Sport
Juliette Omnes, la Française qui a appris la salsa à Cali
Partie sans plan précis, Juliette Omnes a passé un an et demi à Cali pour se former à la salsa caleña. Aujourd’hui professeure, elle transmet cette danse et retourne chaque année se former en Colombie.
Juliette découvre la salsa à 16 ans, en 2016, lors des soirées du dimanche où sa mère l’emmène en Île-de-France. Elle abandonne ensuite des études de droit, puis part en road trip en Colombie en 2023. À Cali, quelques cours suffisent : la caleña, rapide et explosive, lui « réveille une nouvelle passion ».
C’est sa mère qui la pousse à aller s’y former pour devenir professeure. « Elle m’a ouvert un chemin que je ne m’autorisais pas. » En janvier 2024, Juliette s’installe à Cali, sans école ni professeur en vue. Elle rencontre Carlos dans son auberge de jeunesse. Avec lui, elle enchaîne les cours particuliers et apprend aussi à guider. S’y ajoutent des cours collectifs et des soirées dansantes tous les soirs.
Un jour, elle propose à Carlos de monter un show en dix jours. « Je n’avais jamais dansé en talons, je n’avais pas de costume. » Elle a un coup de foudre immédiat pour la salsa artistique.
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Le Mondial, le jour de ses 24 ans
Elle vise alors le Mondial de salsa de Cali, fin octobre. Les autres couples s’y préparent depuis huit mois. Avec un nouveau partenaire, elle n’a que deux mois et s’entraîne six jours sur sept. Le 25 octobre 2024, jour de ses 24 ans, ils terminent 7es sur une quinzaine de couples, à une place de la finale. « Encore aujourd’hui, c’est le plus beau souvenir de ma vie. »
Son chorégraphe l’oriente ensuite vers une académie artistique. Elle y est la seule étrangère, entourée surtout d’adolescents. Elle s’entraîne jusqu’à cinq heures par jour et termine 4e d’une compétition interne. « Je voulais redoubler d’efforts pour qu’on ne dise pas : l’étrangère est nulle. » Au bout de dix-huit mois, épuisée, elle décide de « fermer un cycle ». De la Colombie, elle garde surtout la résilience : « C’est un peuple qui va de l’avant, quoi qu’il arrive. »
Elle a aussi dû s’habituer à une certaine légèreté face aux engagements. Deux jours avant le Mondial, le costume sur mesure de son partenaire n’était toujours pas prêt : le couturier n’avait « pas eu le temps ».
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Transmettre la caleña
Elle se lance comme professeure à Nice, où les écoles jugent la caleña « trop rapide, trop compliquée ». Juliette crée donc sa propre communauté. En octobre 2025, elle donne un premier cours en ouverture d’une soirée reggaeton de Mamacita, et des participants lui demandent aussitôt où elle enseigne. Une boîte de production azuréenne la repère ensuite. En juillet, 150 personnes suivent l’un de ses cours. Ses cours réguliers à Nice affichent complet, et elle enseigne aussi à Antibes.
Elle donne parfois ses cours en espagnol, avec l’énergie de Cali. Lors d’un récent cours, la moitié de ses élèves étaient colombiens. « C’est une belle reconnaissance. »
Elle compte désormais retourner chaque année à Cali pour se former. Prochain défi : le congrès de salsa caleña de Madrid, en avril, cette fois en solo.
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