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Arnaud de Montille : « De nombreuses enseignes du retail souffrent »

Chaque semaine, le site Français à l’étranger, en partenariat avec le Cercle d’outre-Manche, discute du Brexit avec un dirigeant français actif au Royaume-Uni. Cette semaine, Arnaud de Montille, co-fondateur de la société de bijoux en ligne Merci Maman, évoque les conséquences du Brexit pour le commerce de détail.

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Pouvez-vous vous présenter et votre entreprise? 

Arnaud de Montille : Arrivés jeune mariés avec ma femme Béatrice, en 2003, nous sommes rentrés en France en 2017. Pendant ces 14 ans, nous avons eu la chance d’avoir quatre enfants, tous nés à Londres, et d’y créer notre entreprise, Merci Maman, une marque de bijoux personnalisés vendus sur internet. Nous gravons à la main des messages d’amour, des prénoms, des citations sur des colliers et des bracelets. Béatrice a fondé Merci Maman depuis notre « home sweet home » de Fulham en 2007 et je l’ai rejoint en 2013 quand l’équipe comptait 6 personnes. Nous nous sommes développés pas à pas, sans levées de fonds, et employons aujourd’hui 40 personnes à Londres, Paris et Berlin. Une marque à forte connotation française de part son nom et ses créations mais une marque essentiellement British les premières années. Notre croissance internationale a été accélérée en 2014 par une photo de Kate Middleton portant un de nos colliers qui a fait le tour du monde après sa parution dans Hello Magazine. Nous avons aussi beaucoup travaillé sur cette expansion internationale en traduisant le site en six langues, en recrutant de nombreuses nationalités et en ouvrant des ateliers à Paris en 2016, Berlin en 2018. La croissance continue et nous projetons d’ouvrir à Madrid et Milan en 2021.

Cette internationalisation nous a valu d’être reçus par la Reine Elisabeth II en 2017 (la veille de notre retour en France) pour recevoir le Queen’s Award for Entreprise dans la catégorie Export. La majeure partie de notre équipe est à Londres et j’y reviens donc très régulièrement.

Quel impact a eu, jusqu’à présent, l’annonce du Brexit sur votre entreprise ? 

A.M.: L’impact immédiat de l’annonce du Brexit fut une chute brutale de la livre sterling. Pour nous, cela signifiait une hausse de nos prix d’achat, et notamment de l’or et de l’argent dont les cours sont fixés en dollars. Le deuxième impact fut un impact psychologique avec l’incertitude pesant sur le moral des entrepreneurs et des clients. Cela n’a pas été aussi significatif que certains l’anticipaient mais de nombreuses enseignes de retail souffrent. Notre industrie ne fait pas exception comme l’attestent la récente faillite de Links of London ou la baisse de chiffre d’affaires au Royaume-Uni du géant Pandora en 2019. Ceci étant dit, l’impact sur notre propre business a pour l’instant été limité. Notre croissance dans le pays a ralenti mais elle est compensée par une forte croissance en Europe continentale et nous n’avons pas de difficultés à recruter.

Quelles mesures avez-vous prises suite à l’annonce de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne?

A.M.: Aucune mesure radicale. Nous avons poursuivi notre stratégie et plan d’action. Nous avions ouvert notre atelier à Paris en Mars 2016 (trois mois avant le vote sans que cela ait de rapport), nous avons ouvert à Berlin en 2019 et nous avons continué de recruter un peu partout. Nous avons même lancé nos activités pour l’Espagne et l’Italie depuis Londres car cela reste notre hub principal et notre siège.

Nous suivons toutefois de près ces développements. Même si je n’ai jamais cru au « hard Brexit », il y aura quand même un Brexit dont la forme reste à définir mais qui aura des conséquences sur les recrutements et l’import / export.

Quelles sont vos craintes liées au Brexit? 

A.M.: A court terme : rien pour notre business. On continue de grandir et de recruter à Londres comme ailleurs. Cela fait déjà bientôt quatre ans qu’on ne parle que de Brexit et j’ai peur que cela dure. Au delà même du 31 décembre 2020, car j’ai peine à croire qu’un accord global puisse être négocié d’ici là. Il y aura donc sûrement une prolongation à la période de transition. Je crois que nous sommes repartis pour des mois de rapports de force infructueux entre les négociateurs et que plus la date butoir approche, plus chacun sera obligé de constater pragmatiquement qu’une absence d’accord serait néfaste pour tout le monde et que cette période de transition sera plus longue que les 11 mois annoncés aujourd’hui.

A plus long terme, c’est difficile à dire et je ne suis ni économiste ni politologue. Je me concentre sur Merci Maman, notre activité, notre croissance, notre Politique de Responsabilité Sociale (CSR en anglais) et le développement des équipes. Je crains que l’économie anglaise souffre encore et qu’il y aura des impact négatifs au niveau des dédouanements mais on verra et on s’adaptera.

Au delà du Brexit, je crains aussi un risque de contagion. Il faut que l’Europe se réforme en profondeur. Beaucoup de choses restent à faire pour créer une véritable économie européenne qui puisse rivaliser avec les Etats Unis et la Chine. Il y a la libre circulation des biens, des services et des personnes mais cela n’empêche pas beaucoup de paperasserie et donc de frais. Nous sommes par exemple obligés de nous enregistrer à la TVA dans tous les pays membres où nous sommes actifs et y faire des déclarations mensuelles, un enfer qui n’apporte aucune valeur pour une PME comme la notre.

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