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« J’aimerais rendre mon dernier souffle sur un bateau » : une retraite en croisière sans billet retour

Et si la retraite se passait en mer ? C’est le choix de certains retraités qui multiplient les croisières, quand d’autres franchissent le cap de vivre à bord toute l’année. Un phénomène encore marginal, mais qui accompagne l’essor spectaculaire du tourisme de croisière.

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« J’aimerais rendre mon dernier souffle sur un bateau » : une retraite en croisière sans billet retour

Mettre les voiles pour toujours. Certains en rêvent, d’autres larguent vraiment les amarres. Depuis le covid, les croisières ne cessent d’attirer de plus en plus de voyageurs. En 2025, le secteur estime à 37,7 millions le nombre de passagers, contre 34,6 en 2025, soit une hausse de 9 %.

Parmi eux, nombre de retraités choisissent la croisière comme plus qu’un mode de voyage, un mode de vie. « Ça reste presque moins cher que d’aller à l’Ehpad », argue Jean-Michel Baudelot, 82 ans. Et l’écart n’est effectivement pas si grand : en Île-de-France, le prix moyen d’une chambre dans ces établissements spécialisés s’élève à environ 3 500 euros par mois, tandis qu’une croisière coûte environ 1000 euros par semaine.

« On est pris en charge du soir au matin »

Depuis sa retraite, il y a quinze ans, Jean-Michel Baudelot a enchaîné soixante croisières. « En peu de jours on peut voir des pays différents, et on est pris en charge du soir au matin ». S’il s’apprête à embarquer une nouvelle fois dans quelques jours à Pointe-à-Pitre, il ne se verrait pas passer ses jours en mer. « Je suis quand même content de rentrer chez moi à chaque fois », sourit-il.

Un pied à terre, l’autre en mer. Une tendance française qui se dessine, selon Maëlysse Pierrot-Guibourt, présidente de CFC croisière, compagnie francophone arrivée sur le marché en 2023. « Cette année, on a un peu plus de 50% de passagers qui ont déjà effectué des croisières avec nous, qui reviennent. Parmi eux, on a des personnes qui en sont à une vingtaine de croisières, en trois ans, avec des retraités qui restent quelques mois d’affilée à bord, surtout des personnes solo. »

CFC Croisières

CFC Croisières

Aux Etats-Unis, où les croisières attirent 21,7 millions de voyageurs, Villa Vie Résidences a transformé le fantasme d’une vie en mer en produit. La compagnie propose des cabines à louer ou à acheter, à bord d’un navire parti pour trois ans, renouvelable. Après avoir passé 43 croisières autour du monde, Carole Wilcok, anglaise de 60 ans désormais installée en Floride, s’apprête à vendre sa maison et embarquer pour la vie.

Un mode de vie plus rentable ?

« En mars 2024, j’ai fait une croisière de trois semaines. À la fin, j’ai dit à une amie que je pourrais tout à fait vivre sur un navire de croisière. Une semaine après mon retour, j’ai vu une publicité pour Villa Vie Residences. Je pensais que ce serait hors de prix. Quelle joie de découvrir que c’était en réalité accessible à des gens “ordinaires” ». Il lui faudra tout de même payer 350 000 dollars l’option « Endless Horizons », hors excursions et repas, pour une cabine à bord de Villa Vie Résidences. Une somme considérable, mais qui, aux États-Unis, rivalise avec le coût d’une retraite sur la terre ferme.

« Une famille choisie »

Mais pourquoi partir pour toujours ? Pour « la dimension communautaire, répond Carole Wilcok. La grande différence est qu’avec une croisière résidentielle ces liens se renforcent au fil du temps. Une famille choisie, en quelque sorte. » En tout cas, ce sera auprès de sa nouvelle famille, et au gré des vagues, que Carole espère finir ses jours. « J’aimerais rendre mon dernier souffle sur un bateau et être jetée par-dessus bord pour nourrir les poissons. Personne n’a encore accepté, mais comme toujours : quand on veut, on peut… »

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