Dahvia Ouadia
7 novembre 2025

Suivre ses études en anglais, en France, c’est possible !

Il existe plus de 1.300 formations en langue anglaise sur le territoire français. Parmi elles, certaines sont délivrées intégralement dans la langue de Shakespeare.

Cet article fait partie du dossier Etudier en France après une scolarité à l'étranger.  Téléchargez l'intégralité de ce dossier au format PDF : Guide gratuit à télécharger : Etudier en France après une scolarité à l’étranger : 3/13

Trouver une formation en anglais, en France, c’est aujourd’hui possible. Depuis 2015, la loi française autorise les établissements du supérieur, dont les universités, à proposer des formations en anglais.

Depuis, elles ne cessent de se développer. Les formations délivrées en anglais ont progressé de plus de 50 % en dix ans : plus de 1.300 formations sont aujourd’hui enseignées en anglais selon Campus France. Parmi elles, une grande partie est intégralement dans cette langue.

« Les formations en anglais sont davantage proposées au niveau master qu’en licence à l’université et plutôt dans les grandes écoles qu’à la fac », précise toutefois Olivier Chicheportiche, directeur de la coordination géographique de Campus France. L’université de Lille, par exemple, propose ainsi cinq licences en anglais pour plus d’une vingtaine de masters dans cette langue.

Des grandes écoles qui misent sur l’anglais

Les grandes écoles, de leur côté, dispensent de nombreux cursus intégralement en anglais. C’est notamment le cas de la grande majorité des écoles de commerce.

« Le master in management de l’Essec est bilingue. Il faut un excellent niveau d’anglais pour intégrer cette formation. L’étudiant peut choisir entre suivre le programme en anglais ou en français, mais quoi qu’il arrive, tous les étudiants passent au moins un semestre à l’étranger », décrypte Camille Trzaska, directeur marketing de l’ESSEC.

L’école de commerce post-bac l’Ieseg va un cran plus loin et propose la quasi intégralité de son programme grande école en cinq ans en anglais exclusivement. « Au premier semestre de la première année, quelques cours sont dispensés en français, mais dès le deuxième semestre, on passe à 50 % de cours enseignés en anglais. La suite du parcours est en ‘full english” jusqu’à la fin des études », indique Céline Verdrière, directrice déléguée au recrutement à l’IÉSEG. Et pour cause, plus de 80% des enseignants sont étrangers et ne parlent pas forcément le français.

Le master in management – programme Grande école – d’HEC est ainsi disponible en langue anglaise et en français. Son nouveau bachelor of Arts & Science mis en place avec l’université italienne de Bocconi est quant à lui uniquement dispensé en anglais.

Les écoles d’ingénieurs développent aussi ces formations internationales à destination d’un public étranger. Le bachelor de Polytechnique mais aussi les masters proposés dans cette prestigieuse école sont ainsi enseignés dans la langue de Shakespeare.

CentraleSupélec a par exemple lancé un bachelor of science avec l’université canadienne de McGills. Une formation qui s’adresse avant tout à des étudiants internationaux avec un recrutement spécifique et quelques places sur Parcoursup pour les meilleurs candidats.

Face à ces grandes écoles internationales, les universités réagissent. Elles sont de plus en plus nombreuses à proposer des formations en langue anglaise, notamment au niveau master.

Dans la même dynamique, Savoie Mont Blanc université propose quelques masters en anglais à l’instar du Management – European Master in Business Studies (EMBS) ou du European and International Business Law (EIBL) dans l’univers du droit.

D’autres universités vont un cran plus loin et développent des licences avec une dominance d’anglais. L’université de Lille a mis en place plusieurs licences où l’anglais a toute sa place, dans les domaines de l’économie et du management international.

Il vous faudra un bon niveau en français et en anglais. Par exemple, le bachelor International studies in economics and management comprend 60 % des cours en anglais en première année pour atteindre les 90 % en troisième année. Si vous souhaitez poursuivre des études de langue vous pouvez aussi vous orienter vers les licences LEA (langues étrangères appliquées) ou en LLCER (langues, littératures, civilisations étrangères et régionales).

Dans ces disciplines, vous étudierez la langue et la culture choisie que ce soit l’anglais, l’espagnol, l’allemand ou encore l’italien. Pour suivre ces formations un bon niveau linguistique est demandé et vous aurez parfois plus d’opportunités de réaliser un séjour à l’étranger via le dispositif Erasmus.

Le cas de Sciences Po Paris

Sciences Po Paris fait figure d’exception dans le paysage de l’enseignement supérieur français avec son  collège universitaire réparti sur sept campus dont six en région. Trois campus sont anglophones. Si vous choisissez le campus du Havre, focalisé sur l’Asie, vous suivrez un parcours intégralement anglophone. Le campus de Reims propose deux programmes, l’un sur l’Amérique du nord et le second sur l’Afrique. Sur ce campus, le parcours Amérique du nord est totalement dispensé en anglais.

La coloration Afrique est déclinée en deux parcours : un anglophone et l’autre francophone. Enfin si vous êtes admis au campus de Menton, spécialisé sur le Moyen Orient, vous aurez un “track” anglais et un autre français. Selon votre niveau dans ces deux langues, vous pourrez combiner les deux. Les trois autres  campus  –  Poitiers,  Dijon  et  Nancy sont principalement enseignés en français avec quelques cours en anglais ou en espagnol, sur le campus de Poitiers dédié à l’Amérique Latine et en allemand à Nancy, le campus franco-allemand de Sciences po. Au niveau master, les cours seront soit en anglais, soit en français selon la formation que vous choisirez.

Ce mois-ci, le dossier de Français à l’étranger est consacré aux études supérieures en France après une scolarité à l’étranger. Nous vous donnons toutes les clés et les étapes pour réussir votre orientation.

Dossier Etudier en France - Novembre 2025

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