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Cap sur l’Afrique du Sud : une mine d’opportunités

Devenue l’un des tout premiers écosystèmes de start-up du continent, la ville du Cap bénéficie de l’abaissement, l’an dernier, par le gouvernement sud-africain du seuil de revenus nécessaires pour décrocher un visa permettant de rester dans le pays jusqu’à trois ans.

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Le Cap de Bonne-Espérance (photo), à la pointe du continent africain, a-t-il jamais aussi bien porté son nom ? Des universités renommées, des infrastructures de bien meilleure qualité que celles de Johannesburg et de nombreuses banques et institutions financières font de la ville un petit eldorado au soleil pour les porteurs d’affaires et les entrepreneurs étrangers.

Nos compatriotes y sont déjà bien présents : selon Business France, plus de 480 entreprises françaises sont implantées dans le pays, avec à la clé plus de 65 000 emplois. Les investissements tricolores sont estimés eux à 7,8 milliards d’euros sur les 5 dernières années.

Le gouvernement sud-africain mise lui sur les énergies renouvelables, les batteries, les véhicules électriques, les minerais stratégiques, le numérique, l’agriculture et les services. Il vise plus de 100 milliards d’euros de nouveaux investissements d’ici à 2030. « L’Afrique du Sud présente aujourd’hui une situation assez paradoxale, analyse Sébastien de Place, président des CCE (Conseillers du commerce extérieur de la France) et directeur à la Chambre de commerce franco-sud-africaine (FSACCI) : c’est à  la fois une économie qui fait face à des difficultés structurelles importantes, avec des fondamentaux solides, avec une croissance relativement faible depuis plusieurs années, mais qui dispose également d’atouts considérables et offre de réelles opportunités de développement. »

Sébastien de Place : « L’Afrique du Sud constitue une plateforme importante pour les groupes internationaux souhaitant piloter leurs activités en Afrique australe. » (Photo : Forvis Mazars)

Une économie diversifiée

Contrairement à certaines économies africaines dont le développement repose essentiellement sur l’exploitation de ressources naturelles, l’Afrique du Sud possède une économie relativement diversifiée, avec des secteurs industriels, financiers, commerciaux et technologiques bien établis. « Le pays constitue ainsi une plateforme importante pour les groupes internationaux souhaitant piloter leurs activités en Afrique australe, insiste M. de Place, voire sur une partie plus large du continent. »

Si l’activité minière reste une valeur sûre, l’agriculture et l’agroalimentaire sont des secteurs porteurs, tout comme les infrastructures, l’eau, l’assainissement et la gestion des déchets. Les avantages du pays sont nombreux : l’Afrique du Sud est une démocratie et un État de droit. Le pays possède le premier système bancaire d’Afrique et un système juridique indépendant du pouvoir.

« Quant aux corridors d’avenir, il s’agit des ports, rail et chaînes logistiques intelligentes avec une entrée progressive des investisseurs privés, détaille Yves Guénon, président de la FSACCI. Il faut aussi insister sur l’avenir de la prestation de services via la digitalisation au bénéfice du bien commun avec une conséquence sur la corruption, mais aussi le tourisme (Club Med). »

Décarboner au meilleur coût

Côté environnement, l’enjeu pour le pays est de décarboner au bon coût, trouver l’équilibre entre l’ambition environnementale et la viabilité économique, en utilisant les énergies renouvelables (ENR), le stockage batterie, gaz, l’hydraulique et le nucléaire. « Mais il faut rester calme pour l’instant, tempère M. Guénon. L’électricité en Afrique du Sud reste très carbonée et ce n’est pas prêt de changer. Les gros investissements sur l’énergie vont vers le gaz, le stockage batterie, l’hydraulique et bientôt le nucléaire. »

Plusieurs projets sont toutefois en phase d’enquête publique et d’appel d’offres. 90% des habitants sud-africains sont connectés en électricité, d’où de forts investissement pour atteindre la puissance de 20 GWe (soit la production de 20 réacteurs nucléaires standard). « Un point de travail supplémentaire avec les sociétés françaises, signale M. Guénon, est le renforcement des compétences des jeunes Sud-Africains dans les domaines techniques pour garantir leur employabilité. » Les autres secteurs qui recrutent sont la finance et le conseil.

Yves Guénon : « La principale erreur à éviter est de se croire en Afrique de l’Ouest. »

Des règles assouplies

D’autant que les règles pour obtenir un visa de travail dans le pays ont été assouplies. En août 2026, les autorités ont mis en place l’Electronic Travel Authorisation (ETA), l’équivalent de l’ESTA américain, une autorisation de voyage entièrement en ligne pour les pays soumis à visa au prix de 27 euros. Les touristes ou hommes d’affaires détenteurs d’un passeport français continuent eux de bénéficier d’une exemption de visa pour tout séjour ne dépassant pas 90 jours.

On peut toutefois déposer volontairement une demande d’ETA pour accélérer le passage à la frontière. Cette numérisation devrait rapidement être étendue aux visas de travail, d’études et aux autres services d’immigration. « La principale erreur à éviter est de se croire en Afrique de l’Ouest, met en garde M. Guénon. Ici, le pays est plus proche des Anglais ou des Hollandais dans le monde des affaires. Il faut prendre son temps et trouver les bons partenaires. » Pour les petites sociétés, l’écueil principal est d’essayer de dupliquer leur modèle sans l’adapter au pays.

Avancer par étapes

Egalement ingénieur et consultant spécialisé dans l’implantation industrielle, le Français conseille de prendre contact avec la Team France Export (FSACCI, CCE ou Business France), d’envoyer une personne en éclaireur (via un VIE par exemple), d’écouter les avis des personnes connaissant bien le pays, d’avancer par étapes, de « travailler en amont de la sortie des grands projets pour lier des partenariats avec des entreprises locales et devenir « incontournable » pour l’offre locale. »

Depuis juillet 2025, il n’y a plus de parti unique mais un gouvernement d’union nationale. « La conséquence, observe M. Guénon, est une ouverture encore plus grande au monde des affaires et beaucoup d’échanges avec les ministères. » Par ailleurs, la France et l’Afrique du Sud entretiennent une relation bilatérale stratégique de long terme, nourrie par un dialogue politique régulier.

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