Etudier et travailler
Brexit : un impact énorme sur la mobilité étudiante au Royaume-Uni
Etudier outre-manche ressemble de plus en plus à une mission impossible. Depuis l’officialisation du Brexit en février 2020, le nombre d’étudiants européens au Royaume-Uni a chuté de plus de 37 % !
Depuis sa sortie du programme Erasmus +, le Royaume-Uni a compliqué l’accès à ses universités pour les Européens. Les rêves de semestre à Oxford ou à Cambridge se sont envolés pour nombre d’étudiants étrangers. « Le Royaume-Uni était la destination numéro un des apprenants français jusqu’en 2020, souligne Nelly Fesseau, directrice de l’agence Erasmus+ France. Sans l’annulation réciproque des frais d’inscription, ni la bourse, prévus dans le cadre du programme, l’accès aux études au Royaume-Uni est devenu très coûteux.»
Hors Erasmus, la solution la plus simple reste les partenariats bilatéraux entre universités, mais ils sont hétérogènes et sans guichet unique. Il existe pourtant des solutions de repli, y compris pour apprendre l’anglais, comme l’Irlande, pays anglophone encore membre de l’UE, les pays d’Europe du Nord, la Suède, le Danemark et la Finlande qui proposent des formations anglophones, souvent gratuites ou à faible coût pour les citoyens européens, les Pays-Bas ou encore l’Espagne. Le top 5 des destinations est d’ailleurs actuellement : Espagne, Allemagne, Italie, Belgique, Irlande.
Favoriser l’égalité des chances
« Le principe du programme Erasmus+ est de favoriser l’égalité des chances dans l’éducation et la formation, précise Mme Fesseau, notamment grâce à l’annulation des frais d’inscription, le soutien financier de la bourse et l’équivalence des crédits universitaires prévue dans le système européen LMD. En sortant de l’UE et d’Erasmus+, le Royaume-Uni s’est coupé de ces opportunités d’attractivité et d’échanges, en particulier pour les jeunes issus de milieux moins favorisés. »

Nelly Fesseau, directrice de l’agence Erasmus+ : ” le Royaume-Uni s’est coupé de ces opportunités d’attractivité et d’échanges, en particulier pour les jeunes issus de milieux moins favorisés. »
En comparaison, les apprenants et professeurs français en Erasmus+ vers le Royaume-Uni étaient un peu plus de 13 000 sur l’année académique 2017/2018. En 2023/2024, ils n’étaient plus seulement que 1 660 à partir vers cette destination dans le cadre d’Erasmus+, grâce à l’action de mobilité vers des pays tiers (ou hors Europe) qui existe depuis 2015. « Ce programme spécifique permet de partir en mobilité dans le monde entier (« pays tiers » hors Europe, ndlr), détaille Mme Fesseau.
Déjà deux millions de Français
Et depuis 2021, les établissements d’enseignement supérieur et les centres de formation professionnelle peuvent utiliser 20% de leurs financements de mobilité Erasmus+ pour soutenir les séjours de leurs apprenants et personnels vers ces destinations. » Le succès du programme, en tout cas, ne se dément pas : il vient de franchir ces jours-ci la barre des deux millions de Français (étudiants, apprentis, lycéens, élèves, professeurs, personnels d’établissements ou demandeurs d’emploi) partis à l’étranger depuis la création d’Erasmus en 1987 ! Le programme a enregistré davantage de mobilités entre 2014 et 2025 qu’en 27 années précédentes. La France reste le premier pays d’envoi en Europe.
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