte dans le domaine de la recherche spatiale, il voit le club économique comme une façon de s’ouvrir intellectuellement à la culture industrielle bavaroise: « Lors de la fête des 40 ans du club, les présidents ont fait venir Michel Barnier. C’était très intéressant, ce qu’il avait à dire, il a joué le jeu et a été très ouvert avec nous. »

Derrière toute cette organisation se trouve, entre autres, Sylvie Poirier, vice-présidente. Cette Française vit à Munich depuis 28 ans et travaille dans le domaine des mutuelles. « Il y a une vingtaine de clubs économiques ou clubs d’affaires franco-allemand qui existent des deux côtés du Rhin. Le nôtre a été créé dans l’esprit du traité de l’Élysée », raconte-t-elle.

Un réseau très développé

Comme à Munich, il existe de nombreux autres clubs aussi bien en France, qu’en Allemagne – mais aussi plus loin, comme aux Etats-Unis. « Mais la proximité géographique fait que la plupart sont situés en Europe », explique Sylvie Poirier. On pense notamment au Réseau des Clubs d’Affaires Franco-Allemands, qui compte 18 clubs, ou encore les nombreux cercles économiques franco-allemands, qui visent à rapprocher les personnalités du monde des affaires, de la politique et de la culture.

Le but de ce club, et de tous les autres, est de « contribuer au développement des coopérations économiques entre la France et l’Allemagne, plus particulièrement avec la Bavière ». Un Land depuis toujours bassin d’emplois dans de nombreux domaines, comme l’automobile, le spatial, l’assurance… « il y a de grandes entreprises, énumère Sylvie Poirier, Allianz, Siemens, BMW bien sûr, des grands médias télé, des studios de cinéma, de grands instituts de recherche… » Une région très dynamique, qui se dispute avec la Rhénanie le titre de moteur économique de l’Allemagne depuis des années. C’est d’ailleurs en Bavière et plus particulièrement à Munich que l’on trouve le plus de ressortissants Français. Rien que dans la capitale régionale, plus de 16.000 y sont installés.

Le club qui dépoussière la Bavière

En France, on imagine toujours la Bavière comme une région où l’on vit au son des cloches des vaches des alpages, dans des culottes de cuir. Même si ces dernières sont ressorties tous les ans pour se rendre à l’Oktoberfest, la plus grande fête de la bière au monde organisée à Munich, le Land est reconnu pour être entré dans le 21e siècle, comme le rappelle Sylvie Poirier: « On a une image très traditionnelle de cette région car elle a un grand souci de défendre de sa culture et de de son histoire. Mais il y a aussi une grande modernité, notamment dans le secteur de la recherche. Je pense que les autorités bavaroises veulent vraiment travailler dans ce sens-là. » Un aspect régulièrement évoqué lors des soirées mensuelles du club franco-bavarois, comme le souligne Emmanuel Mondon: « Les présidents du club sont bien connectés politiquement. Ils savent attirer le ministre de ceci, de cela. Par exemple, la Bavière a une vraie stratégie spatiale Donc pour moi, qui travaille dans ce milieu, ça a été l’occasion de rencontrer ces élus, et leur expliquer ce qu’on faisait avec la société coopérative européenne. »

Depuis la période de pandémie, le club s’est d’ailleurs renouvelé: finis les afterworks networking, on préfère les soirées à thème avec des professionnels de différents secteurs. « Un très bon point qui fait que je suis resté adhérent » explique Emmanuel Mondon. « Avant le covid, c’était essentiellement des consultants, des chasseurs de tête, des avocats à ces soirées. Maintenant, on a toujours des échanges de fond sur des sujets très larges. » Et le consultant de conclure: « les 100€ d’abonnement par an sont clairement rentabilisés ! »

Dossier Allemagne - Septembre 2025

share Partager

Destinations au banc d'essai

L’Université Mohammed VI Polytechnique, laboratoire du futur marocain

À Benguerir, au nord de Marrakech, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) s’est imposée en moins de dix ans comme un acteur singulier du paysage académique marocain. Créée en 2015 à l’initiative du groupe OCP, entreprise publique et pilier de l’économie nationale dans le secteur des phosphates, l’université s’inscrit dans une stratégie de long terme : investir dans le capital humain pour accompagner la transformation économique du pays.

Destinations au banc d'essai

Cinéma, musique, architecture, sport : l’influence marocaine en Afrique et en Europe

Classé 50e au Global Soft Power Index 2025, 1er pays du Maghreb, et 3e d’Afrique, le Maroc rayonne bien au-delà de ses frontières. Architecture, cinéma, musique, sport : une influence multiforme portée par des figures emblématiques et des événements d'envergure mondiale.

Destinations au banc d'essai

Coupe du monde 2030 au Maroc : l’héritage des JO de Paris, vitrine du savoir-faire français

La France entend utiliser l'expérience et l'héritage des Jeux olympiques de Paris 2024 pour positionner ses entreprises sur les grands chantiers de la Coupe du monde 2030, coorganisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. L'expertise française en organisation de grands événements est ainsi mise en avant par Paris comme un atout pour le royaume chérifien.

Destinations au banc d'essai

Les champions français du « green business » au Maroc

Le Maroc s’affirme de plus en plus comme la tête de pont de l’expansion du « green business » français. Avec un millier d’entreprises françaises installées, une part significative se positionne sur les secteurs clés de la transition écologique : énergies renouvelables, gestion de l’eau, économie circulaire et construction durable. Le royaume ayant érigé la transition énergétique en priorité stratégique, l’expertise française trouve là un terrain d’expérimentation idéal, avec une portée qui dépasse les frontières marocaines pour toucher tout le continent africain.

Destinations au banc d'essai

Guide gratuit à télécharger : Maroc, cap sur 2030

Au fil du temps, le Maroc a cessé d’être une simple destination d’expatriation pour devenir un espace de projection. Entre Europe et Afrique, le royaume attire désormais autant pour y travailler que pour y construire une trajectoire de vie. Proximité géographique, dynamisme économique et qualité du quotidien composent un équilibre rare, qui séduit cadres, entrepreneurs et retraités français.