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Coronavirus: le tourisme en chute libre au Cambodge

C’est l’un des pays d’Asie officiellement parmi les moins touchés. Pourtant, les touristes, en particulier les Chinois qui représentent la majorité des visiteurs, ont quitté le Royaume. Témoignage de deux Français, en partenariat avec France Info.

Emmanuel Langlois

Publié

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C’est l’image du jour sur les réseaux sociaux : le pont qui mène aux temples d’Angkor, le site le plus visité du Cambodge, vide! Idem pour les allées du parc archéologique : personne ou presque. Pourtant, à en croire les autorités, le pays serait assez épargné par le virus Covid-19: 140 cas environ, et aucun décès, mais beaucoup doutent ici de la fiabilité de ces résultats.

Florian Bohême est consultant à Siem Reap, la grande ville à 7 kilomètres d’Angkor : “Au Cambodge, on a constaté les prémices de la crise dès janvier, vu que les touristes ici sont principalement chinois. Maintenant, la situation est alarmante pour les hôteliers, les agences de voyages et l’ensemble du secteur du tourisme.” 

Comme en France, le gouvernement a multiplié les mesures destinées à prévenir une épidémie ces derniers jours. Tous les rassemblements religieux et concerts ont été suspendus. Les écoles, karaokés, boîtes de nuit, cinémas et musées ont aussi dû fermer leurs portes dans tout le pays.

Dans la rue pourtant, affirme le Français originaire de Sablé-sur-Sarthe, rien n’a changé : “En Asie, il y a une tendance assez commune et quotidienne à porter des masques, dès que vous ne vous sentez pas bien, et aujourd’hui, il n’y en a pas plus que d’habitude. C’est une atmosphère assez sereine parce que c’est un pays qui va de l’avant.”

> Concertation et solidarité

À une dizaine de kilomètres de la capitale, Phnom Penh, Stephan Tanneau et son épouse Sreypov proposent quelques chambres d’hôtes sur l’île de la Soie, au bord du Mékong. Il constate que la crise touche déjà tous les secteurs de l’économie: “Il y a l’industrie textile, les sacs à main, qui s’approvisionnent en Chine, alors que pas mal de relations commerciales sont arrêtées. Le secteur emploie 7 à 800 000 salariés, presque autant que le tourisme. Pour un petit pays, tout arrive en même temps et se superpose.” 

Le côté positif de cette crise inédite, c’est qu’elle a créé de l’entraide entre les hôteliers, témoigne Florian Bohême: “Quand vous êtes sur un marché concurrentiel et que tout va bien, il y en a toujours qui ne jouent pas le jeu et baissent leurs prix pour attirer plus de clients. On n’est plus du tout sur cette stratégie-là, mais dans une logique de concertation.”  Selon le Français, les réunions s’enchaînent pour tenter de trouver des solutions.

Les hôteliers pourraient ainsi profiter de cette période blanche pour former leurs employés. “Ce sont des mesures de solidarité dans un pays en plein développement. On a deux écoles hôtelières sur la ville pour 22 000 chambres, ce n’est pas suffisant. Si cela peut permettre au Cambodge de faire en sorte qu’on ait des employés mieux formés, qui comprennent mieux ce marché, ce sera une belle victoire.” 

Déjà en baisse de fréquentation l’an dernier, le tourisme a rapporté au Cambodge 15% de ses ressources environ.

Écrire à Florian Bohême : contact@francaisaucambodge.org

Écrire à Stéphan Tanneau : redhouse.kohdach@gmail.com

> Aller plus loin

Le site internet de Florian Bohême 

La Red House Koh Dach, la maison d’hôtes de Stéphan Tanneau sur l’île de la Soie, près de Phnom Penh

Retrouvez cette chronique dans le magazine, sur le site de France Info.

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