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Retour des Français bloqués : “La nourriture était réservée en priorité aux Indiens”

Athéna et Bruno, qui sont rentrés de Goa le 3 avril, racontent comment ils ont vécu le rejet des locaux et le manque de nourriture en Inde, où des Français sont toujours bloqués.

Quentin Dixmier

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Le 1er avril, Athéna et Bruno reçoivent enfin une bonne nouvelle de l’ambassade de France sur leur groupe WhatsApp : un avion de la compagnie Qatar Airways est organisé pour les rapatrier.  Ce jour là, des navettes ont ainsi fait le tour des villes de la région pour récupérer quelques 250 Français toujours bloqués et les transférer à l’aéroport… en laissant cependant toujours une centaine de Français sur place…

Ce retour est la fin d’un calvaire pour le couple de Français, qui après avoir travaillé et vécu à Barcelone pendant cinq ans, avait décidé de tout quitter pour se lancer dans un tour du monde « Nous avions quitté la France en août dernier, sans date de retour. Nous souhaitions visiter le Népal, le Sri Lanka et l’Inde puis revenir voir nos proches en métropole et repartir vers une autre région du monde », explique Athéna.

Mais leurs plans ont été soudainement bouleversés lorsque l’Inde a décrété le confinement total de son milliard d’habitants. « Tout a été très rapide et les décisions étaient annoncées du jour pour le lendemain » se souvient-elle. Le 13 mars Athéna et Bruno, qui étaient alors en plein trek dans la montagne, ont ainsi pris conscience de l’ampleur de la crise. La police avait fait le tour du village le matin-même avec comme mot d’ordre : “plus de touristes acceptés”. « A l’époque nous étions un peu déconnectés vis-à-vis du coronavirus. Personne ici n’en parlait. On avait vaguement entendu que ça s’agitait en Europe mais vu que personne ne s’inquiétait ici, on se sentait en sécurité » explique-t-elle. Contraint de repartir, et sentant la situation changeante, le couple décide de continuer sa route vers la région de Goa où il avait sympathisé avec un propriétaire de guest house.

> Le rapatriement en pleine confusion

Le 21 mars, fraîchement arrivés à Goa, Athéna et Bruno apprennent que la région qu’ils viennent de quitter est passée en confinement. Leur téléphone sonne alors. Au bout de la ligne, un employé du consulat de Bombay leur déclare de se rendre immédiatement à l’aéroport international de Goa: « Le dernier vol pour la France décollait, selon lui, le soir-même car le gouvernement venait d’annoncer la fermeture des lignes internationales, un semi confinement et le couvre-feu de 7h à 19h ». Le couple s’empresse alors de faire les deux heures de route qui les sépare de l’aéroport mais restera sur le parking. Ce que le consulat ne leur avait alors pas dit c’est qu’ils étaient sur une liste d’attente sans aucune garantie de places. « Nous étions une quarantaine de Français bloqués à l’extérieur, seul 25 sont partis… » raconte Athéna.

De retour dans leur appartement, ils reçoivent alors un second appel de l’ambassade qui leur annonce que les rapatriements se feraient dorénavant depuis New Delhi ou Bombay, les invitant à rejoindre ces villes au plus vite. « L’ambassade nous a dit que nous pouvions être logés dans les hôtels du groupe Accor, les derniers à accepter des touristes, malheureusement le prix de la nuit était aux environs de 50€, c’était trop cher pour nous. On nous a aussi proposé de dormir dans un dortoir au lycée français de New Delhi, mais cela ne nous semblait pas raisonnable d’aller se coller à d’autres gens ».

> Les conditions difficiles à Goa

Le même jour, Athéna et Bruno apprennent que leur région sera à son tour confinée, dès le lendemain, pour trois jours sans aucune possibilité de sortie, de prendre un vol intérieur ou un train. « Bruno a foncé faire quelques courses, on le regardait bizarrement dans la rue, on l’a plusieurs fois appelé “Corona”, les gens changeaient de place dans le bus ou changeaient de trottoir quand il le croisait » se souvient Athéna.

Après les premières 72 heures sans aucune sortie, le gouvernement indien a finalement autorisé l’ouverture de certains magasins pour que les gens fassent leurs courses. « Malheureusement il n’y avait pas beaucoup de nourriture dans les commerces. Ce qui restait était réservé en priorité aux Indiens», raconte la Française. Le couple a cependant bénéficié de l’aide de leur logeur et de plusieurs personnes dans le village qui leur donnaient un peu de nourriture : « Nous n’étions pas dans la pire des situations, des Français ont pris des coups de matraques en allant faire des courses ou en allant à la pharmacie».

 

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