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Québec’Lib : les décodeurs de la culture d’affaires québécoise

Le Journal des Français à l’étranger a rencontré l’équipe de Québec’Lib, spécialisée dans le processus de création d’entreprise au Québec.

Emmanuel Langlois

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Ils font la paire. Jean-Luc Molina et Éric Portrait sont tous deux français, entrepreneurs et amoureux du Québec. Jean-Luc a grandi entre l’Ancienne et la Nouvelle-France, a embrassé la carrière d’agent immobilier et a épaulé de nombreux immigrants issus de l’Hexagone dans leurs démarches d’installation. Éric, quant à lui, a dirigé une entreprise en France pendant une vingtaine d’années avant de tout quitter pour tenter sa chance à Montréal, où il diversifie depuis neuf ans ses expertises avec sa petite touche personnelle, de l’import de produits gastronomiques au rôle de conseiller pour le consulat de France.

Mais aimer son pays d’adoption ne veut pas pour autant dire en être dupe. Aussi, après avoir eux-mêmes essuyé des échecs professionnels au Québec et avoir vu beaucoup de Français déchanter par rapport à l’image d’Épinal qu’ils se faisaient de cette province, Jean-Luc et Éric ont décidé d’accompagner à leur manière leurs concitoyens en quête de succès entrepreneurial. Québec’Lib, dont le jeu de mots renvoie aussi bien au célèbre discours prononcé par De Gaulle en 1967, qu’au sentiment de liberté que procure une installation sans anicroches dans un pays étranger, est né en novembre 2017 et ne cesse de gagner en popularité.

> Le Québec : un choc culturel

« Ceux qui croient que la langue française commune aux Français et aux Québécois suffit pour réussir ici font totalement fausse route », explique Jean-Luc Molina. « Le Québec, ce n’est pas la France. On n’y vit pas de la même manière, la culture y est totalement différente et on n’y a aucun repère connu. Pourtant, la majeure partie des nouveaux arrivants pensent qu’ils vont pouvoir y reproduire ce qu’ils connaissaient avant, s’y intégrer aisément et même imposer leurs façons de faire. »

Cette attitude naïve explique, aux yeux des deux entrepreneurs, que la moitié des Français expatriés au Québec en repartent au cours des trois premières années de leur installation… avec pertes et fracas, dans le pire des cas. « En tant que délégué consulaire, poursuit Éric Portrait, je rencontre régulièrement des Français qui ont eu ou traversent beaucoup de problèmes, notamment financiers. Certains d’entre eux se sont fiés à un taux de change attractif de l’euro au dollar, ainsi qu’aux promesses qui leur étaient faites, pour investir sans compter dans cette aventure et y perdre toutes leurs plumes. Un constat d’échec encore plus cuisant lorsqu’ils sont venus s’installer ici avec leur famille et qu’ils doivent rentrer et repartir de zéro. Voilà pourquoi il est aussi important de prendre son temps et de regarder attentivement ce dans quoi on s’embarque avant de foncer. »

> Le souci des détails

À quoi doit-on penser au juste lorsqu’on reprend ou qu’on crée une entreprise au Québec? À une multitude de petits et de gros détails, en fait. Comme Éric Portrait le précise, « par exemple, les Français qui arrivent ici font souvent affaire avec des firmes d’avocats spécialisées en immigration en pensant que cela va faciliter leurs démarches de création d’entreprise. Malheureusement, une partie non négligeable de ces sociétés en profite pour leur facturer des montants prohibitifs et garder leur dossier le plus longtemps possible. Alors que l’on peut diminuer ces coûts en engageant un avocat junior pour réaliser les recherches préparatoires au dossier. Et qu’il faut tenir compte que, contrairement à la France, chaque minute passée au téléphone et chaque échange de texto avec son avocat sont comptabilisés au Québec. »

Cette logique est valable dans tous les domaines. Les immigrants français se font régulièrement extorquer de l’argent par des propriétaires de logements qui savent que les loyers sont plus chers en France et qui gonflent leurs prix pour ce type de clientèle. Même chose du côté des affaires, car les structures des entreprises canadiennes sont plus flexibles qu’en Europe, et la lecture et la compréhension de la documentation comptable sont très différentes du modèle français. « La surprise peut être de taille entre ce qui est vendu sur le papier et ce qui est réellement en place quand on arrive. Et encore, on ne parle pas du réseautage de ces entreprises, qui tentent évidemment de vendre leurs relations d’affaires en même temps que leurs murs. »

Ce ne sont que quelques éléments parmi une multitude d’autres : normes, permis de conduire, rénovations, brevets… Un vrai casse-tête dont on n’a généralement pas connaissance avant de partir.

