Portrait de la semaine
Madeleine Bayon : le parcours d’une Française en Espagne dans le plongeon extrême
Madeleine Bayon est française, née au Portugal et aujourd’hui installée en Espagne. Elle pratique le plongeon extrême, des sauts depuis 20 mètres, au plus haut niveau mondial, dans une discipline qui ne compte qu’une vingtaine de femmes sur la planète. Il y a un an et demi, elle quittait son poste chez Amazon Web Services pour s’y consacrer pleinement.
Tout commence au Portugal, où Madeleine naît de parents français. Un double ancrage qui forge très tôt une certaine plasticité mentale. « En général quand on grandit, notre monde, on pense que c’est LE monde. On n’a qu’un point de vue. Quand on grandit avec une double culture, on sait qu’il y a plusieurs façons de faire. » Cette ouverture précoce au pluriel, elle en fera un moteur tout au long de sa vie.
Le premier grand saut
À 12 ans, elle fait son premier grand saut : quitter sa famille pour intégrer un sport-études en gymnastique acrobatique en France. Un choix radical, vécu depuis l’étranger. « Je pense qu’il n’y avait rien de plus dur dans ma vie que de quitter ses parents à 12 ans, changer de pays à 12 ans. N’importe quel pays où tu vas après, plus tard, ça ne peut qu’être plus facile. » Après cette rupture fondatrice, la suite de son parcours, Bruxelles, Londres, Madrid, les compétitions mondiales, s’inscrit presque comme une évidence.
Après des études à King’s College à Londres, Madeleine s’installe en Espagne, où elle travaille pendant quatre ans chez Amazon Web Services. C’est là qu’elle découvre le plongeon extrême, une discipline encore très peu pratiquée, avec des sauts à 20 mètres de hauteur, soit le double des plongeoirs olympiques. Pendant trois ans, elle s’entraîne avant et après ses journées de travail, à un rythme qu’elle décrit sans détour : « C’était hyper intense, vraiment un rythme pas tenable sur le long terme. »
Naviguer seule dans un sport marginal
Vivre et s’entraîner hors de France implique aussi de naviguer seule dans des eaux souvent peu balisées. « Je paye tout mon staff moi-même, parce que la fédération française ne va pas payer des coachs espagnols. » Pas de structure nationale, pas de kiné fédéral, pas de contact direct avec les athlètes français. Une indépendance forcée, qu’elle assume avec pragmatisme : « Je suis quelqu’un d’assez individuel. La motivation vient vraiment de moi. »
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Le sport comme clé d’intégration
Si l’expatriation comporte ses solitudes, le sport lui a offert une porte d’entrée dans sa ville d’adoption. « Quand j’ai commencé, j’allais à un cours de plongeon avec d’autres adultes. Ça permet de rencontrer des personnes facilement, avec des centres d’intérêt similaires. » Et la langue suit : entraînée trois heures par jour en espagnol, sa progression linguistique s’est accélérée bien au-delà de ce qu’un cours du soir aurait permis.
Aujourd’hui, Madeleine vit à plein temps de son sport, de ses interventions sur le dépassement de soi, la reconversion, le courage de sortir des cases et de la création de contenu sur les réseaux sociaux.
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Les Championnats d’Europe en ligne de mire
Cet été, les Championnats d’Europe de sports aquatiques se tiennent à Paris. Pour elle, c’est une première dans ce format. « C’est la première fois que je fais un championnat d’Europe, parce qu’il y en a eu très peu dans mon sport. Ça va être chouette à Paris. » Une occasion rare de concourir en France, pour celle qui se définit volontiers ainsi : « J’aime bien être française à l’étranger. »
Une identité dans laquelle elle se reconnaît pleinement, sans tiraillement.
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