Actualités économiques
La Finlande veut faire venir les pros de la tech
Le pays scandinave met en avant sa qualité de vie, son niveau social confortable et des visas faciles à obtenir pour attirer les spécialistes des nouvelles technologies comme l’IA.
Informatique quantique, intelligence artificielle, cybersécurité… La Finlande lance une campagne pour recruter tout ce que les technologies de l’information (IT) comptent de matière grise à travers le monde, en particulier aux États-Unis, mais aussi au Brésil ou en Inde.
« La Finlande est confrontée au vieillissement de sa population et à une pénurie de talents spécialisés, explique Tim Arifulin, conseiller chez www.finconsult.fi, une société privée d’immigration spécialisée dans l’assistance aux étrangers souhaitant immigrer en Finlande. Le développement de l’IA, des infrastructures cloud et des services publics numériques nécessite des compétences que le marché du travail local ne peut pas fournir assez rapidement. »
Le secteur technologique emploie actuellement en Finlande environ 330 000 personnes, mais avec 8 000 départs à la retraite chaque année, il y a de la place pour de nouvelles recrues et le secteur aura besoin d’environ 130 000 nouveaux travailleurs qualifiés au cours de la prochaine décennie. « En plus de l’IA, la Finlande recherche également des professionnels dans les domaines du développement logiciel, de l’ingénierie, de la santé, de la recherche et de l’éducation », ajoute Tanja Pelkonen, PDG de Finconsult.

Tanja Pelkonen, PDG de Finconsult : « En plus de l’IA, la Finlande recherche également des professionnels dans les domaines du développement logiciel, de l’ingénierie, de la santé, de la recherche et de l’éducation. »
Un équilibre parfait vie pro / vie perso
Pour cela, le pays des rennes et des bouleaux met en avant un équilibre parfait entre vie professionnelle et vie de famille avec en moyenne 37 heures de travail par semaine. Le pays vise en particulier les ingénieurs de la Silicon Valley, souvent soumis à des rythmes de travail infernaux et tentés de quitter le territoire américain depuis le retour de Donald Trump et son aversion pour les immigrés.
« Les membres de la famille peuvent obtenir un permis de séjour en même temps, précise Mme Pelkonen, et les conjoints sont autorisés à travailler sans restriction. Les enfants ont également accès au système éducatif finlandais. »
En plus des Américains, la Finlande s’adresse notamment aux hauts profils indiens, brésiliens et européens. Une trentaine de sociétés hi-tech locales participent à cette campagne lancée ces jours-ci par le gouvernement d’Helsinki. Parmi les visas proposés, l’un d’eux s’adresse aux indépendants : « Le permis de séjour pour entrepreneurs existe précisément parce que la Finlande souhaite attirer des personnes capables de générer leurs propres revenus et de contribuer aux recettes fiscales du pays sans dépendre d’un employeur local pour les parrainer », détaille M. Arifulin.
Le pays le plus heureux du monde
Au-delà d’un cadre de vie séduisant, les autorités proposent également à ces profils que tous les pays s’arrachent une procédure accélérée pour obtenir un visa de travail spécialisé. La Finlande est par ailleurs classée comme le pays le plus heureux du monde depuis sept années consécutives. A noter que l’anglais est largement suffisant pour la vie quotidienne et les affaires et que les infrastructures sont solides. L’école et les soins de santé sont gratuits.
« L’Autorité européenne du travail a constaté que la Finlande était confrontée à des pénuries dans plus de 30 professions, souligne M. Arifulin, principalement dans les secteurs de la santé, de l’informatique et de l’enseignement. » L’intelligence artificielle et la cybersécurité figurent parmi les domaines où les pénuries s’aggravent le plus rapidement, mais ce manque de main-d’œuvre touche tous les secteurs.

Tim Arifulin : « L’Autorité européenne du travail a constaté que la Finlande était confrontée à des pénuries dans plus de 30 professions. »
Régime fiscal spécial
Ainsi, le programme « Talent Boost » s’adresse officiellement aux pays de l’UE/EEE ainsi qu’à quatre pays prioritaires hors UE : l’Inde, le Brésil, le Vietnam et les Philippines. « Les spécialistes étrangers hautement rémunérés peuvent également bénéficier d’un régime fiscal spécial destiné aux employés clés étrangers, détaille Mme Pelkonen, qui leur permet d’être imposé à un taux forfaitaire et avantageux durant leurs premières années de travail en Finlande. »
Dans la pratique, les trois principaux pays d’origine asiatiques en termes de volume d’immigration réel sont les Philippines, le Sri Lanka et l’Inde. Le bien nommé programme « Fast Track » (voie rapide) permet lui d’obtenir en une dizaine de jours seulement un visa de travail, à condition d’avoir reçu une offre d’emploi en Finlande.
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