Destinations au banc d'essai
Cinéma, musique, architecture, sport : l’influence marocaine en Afrique et en Europe
Classé 50e au Global Soft Power Index 2025, 1er pays du Maghreb, et 3e d’Afrique, le Maroc rayonne bien au-delà de ses frontières. Architecture, cinéma, musique, sport : une influence multiforme portée par des figures emblématiques et des événements d’envergure mondiale.
Sport, cinéma, musique : vitrine d’un pays en mouvement
La CAN 2025 a fourni l’image la plus saisissante de cette montée en puissance. Gilles Abensour, président des CCEF au Maroc, présent dans les tribunes, résume le sentiment général : « Tous les Africains étaient fiers de dire “merci le Maroc, de montrer ce dont on est capable en Afrique” ».
Ce n’est qu’un avant-goût. D’ici 2030, le Maroc accueillera une série impressionnante de rendez-vous sportifs mondiaux : la Coupe du monde de football (co-organisée avec l’Espagne et le Portugal), le Mondial de futsal, ainsi que des compétitions de catégories de jeunes. Autant d’occasions de tester et d’affiner des infrastructures déjà rodées, et de projeter au monde entier l’image d’un pays organisé, moderne, hospitalier.
L’Académie Mohammed VI de football, centre de formation de réputation internationale installé à Maâmoura, incarne à elle seule cette stratégie : former les talents africains de demain sur le sol marocain, tisser des liens durables avec le continent, et rayonner dans les plus grands clubs à travers le monde.
Côté culture, le Festival international du film de Marrakech s’est imposé comme un rendez-vous incontournable du cinéma mondial. Des réalisateurs comme Nabil Ayouch ou Maryam Touzani portent des récits ancrés dans le quotidien marocain sans sacrifier l’universalité, gagnant une reconnaissance bien au-delà des frontières du royaume. En ce qui concerne la musique, le gnaoua, une musique soufie, est inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2019. Il séduit les scènes mondiales via le Festival d’Essaouira (300 000 spectateurs en 2025). Depuis quelques années, une nouvelle génération mêle ces rythmes ancestraux au rap darija et aux sonorités électroniques, les diffusant ainsi bien au-delà des frontières marocaines.
L’architecture, entre héritage et invention contemporaine
À 48 ans, Tarik Oualalou dirige l’une des agences d’architecture les plus en vue du monde arabo-méditerranéen (Paris, Casablanca). Il est notamment à l’origine des pavillons du Maroc à l’exposition universelle de Milan et de Dubaï, des infrastructures de la COP22, mais aussi du Grand Stade Hassan II et du Centre culturel marocain à Paris, dont l’inauguration est imminente.
Il fuit les clichés identitaires, « qui poussent toujours à parler de tradition et modernité ». Se concevant comme un « Marocain du monde », l’architecte estime que la culture marocaine « a une capacité à absorber et métaboliser toutes les autres cultures ». Ce changement de regard, il le voit d’abord à l’intérieur du pays : « Les Marocains terminent presque de décoloniser leur pensée. Au-delà de la fierté pour le patrimoine ancien, se développe une fierté de ce que l’on produit dans la dimension contemporaine. »
Un pays qui construit des voitures, développe une aéronautique et s’apprête à accueillir le Mondial. Qui montre qu’il est plus qu’une simple destination de carte postale.
Tarik Oualalou signe nombre de projets phares, dont le Centre culturel marocain à Paris et le Grand Stade Hassan II de Casablanca, pressenti pour la finale du Mondial 2030. Pour cette infrastructure, l’architecte est parti d’une figure universelle : la tente. « C’est une forme proto-architecturale qui existe partout : le tipi amérindien, la yourte mongole… Ce qui m’intéresse, ce sont les intersections, qui permettent à tous de retrouver une certaine familiarité ».
Membrane vivante plutôt que carapace fermée, le stade accueillera forêts, marchés et espaces de jeux : un lieu d’hospitalité avant d’être une enceinte sportive.
Au-delà de l’image touristique
Le soft power marocain infuse, sans pour autant bénéficier de stratégie de communication ni de budget colossal. Olivier Ramadour, consul général de France au Maroc, tempère : « C’est un peu difficile de parler de soft power parce qu’il n’y a pas vraiment une politique publique de promotion de la culture. » Il concède pourtant que l’influence est bien réelle, notamment à travers la formation des élites africaines, en attirant les étudiants subsahariens dans ses universités. Alors que ceux-ci se détournent de la France et trouvent de moins en moins de portes ouvertes en Amérique du Nord, le Maroc tisse des liens de long terme avec les futures élites du continent. Un soft power silencieux, mais durable.
Le Maroc ne cherche pas à s’imposer, mais à séduire. Tarik Oualalou voit dans ce moment une conjonction entre expansion propre et contraction du reste du monde : « L’Occident vit une crise civilisationnelle. Les gens se regardent vers l’intérieur. Et dans ce moment-là, on découvre que le Maroc a ce rapport à l’hospitalité au sens le plus sacré du terme. »
Pour Tarik Oualalou, l’enjeu dépasse la simple visibilité internationale. Selon lui, le Maroc propose une autre manière d’être au monde : « C’est à la fois un petit pays et une très grande civilisation. Dans un monde où les gens se recroquevillent de façon terrifiante, le Maroc propose une manière de vivre très apaisée avec l’étranger et avec l’altérité. » Une promesse que le Royaume s’emploie à tenir.
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