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Retraite au Maroc : nouvelle vie au soleil pour des milliers de Français

Ils seraient aujourd’hui plus de 61 500 retraités français à avoir posé leurs valises au Maroc (source Cnav), classant ainsi le royaume chérifien au 5e rang des pays de résidence des retraités français hors du territoire national. Et chaque hiver, environ 30 000 retraités supplémentaires viennent y passer la saison froide. Une destination qui séduit par son climat, ses avantages économiques et sa douceur de vivre.

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Retraite au Maroc : nouvelle vie au soleil pour des milliers de Français
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Agnès et Thierry Battefort, 70 et 65 ans, ont décidé de quitter la région parisienne au moment de la retraite. « Nous cherchions à acheter une petite maison en province, mais avec notre budget, c’était compliqué… ». Un dimanche, le couple tombe sur un reportage vantant les joies de la retraite au Maroc : « 3 mois après, nous faisions nos cartons », s’en amuse Agnès. « Nous sommes venus dix jours pour voir les quartiers, les logements, la vie sur place. Et on a sauté le pas ! ». Deux ans et demi plus tard, le couple, qui était déjà venu au Maroc en vacances à plusieurs reprises, ne regrette pas ce changement de vie.

Agnès et Thierry choisissent El Jadida, sur la côte atlantique, conseillée pour son offre médicale et sa situation centrale. À leur arrivée, ils sont accompagnés par Laurent Guinard, directeur de l’agence Arch’Immo, devenu facilitateur pour de nombreux Français souhaitant s’installer. « Il nous a guidés pour la location, les papiers, toutes les démarches administratives… Et depuis, à aucun moment on n’a regretté », souligne Agnès.

S’installer : location, papiers et vie administrative

Comme beaucoup de retraités français, les Battefort ont opté pour la location plutôt que l’achat. « On nous l’a déconseillé. En location, on n’a que le loyer à payer, pas d’entretien lourd, et c’est plus rassurant quand on avance en âge », explique Agnès. D’autant que l’accès au crédit immobilier reste complexe pour des retraités étrangers.

L’installation administrative s’est faite progressivement, accompagnée sur place. Pour les retraités français, l’obtention puis le renouvellement du titre de séjour constituent la principale formalité. « Quand on arrive dans un pays étranger, il y a toujours des papiers à faire, mais une fois qu’on comprend le fonctionnement, ça se fait bien », souligne Thierry.

L’un des moteurs majeurs de cet engouement français reste fiscal. « Une pension étrangère perçue par un résident fiscal au Maroc bénéficie d’un abattement puis d’une réduction d’impôt pouvant atteindre 80 %. L’impôt sur le revenu payé est finalement dérisoire », explique Julien Nouchi, avocat au cabinet de conseil juridique et fiscal Gide à Casablanca. Cette fiscalité avantageuse s’applique toutefois à condition de transférer et de dépenser ses revenus au Maroc.

Côté français, les autorités cherchent à éviter le versement de pensions à des personnes décédées et effectuent des contrôles d’existence de plus en plus stricts. Les retraités doivent donc régulièrement transmettre des documents aux caisses françaises pour percevoir leur pension. Malgré cette double relation administrative, le couple évoque des démarches globalement simples une fois installé.

Santé : une couverture franco-marocaine… mais des limites

La question médicale reste centrale. Le couple est affilié à la sécurité sociale marocaine (CNSS) tout en conservant ses droits français. « On cotise environ 4,7 % de nos retraites en France. Si on rentre pour des soins, on met la carte Vitale à jour et on retrouve immédiatement nos droits », explique Thierry.

Ils ont aussi souscrit une mutuelle française spécifique pour expatriés au Maroc, qui complète les remboursements et couvre l’hospitalisation lourde. Les soins sont généralement payés à l’acte, souvent en espèces, puis remboursés par la CNSS et la mutuelle. « On préfère être couverts. En cas de gros problème, on est pris en charge dès le premier jour d’hospitalisation ». Beaucoup de retraités optent pour ce système mixte franco-marocain.

Le système de santé marocain, en pleine structuration, séduit par sa réactivité. « On n’attend pas des mois pour un rendez-vous. S’il vous arrive quelque chose, vous êtes reçus rapidement », explique Agnès. Thierry va ainsi être opéré de la cataracte en quelques jours : « En France, on m’annonçait six mois d’attente. Ici, si la prise en charge est validée aujourd’hui, je suis opéré demain ».

Mais le Consul Général de France à Casablanca, Olivier Ramadour, alerte cependant sur certaines limites : « la gériatrie notamment, demeure une spécialité encore peu développée ». Pour bénéficier d’un niveau de soins comparable à l’Europe, il faut, là encore, se tourner vers le secteur privé « et tout sera renchéri », prévient-il.

Une qualité de vie qui fait des envieux

Au quotidien, le couple profite d’un pouvoir d’achat nettement supérieur. « Avec nos retraites françaises, ici on est considérés comme riches », reconnaît Agnès. Restaurants en terrasse réguliers pour « 20 à 30 euros à deux ». Leur rythme de vie aussi a changé. Tous les quatre mois environ, ils partent ainsi dix jours découvrir une région du pays.

Ils évoquent aussi le coût modéré des services : « La journée d’un jardinier ou d’une femme de ménage coûte environ 200 à 250 dirhams, soit 20 à 25 euros. Avec nos retraites françaises, on a un confort de vie incomparable », explique Thierry.

Le couple souligne également l’accueil local : « On redécouvre une gentillesse qu’on ne trouvait plus en France. Les gens sont disponibles, serviables, toujours prêts à aider », confie Agnès.

Quelques bémols subsistent néanmoins, notamment la circulation : « C’est vraiment infernal, il faut s’y habituer. Une voisine marocaine nous a dit un jour : “Au Maroc, on ne conduit pas, on s’évite” », raconte Thierry en souriant.
L’administration se modernise aussi progressivement : la sécurité sociale et les impôts se numérisent, mais restent moins dématérialisés qu’en France.

La famille a soutenu leur choix. « Mon fils nous a dit : si c’est pour votre qualité de vie, profitez », raconte Agnès. Certains proches se montrent même envieux. « J’ai des cousins qui regrettent de ne pas avoir fait ce choix quand ils en avaient l’âge », sourit Thierry. Pour les Battefort, le choix est désormais assumé. « On ne regrette pas une seconde. À notre âge, ce qu’on veut, c’est vivre sereinement. Et ici, on vit bien. »

Dossier Maroc - Mars 2026
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