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Nelly Fesseau (Erasmus+) : « L’ambition d’Erasmus+ reste la même : faire naître des citoyens européens »

Nelly Fesseau, directrice d’Erasmus+, revient sur les ambitions et les enjeux du programme à l’heure où les demandes de mobilité explosent.

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Erasmus+ : quarante ans après, « l’engouement est toujours plus fort »
Cet article fait partie du dossier Faire ses études à l'étranger. Téléchargez l’intégralité de ce dossier au format PDF : : 2/11

Quelle est l’ambition du programme Erasmus ?

Le dispositif a été créé par la Commission européenne pour l’ensemble des pays adhérents afin de favoriser la mobilité des étudiants en Europe. L’idée sous-jacente, c’est que l’Europe n’est pas uniquement un marché, un espace économique, mais aussi une connexion entre des personnes de différents pays.

C’est la raison pour laquelle l’Europe soutient le dispositif à travers des financements importants. Ainsi, le budget pour la France est passé d’un milliard à 2,2 milliards d’euros entre 2021 et 2027. C’est déjà considérable.

Ce budget est-il suffisant pour répondre à la demande ?

Malheureusement non. Avant le Covid, nous répondions à 100 % des demandes de mobilité, mais depuis 2022, la demande a explosé. Aujourd’hui, nous parvenons à répondre à une demande de mobilité sur deux en France. Notre enjeu est de pouvoir répondre favorablement à tous les projets.

Cela passe par une augmentation du budget alloué. La Commission européenne a d’ailleurs annoncé une hausse de plus de 50 % du budget du programme 2028-2034. On passerait ainsi de 26 à 40,8 milliards d’euros. C’est une très bonne nouvelle, mais cela ne suffira pas à répondre à toutes les demandes.

Au-delà de l’enjeu budgétaire, avez-vous d’autres projets ?

Bien sûr ! Nous voulons participer davantage au renforcement de certaines compétences stratégiques, notamment les STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques), et renforcer la place des jeunes femmes dans les cursus scientifiques. Nous avons, par exemple, lancé le programme « STEM and robotics for girls », dédié à la promotion des sciences et de la robotique auprès des jeunes filles.

Par ailleurs, nous avons toujours pour objectif de favoriser la mobilité des apprentis, d’autant qu’elle constitue aujourd’hui une priorité politique à l’échelle nationale et européenne. En France, l’objectif de 15 % d’apprentis en mobilité d’ici 2030 a été fixé dans le cadre d’un « Erasmus de l’apprentissage et de la formation professionnelle étendu ». C’est ambitieux, mais nous faisons tout pour y parvenir.

Enfin, toujours dans cette logique d’ouverture à de nouveaux publics, nous avons constaté que des étudiants, dans certains parcours de formation, ne partaient pas en mobilité. C’est le cas dans les études de santé, mais aussi en droit. En France, ces cursus sont normés. Les étudiants ont peur de partir pendant leur formation, au risque de perdre du temps. Il faut mener une réflexion pour intégrer un principe de mobilité dans ces formations à l’université. Certaines choses se mettent en place, notamment avec les alliances européennes.

Dossier Etudier à l'étranger - Janvier 2026
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