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Interview de l’été : Rencontre avec Hélène Degryse

Les élections consulaires de mai dernier ont révélé une nouvelle génération d’élus aux origines et aux parcours singuliers. Durant tout l’été, nous vous proposons de découvrir ces nouveaux visages qui représentent la France et les Français à l’étranger. Aujourd’hui, rencontre avec Hélène Degryse, Conseillère des Français de l’étranger aux Pays-Bas.

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Français à l’étranger : Quels sont les grands enjeux de votre circonscription et comment entendez-vous conduire votre action ?

Hélène Degryse : Je suis élue aux Pays-Bas, un petit pays par la taille mais grand par son histoire et son rayonnement. La communauté française y est très diverse et plutôt jeune. On note une diversité géographique autour des deux « pôles » que sont Amsterdam (la capitale) et la Haye (ville des organisations internationales). Il existe toutefois de nombreux îlots en croissance. Je nommerais ici Utrecht, Eindhoven sans oublier Maastricht. Je note aussi une diversité sociologique : jeunes professionnels qui tentent l’aventure du premier emploi ici , expats aux contrats généreux mais aussi personnes établies de longue date. Au sein du Benelux, j’ai coutume de dire que les Français des Pays-Bas sont les seuls vrais Français de l’étranger. Les questions d’enseignement, de santé et de retraite y sont naturellement centrales.

La récente pandémie a mis en exergue les thématiques de la précarité des solo-entrepreneurs et des violences faites aux femmes, thématiques sur lesquelles je m’investis au quotidien (je dirais presque malheureusement). 

Le grand projet de mon mandat précédent fut la création d’un établissement secondaire à Amsterdam. Quel sera le grand projet de l’actuel mandat ? Je verrai bien ! Mon action est totalement indépendante et simplement guidée par des principes d’utilité au plus grand nombre, d’information et de pragmatisme.

FAE : Selon vous, quels seront le cadre et les limites de votre champ d’action ?

H.D : En tant qu’élue, les modalités et prérogatives sont définies par la loi et notre rôle est consultatif. Certains élus se limitent à cela tandis que d’autres se voient comme législateurs. Ce n’est pas l’idée que je me fais de mon action. J’ai plusieurs cordes à mon arc et j’en mets certaines au service de la communauté française des Pays-Bas. Je suis parfaitement intégrée et informée ; je joue souvent le rôle de trait d’union entre nos deux pays et communautés. Je travaille pour l’organisme qui gère les pensions d’état et, en cette qualité, peux parfaitement informer et aider nos compatriotes.

Lors de la pandémie, j’ai aussi fourni un travail inédit en traduisant et résumant en quasi- direct toutes les conférences de presse du premier ministre Rutte. Ce service et ce travail de veille sont au centre de ma vision du mandat : être là où il faut être, au moment où il faut l’être et même avant ! Savoir anticiper et humer l’air du temps. Être à l’écoute et être réactif est important et avoir un bon relationnel avec notre administration et nos parlementaires est essentiel.

FAE : Pourquoi avez-vous souhaité vous impliquer dans ces responsabilités consulaires ?

H.D : Lors de mon premier mandat, j’ai ressenti la demande et le besoin d’une action de terrain pragmatique, sans parti pris politique. De nombreux compatriotes me faisaient justement confiance car j’étais hors du sérail politique classique. Durant 7 ans, je me suis beaucoup investie tout en travaillant et en ayant une famille, à l’image d’une grande partie de la communauté donc.

En 2021, j’ai souhaité réitérer l’expérience. Notre liste « Les pieds sur terre aux Pays-Bas » était la seule liste indépendante du scrutin et représentant les différentes zones du pays. Nous avons réalisé une belle campagne et un très beau score. Les Français méritent d’avoir des élus qui les représentent vraiment en toute indépendance sur la durée.

FAE : Avez-vous rencontré des difficultés d’intégration dans votre pays d’accueil et quels sont vos liens avec la communauté française présente ?

H.D : Toute installation dans un nouveau pays est un dépaysement. Les Pays-Bas, malgré une proximité géographique avec la France, sont un pays parfois déroutant.

Si la qualité de vie y est excellente, s’y intégrer réellement, hors des circuits expats et internationaux, peut être complexe. Une astuce de base consiste à apprendre le néerlandais ou même juste quelques rudiments. Pas évident pour beaucoup je le conçois… Mon installation est lointaine, j’étais encore étudiante ! J’ai tout de suite apprécié la vie à la hollandaise. Au début, j’évitais les Français car je voulais un bain total.

Mes liens avec la communauté française sont forts et divers : liens de travail, liens d’amitié et liens dans le cadre du mandat, associatifs également. J’ai la chance de vivre à Amsterdam où je peux (hors pandémie) sortir régulièrement et profiter d’activités diverses. Dès que je sors, je croise des compatriotes.

FAE : Aviez-vous précédemment un lien particulier, par exemple familial, avec le pays dans lequel vous avez été élu ?

H.D : Aucun, beaucoup pensent en voyant mon nom et en m’entendant parler néerlandais que je suis née ici mais ce n’est pas le cas ! Je n’étais venue aux Pays-Bas qu’en touriste durant mes études. Par contre, j’ai toujours fait du vélo déjà lorsque j’étudiais à Lille.

FAE : Avez-vous connu d’autres expériences d’expatriation ?

H.D : Non, d’ailleurs je n’aime pas le terme « expatriation » qui sous-entend encore pour certains un style de vie privilégié.

FAE : Quel est votre parcours professionnel ?

H.D : Après des études de lettres (classes prépas, licence et maitrise d’anglais), j’ai d’abord travaillé dans une maison d’édition puis dans un bureau de traduction. J’ai depuis de nombreuses années un statut « hybride » à l’image de nombreux Français des Pays-Bas : je suis salariée (à temps très partiel) dans le secteur social et également auto-entrepreneuse en tant que traductrice/interprète assermentée et journaliste/rédactrice.

FAE : Disposez-vous de la double nationalité ? Ce statut vous semble-t-il présenter un quelconque avantage ?

H.D : Oui je suis franco-néerlandaise et ravie de d’être. En Europe, cela ne semble pas essentiel mais ma vie se tisse désormais dans ces deux pays. Voter pour les législatives ici est un honneur. J’ai d’ailleurs rédigé un article à ce sujet que je partage ici : Binationale et fière de l’être • Hélène Degryse (helenedegryse.nl) 

FAE : Si vous ne deviez retenir qu’un souvenir heureux… et un autre malheureux de votre vie à l’étranger, quels seraient-ils ?

H.D : La vie à l’étranger fait résonner parfois encore plus cruellement des événements. Je pense à la perte d’êtres chers par exemple. Parmi les événements heureux, au risque de paraitre légèrement fleur bleue, je citerais sans hésiter la naissance de mes enfants ! J’ai accouché deux fois à la maison. Loin de moi l’idée de faire la promo de ce type d’accouchement qui se fait désormais moins ici, je sais pour autant que cela n’aurait probablement pas pu se faire en France ni dans beaucoup d’autres pays ! Sur une note plus prosaïque, je pense également à la superbe victoire des bleus à la coupe du monde de 2018 : je l’ai fêtée en plongeant dans les canaux d’Amsterdam !

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