Dahvia Ouadia
19 novembre 2025

Les bachelors en école d'ingénieurs

Les bachelors scientifiques se développent également dans les écoles d’ingénieurs proposant aux étudiants des formations en trois ou quatre ans après le bac. Si ces formations ne délivrent pas le titre ingénieur, elles misent avant tout sur la professionnalisation et pour certaines, sur l’international.

A côté des cycles ingénieurs, de nombreuses écoles d’ingénieurs mettent en place des bachelors délivrant diplômes de niveau bac +3 ou 4. Certains misent sur la professionnalisation, pour former des ingénieurs intermédiaires, d’autres se focalisent sur l’international en se mettant au diapason des formations proposées à l’étranger, notamment dans les pays anglo-saxons.

Des bachelors internationaux

C’est le cas du bachelor of science de l’école Polytechnique, qui compte 80 % d’étudiants internationaux ou bi-nationaux. Il s’agit d’un « programme en trois ans conçu pour les étudiants passionnés par les mathématiques et les sciences » précise l’établissement.

Cette formation s’adresse à « des étudiants brillants, à très fort potentiel, capables de suivre un curriculum riche et exigeant », indique encore l’X. Pour postuler, tout se passe sur le site de l’école. Parmi les critères de sélection, vous devez préparer un diplôme de second degré, avoir une moyenne générale élevée au lycée, suivre des cours de mathématiques avancés et au moins un cours de sciences avancé.

Enfin, vous devez avoir un excellent niveau d’anglais (niveau C1) pour réussir cette formation. Un critère indispensable la formation étant intégralement enseignée en anglais.

CentraleSupélec mise aussi sur un bachelor of sciences international en partenariat avec l’université McGills à Montréal en quatre ans. Au cours de ce cursus, les étudiants passeront deux années de tronc commun sur le campus de CentraleSupélec à Saclay, puis se spécialiseront pendant deux ans à McGills pour obtenir un diplôme anglophone de haut niveau.

Pour intégrer cette formation, qui s’adresse à des profils internationaux, les candidats doivent s’inscrire auprès des deux partenaires, avec un processus commun d’admission.

D’autres bachelors en ingénierie orientés vers l’international se développent aussi au sein des écoles d’ingénieurs françaises. A l’image de l’international bachelor de lInsa Lyon in Mechanical, Materials and Aerospace Engineering. Ce programme en trois ans créé pour répondre aux critères internationaux permettra aux étudiants « dacquérir un profil international basé sur lingénierie mécanique et aéronautique », précise l’Insa Lyon.

Des formations courtes professionnalisantes

Certaines écoles d’ingénieurs se tournent aussi vers des bachelors mais plutôt à vocation professionnalisantes. Arts et Métiers a lancé dès 2014 un bachelor de technologie Arts et métiers, « un programme diplômant parfaitement adapté aux attentes du monde industriel », précise l’école sur son site. Cette formation est volontairement axée sur les besoins des entreprises avec « une pédagogie orientée sur les projets et des relations constantes avec les entreprise ».

L’ECE, une école d’ingénieurs spécialisée en électronique et informatique, a de son côté mis en place un bachelor informatique pour des élèves « très doués mais qui n’ont peut être pas tout le socle académique, comme en physique, pour suivre un cycle ingénieur », indique François Stephan, directeur général de l’ECE.

« On a de plus en plus d’entreprises qui recrutent des étudiants diplômés de bachelor en ingénierie, simplement parce qu’il y a un besoin dingénieurs qui est très fort. Or, il n’est pas nécessaire d’avoir un diplôme dingénieur pour exercer ce métier », poursuit-il.

Pour entrer dans ces bachelors professionnalisants, vous devez avoir le bac. Ces formations recherchent souvent des profils de bacheliers variés : des bacheliers généraux avec des spécialités scientifiques ou non, des bac techno et certains bac professionnels avec une spécialité en lien avec la formation.

