Destinations au banc d'essai
Du métro aux aéroports, Sofratesa, vitrine de l’ingénierie française au Panama
Dans l’univers discret mais stratégique des grandes infrastructures d’Amérique latine, Sofratesa s’est imposée comme un acteur de référence. Présent depuis plus de trente-cinq ans dans la région, le groupe incarne une réussite entrepreneuriale française, étroitement liée à l’histoire récente du Panama et à sa modernisation accélérée.
L’origine de l’entreprise est indissociable du parcours de Joan Giacinti, entrepreneur d’origine corse, arrivé en République dominicaine il y a près de cinquante ans comme coopérant dans le cadre de son service militaire. Il devient par la suite représentant local pour de grandes entreprises françaises du BTP, notamment Bouygues, avant de fonder Sofratesa. La société se spécialise dans la conception, la construction et la maintenance d’infrastructures de télécommunications, appliquées aux transports, à l’aéronautique et aux réseaux urbains.
Le cœur d’activité de Sofratesa repose sur l’intégration de systèmes complexes : signalisation ferroviaire, télécommunications, contrôle-commande, systèmes d’aide à la navigation aérienne, équipements de sécurité et de supervision. L’entreprise se positionne comme un intégrateur industriel, capable d’assurer la continuité entre ingénierie, installation et exploitation.
Le tournant majeur intervient au début des années 2000, lorsque Joan Giacinti supervise la construction du métro de Saint-Domingue, inauguré en 2004. Le succès du projet attire l’attention des autorités panaméennes. Le président du Panama sollicite alors son expertise pour lancer un chantier similaire à Panama City. Joan Giacinti devient l’homme-clé du métro de Panama, dont Sofratesa réalise les lignes 1 et 2.
Pour mener à bien ce projet structurant, l’entreprise s’appuie sur un savoir-faire industriel français de pointe, en sollicitant notamment Alstom et Thales pour la machinerie lourde, la signalisation et les systèmes de contrôle. Le métro de Panama devient ainsi une vitrine de l’expertise française à l’export, dans un pays en pleine transformation urbaine.
Sofratesa s’illustre également dans le secteur de l’aéronautique civile, autre pilier de son activité. Au Panama, l’entreprise a participé à la modernisation du centre de contrôle de l’aéroport international de Tocumen, en y déployant des systèmes d’aide à la navigation aérienne radio, essentiels à la sécurité et à la fluidité du trafic. « Les avions atterrissent à l’aéroport de Tocumen grâce à des entreprises françaises », souligne Dominique Giacinti, le fils de Joan, aujourd’hui vice-président du groupe.
Après avoir travaillé pour plusieurs entreprises en Amérique latine, Dominique Giacinti est revenu au board de Sofratesa il y a six ans. Le groupe a aujourd’hui son siège au Panama, avec un siège opérationnel à Saint-Domingue, et rayonne dans toute la région : République dominicaine, Équateur, Colombie, Chili, Argentine, Mexique, ainsi qu’en Espagne.
Pour lui, l’ancrage panaméen de Sofratesa s’inscrit dans une histoire plus large. « Panama et la France, c’est une très belle histoire d’amour, liée à la construction du canal. Ici, beaucoup de Panaméens portent encore des noms français, notamment à Boquete », observe-t-il. Il insiste aussi sur la difficulté d’accès au marché local : « Ici, c’est dur de s’implanter. Le monde des affaires est exigeant. Mais une fois installé, les opportunités sont réelles. »
La présence régionale de grands groupes français comme Alstom et Thales, la connectivité offerte par Copa Airlines et la position géographique du pays renforcent cet écosystème. « Panama, c’est la Miami de l’Amérique du Sud », résume Dominique Giacinti, évoquant la facilité de circulation des équipes et des projets à l’échelle continentale.
Selon lui, le succès de Sofratesa repose sur une expertise française reconnue, une capacité d’adaptation aux réalités locales et une identité assumée. « Sofratesa est un groupe très diversifié, mais avec une identité française forte. En France, nous avons une industrie et un savoir-faire qui donnent confiance aux Panaméens. » explique t-il. Il cite en exemple la présence de Veolia dans le traitement de l’eau au Panama, autre illustration de cette confiance accordée aux entreprises françaises.
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