> Préparer au mieux son départ

Québec’Lib a été bâti avec l’idée d’accompagner de manière personnalisée et fiable les entrepreneurs français qui s’installent dans la Belle Province. « Nous voulons les préparer à ce qui les attend réellement ici, leur permettre de ne pas commettre les mêmes erreurs que nous avons nous-mêmes commises, leur faire intégrer un réseau qui les épaulera et contribuer à ce qu’ils puissent faire rayonner la France au Canada », explique Jean-Luc Molina.

Pour ce faire, les deux complices ont misé sur leur expérience pour proposer une batterie de services dont ils recommandent l’utilisation bien avant le départ de leurs clients du territoire français. « Chez nous, le client n’est pas étiqueté ni codé, spécifie Éric Portrait. Nous n’évoluons pas pour une clientèle ou dans un milieu spécifiques, et nos mandats peuvent être minimes comme très larges. » Les entreprises et entrepreneurs dont s’occupent Jean-Luc et Éric sont effectivement issus de nombreuses branches professionnelles : finances, commerce, technologie de l’information, restauration, etc. Pour les seconder dans leurs démarches, Québec’Lib peut, selon le cas, mettre en place pour eux leur structure (inscription au registraire, incorporation), prendre en charge les démarches légales, monter leur administration, leur trouver un local, vérifier les normes de leurs produits et même leur assurer une domiciliation. « Nous souhaitons qu’ils se concentrent sur ce qu’ils savent faire, et nous nous chargeons du reste, tout simplement. »

Une telle préparation ne se fait pas en un claquement de doigts. Grâce au réseau de professionnels de confiance dont les deux hommes se sont entourés – avocats, notaires, fiscalistes, agents immobiliers, entreprises de rénovation, assureurs, chasseurs de têtes –, chaque besoin est comblé. Les clients bénéficient en plus de tous les trucs qu’ont acquis les deux hommes sur le terrain. « Cela a l’air bête, mais pour se partir en affaires ici, il faut par exemple avoir un dossier de crédit adéquat pour trouver une banque. Or, on ne le sait pas généralement, mais les dossiers de crédit étrangers ne sont pas pris en compte. Voilà pourquoi il est primordial de créer sa société, de lui assurer une domiciliation et de régler des factures avant même d’arriver ici », explique Éric Portrait.

> Créer ou acheter une entreprise québécoise?

Le duo de Québec’Lib encadre la création comme le rachat d’entreprises par des Français. Ils n’hésitent cependant pas à mettre en garde leurs clients : « Ce n’est pas parce qu’une entreprise a du succès et un nom connu en France qu’elle va immanquablement fonctionner ici. Tout est souvent à refaire au Québec. On ne connaît pas cette société outre-Atlantique et elle devra, comme toutes les autres, montrer patte blanche. » Il est d’ailleurs arrivé aux deux hommes de faire déchanter certains clients empressés de conquérir le marché canadien. « Une marque honorable de cosmétiques nous avait chargés d’assurer leur installation, mais lorsque nous leur avons révélé que tous leurs produits devraient être de nouveau homologués ici, les normes étant différentes, ils ont pris conscience des coûts impliqués et ont abandonné le projet. »

Alors, Messieurs, croyez-vous qu’il vaut mieux créer ou acheter une entreprise au Québec ? « Tout dépend du profil, mais il est certain que lorsqu’on rachète une société, il y a moins de démarches et de paperasse à faire. Les financiers vous suivent parce qu’ils connaissent déjà la structure », précise Jean-Luc Molina. « Par contre, il n’est pas évident de trouver des entreprises à racheter. Elles existent, mais ne sont listées nulle part, ce qui peut freiner les ardeurs des acquéreurs s’ils ne connaissent pas le marché. Nous pouvons les épauler avec cela aussi. »

Québec’Lib se veut donc une solution clef en main, personnalisée et fiable pour tous les types d’entrepreneurs français qui souhaitent s’installer au Québec, de même que pour ceux, déjà arrivés sur place, qui rencontrent des problèmes et veulent être compris et épaulés. Une vraie manne à l’intérieur d’un système plus souvent guidé par l’économie que l’humain. « Notre mission, c’est de transformer tout échec ou potentiel échec en réussite. C’est un mandat très inspirant pour nous, qui repose sur nos valeurs et nos expériences. Et nous avons l’ambition de former une communauté d’entrepreneurs qui s’épauleront au même titre que nous le faisons pour eux. » Un projet évolutif qui devrait amener Jean-Luc Molina et Éric Portrait à proposer des services supplémentaires, comme des activités de réseautage et du coworking, au gré des besoins de leurs clients. « Qui sait jusqu’où cette aventure nous mènera? Nous répondrons présent. »

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