Mais attention, ils sont aussi sélectifs. Après inscription sur Parcoursup, le recrutement repose souvent sur le dossier scolaire et une lettre de motivation puis si vous êtes admissible sur entretien. Certaines écoles se sont rassemblées dans des concours communs pour mutualiser la sélection à l’image d’Avenir bachelor, Puissance Alpha bachelor…

 Après un bachelor, poursuite d’étude ou entrée sur le marché du travail ?

Avec un diplôme de bachelor d’ingénierie qu’il soit à vocation internationale ou professionnalisante, vous pourrez intégrer le marché du travail directement. Ces formations ont été conçues pour que vous soyez directement opérationnel à son terme avec des périodes de stages et une pédagogie en mode projet pour professionnaliser les étudiants.

Selon l’ECE, 98% de ses diplômés de bachelor qui se lancent sur le marché du travail trouvent un emploi dans les deux mois à l’issue de la diplomation. Pour autant, « de nombreux étudiants de bachelor poursuivent en master à l’issue de leur formation », affirme le directeur général de l’école d’ingénieurs.

A CentraleSupélec, « la moitié de nos étudiants en bachelor of sciences décident de travailler directement après », indique Franck Richecoeur, professeur au sein de l’établissement. Cependant, une partie des étudiants choisissent de poursuivre leurs études. « On a beaucoup de questions sur les ponts entre un bachelor of science et le cursus ingénieur. Cette passerelle est possible mais pas automatique. Les étudiants de bachelor doivent passer un concours d’entrée pour intégrer la deuxième année du diplôme d’ingénieur », continue Franck Richecoeur.

Il est aussi possible pour ces diplômés de poursuivre dans un master of science, souvent anglophone, pour se spécialiser.

Polytechnique, de son côté, est claire dans son ambition : « le principal objectif du bachelor est d’ouvrir les portes vers de nombreux Masters, à l’École Polytechnique ou dans d’autres grandes institutions partout dans le monde ».

Ce mois-ci, le dossier de Français à l’étranger est consacré aux études supérieures en France après une scolarité à l’étranger. Nous vous donnons toutes les clés et les étapes pour réussir votre orientation.

share Partager

Etudier et travailler

Infirmiers : partir à l’étranger pour mieux vivre son métier

En France, le mal-être des soignants n'est plus un secret. Avec des salaires parmi les plus bas de l’OCDE (inférieurs de 10 % au salaire moyen national) et des conditions de travail dégradées, l'expatriation devient pour beaucoup une soupape de sécurité. Que ce soit en Europe ou vers des horizons plus lointains, les infirmiers français s'exportent pour retrouver le sens de leur mission.

Etudier et travailler

180 salariés, 80 villes, 0 bureau : la recette 100 % "digital nomad" de Swapcard

« Lors du séminaire au Portugal, il y avait près de la moitié des personnes que je n’avais jamais rencontrées physiquement, bien qu’on travaille ensemble depuis quatre ans » , raconte Godefroy Colas des Francs, 38 ans, fondateur de Swapcard. S’il s’en émeut, c’est parce que son entreprise a pris une forme peu banale : les 180 salariés sont dispersés dans une trentaine de pays. Une organisation entièrement en "full remote", devenue l’ADN même de cette entreprise française de l’événementiel digital.

Etudier et travailler

La « nouvelle guerre scolaire » gagne les établissements de l’étranger

Depuis quelques mois, parents et syndicats enseignants dénoncent des hausses des frais d’inscription dans les établissements français à l’étranger. En toile de fond, un débat plus large s’installe : celui de l’évolution du modèle de l’enseignement français à l’étranger, entre pilotage public historique et montée en puissance d’acteurs privés.

Actualités internationales
Etudier et travailler
Vie pratique

Quels sont les meilleurs passeports du monde ?

Selon le dernier baromètre du cabinet de conseil britannique Henley & Partners, Singapour arrive à nouveau en tête du classement. La France recule légèrement, en raison surtout d’une méthodologie particulière.

Actualités internationales
Etudier et travailler
Vie pratique

Bourses scolaires à l’étranger : c’est maintenant !

La campagne est désormais bien lancée. Les dates limites pour déposer un dossier d’aide varient en fonction de chaque consulat français dans le monde.