Vie pratique
Expatriation : et si l’intelligence artificielle nous aidait ?
L’intelligence artificielle s’immisce dans tous les domaines et toutes les conversations, mais a-t-elle réellement une utilité dans un contexte d’expatriation, ou vaut-il mieux s’en méfier ? Deux experts et deux utilisatrices nous exposent leurs points de vue.
Laisser ChatGPT choisir son point de chute
Se renseigner sur les démarches, rédiger des courriers administratifs dans une autre langue, comprendre les différences culturelles : l’intelligence artificielle peut faciliter la vie de celles et ceux qui souhaitent changer de pays.
Clem et Mumu, du compte Instagram éponyme, ont vécu 14 ans au Canada avant de se décider à aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs. « On a choisi de revenir s’installer en Europe mais on n’était pas encore au clair sur l’endroit où on voudrait s’installer. L’intelligence artificielle nous a beaucoup aidé et nous a même permis de choisir la ville dans laquelle on vit désormais. »
Les deux franco-canadiennes ont listé à ChatGPT les critères les plus importants pour elles : ski et activités extérieures à proximité, accessible en transports en commun, zone ensoleillée, proche de la France. « On avait déjà repéré quelques endroits qui nous convenaient mais on ne voulait pas passer à côté d’autres auxquels on n’aurait pas pensé ! » En réponse, l’outil d’OpenAI leur a recommandé trois villes. Deux qu’elles avaient déjà identifiées, et une troisième, en Suisse, qui deviendra finalement la ville où elles choisiront de s’installer.
Sans l’aide de l’intelligence artificielle, elles n’auraient jamais repéré cet endroit, qu’elles souhaitent garder secret. « On l’a visité et ça a été un coup de cœur ! On s’y est installées seulement quelques mois plus tard. »

Crédit photo : Unsplash / Vitaly Gariev
L’IA, facilitatrice de démarches
Outre le choix de leur point de chute, Clem et Mumu ont également utilisé l’intelligence artificielle pour faciliter leurs démarches. « Comprendre comment fonctionne l’administration suisse, le système de retraite, des sujets que l’on doit comprendre très rapidement quand on arrive dans un pays, surtout quand on est créateur d’entreprise. »
« Cela nous a permis d’identifier plus vite les enjeux. » précisent les deux entrepreneuses. « Il faut toujours vérifier et s’assurer que les informations sont vraies, mais avec la recherche profonde on peut avoir la liste des sources et des éléments qui nous permettent de comprendre. »
Avoir recours à l’intelligence artificielle leur a permis d’économiser du temps et de l’énergie. « On a toujours tout vérifié et on n’a pas eu de fausses informations. Cela nous a donné la possibilité d’accélérer notre travail de recherche, sans se fier à 100% à ce que l’IA nous disait. On a pu aussi la challenger en utilisant d’autres IA. »
Enfin, Clem et Mumu ont pu mieux comprendre des sujets complexes, vulgarisés par l’IA. « Quand on discute avec des experts comme un assureur ou un fiscaliste, cela nous permet d’être en mesure de comprendre les solutions qu’ils nous proposent. »

Crédit photo : Pexels / Matheus Bertelli
Un outil à utiliser sans bêtise naturelle
« Quand on veut s’installer ailleurs, il faut se renseigner au maximum, donc pourquoi pas se servir également de l’intelligence artificielle… du moment qu’on évite la bêtise naturelle. » avertit Anne-Caroline Paucot, écrivaine-prospectiviste et co-autrice de « IA QU’À – Dico du futur de l’intelligence (et la bêtise) artificielle ».
L’écrivaine déconseille fortement de se confier à « une machine qui va avoir les défauts de la machine. Elle va conseiller un endroit qui va correspondre à 2-3 critères qui n’ont rien à voir avec la vraie vie. Et la machine est très bête, plus elle va voir que les gens s’installent à un endroit, plus elle va les y envoyer et on va supprimer toute sorte de diversité. »
Luc Julia, co-concepteur de l’assistant vocal Siri et expert en intelligence artificielle, est du même avis. « L’intelligence artificielle dit parfois des bêtises, tout et son contraire, ses informations ne sont pas toujours pertinentes ou précises et se basent notamment sur des opinions. Personnellement, je ne l’utiliserais pas pour me conseiller dans le cadre d’une expatriation. »
L’ingénieur recommande plutôt d’interroger des personnes de confiance. « Il y a à peu près 60 % de chances que l’IA donne des conseils avérés. Si on lui demande conseil pour obtenir un visa aux États-Unis par exemple, entre l’historique obsolète de l’outil et les nouvelles règles de Trump, il y a des chances qu’il y ait un décalage. En revanche, pour rédiger un courrier le taux de pertinence monte à 90-95 %. »
En somme, il est possible d’utiliser l’IA mais pour certaines requêtes seulement et avec une bonne dose de recul. « C’est très bien pour les gens qui ont déjà l’esprit ouvert et veulent de nouvelles pistes à envisager. La diversité, l’émotion, la subtilité, la machine ne sait pas faire. » déplore Anne-Caroline Paucot. « Il faut toujours exercer son esprit critique ! » rappelle de son côté Luc Julia.

Crédit photo : Pexels / cottonbro studio
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