Actualités économiques
Fuite des cerveaux : comment la Nouvelle-Zélande veut attirer les expatriés
Plombé par une démographie en berne, le gouvernement néo-zélandais compte sur un assouplissement des règles d’entrée dans le pays pour séduire des travailleurs étrangers qualifiés afin de pallier les départs massifs de ses habitants vers l’Australie.
Ces nouvelles règles sont censées permettre de combler les pénuries de main-d’œuvre que connaissent certains secteurs d’activité en Nouvelle-Zélande. Le phénomène a toujours existé, mais il s’est accéléré depuis un an. Les statistiques montrent que 70 000 Néo-Zélandais sont partis, en particulier vers l’Australie, sur douze mois glissants, soit près du double de la moyenne. Le chômage atteint en effet ces jours-ci 5,3 % en Nouvelle-Zélande, un taux exceptionnellement élevé pour le pays.
Attirer des étrangers
La Nouvelle-Zélande propose aujourd’hui plusieurs catégories de visas pour les étrangers souhaitant s’y installer ou y séjourner plus longuement : visas de travail pour les profils qualifiés, visas étudiants, permis vacances-travail pour les moins de 31 ans, visas entrepreneurs, visas investisseurs, mais aussi un Visitor Visa récemment assoupli.
« Parfois présenté comme un visa pour les nomades numériques, le « Visitor Visa » , vise à attirer des personnes qui souhaitent découvrir le pays tout en conservant une activité professionnelle en France ou à l’étranger, résume Philippe Meneut, directeur de New Zealand Services, un cabinet de conseil accompagnant les étrangers souhaitant s’installer, étudier, et investir en Nouvelle-Zélande. Cela régularise une situation qui existait déjà mais sans base légale. »
Un projet de vie
« Ce qui change réellement, c’est la possibilité soit de travailler pour un employeur étranger, soit d’exercer une activité professionnelle sur place à condition qu’elle ne concerne pas la Nouvelle-Zélande. » Cet assouplissement vise également à attirer les nomades numériques que tous les pays ou presque s’arrachent désormais. « Ce sont des gens qui ont des compétences intéressantes, décrypte M. Meneut. On leur dit « Venez découvrir notre pays », car vu la distance, c’est un effort de venir ici, c’est un projet de vie. »

Philippe Meneut : « C’est une immigration choisie qui met toutes les chances de son côté pour qu’elle soit réussie. Si vous respectez les règles, vous restez. Si vous ne les respectez pas, vous partez. »
Un visa pour les investisseurs étrangers
Les autorités ont aussi relancé le programme de visas réservés aux entrepreneurs étrangers, quelle que soit leur nationalité, baptisé Business Investor Visa. « Les autorités s’aperçoivent que la génération des boomers va partir à la retraite et qu’il n’y a personne pour les remplacer, constate M. Meneut. Nous avons pas mal de clients âgés d’une cinquantaine d’années, qui vivent en Europe, et qui ont décidé de faire autre chose. Ce visa de rachat d’entreprise va leur correspondre. » Ce changement poursuit deux objectifs. Le premier est de changer des règles qui étaient trop strictes. Le deuxième est de s’aligner sur les pays anglo-saxons qui permettent à des étrangers d’entreprendre à l’international.
Des modifications ont également été apportées cette année au Visa Active Investor Plus permettant d’immigrer en Nouvelle-Zélande après avoir respecté les conditions d’investissements de 5 ou 10 millions de dollars NZD selon la catégorie choisie.
20 000 Français chaque année
En comptant les permis vacances-travail (PVT), visa permettant aux jeunes de moins de 31 ans de voyager et travailler pendant un an dans le pays, la Nouvelle-Zélande compte environ 20 000 Français sur son sol. « Le Visitor Visa pourrait intéresser une partie de ces jeunes qui, tout en effectuant une année de césure au bout du monde, pourrait continuer à travailler pour leur entreprise en France, suggère M. Meneut, et tous les autres au-dessus de 31 ans avec ou sans enfant qui souhaitent venir effectuer un voyage prolongé en Nouvelle-Zélande. » Il y aussi les parents d’enfants qui veulent scolariser leurs enfants au pays des Kiwis et qui ne bénéficient pas d’un permis de travail, soit peut-être un bon millier de Français.
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