fbpx
Suivez nous sur

Etudier et travailler

Erasmus+ : une réussite européenne

Durant deux mois, le Journal des Français à l’étranger vous propose un grand dossier sur les nombreux aspects des échanges frontaliers, notamment en termes de possibilités d’emploi et d’étude. Aujourd’hui, place à Erasmus+, le programme européen qui a vu ses compétences très élargies ces dernières années.

Publié

le

ERASMUS+ fête ses trente-cinq ans en janvier 2022

Partir en Erasmus, comme on part en voyage initiatique, sur les traces de Romain Duris dans L’Auberge espagnole… Voilà pour le cliché. Mais depuis le film de Klapisch (2001), le programme de la Commission européenne a beaucoup évolué, dépassant largement sa seule cible étudiante. Devenu Erasmus+ en 2014, il a pris pour l’occasion de l’embonpoint. Ses nouvelles prérogatives lui permettent aujourd’hui de regrouper en son sein tous les anciens programmes européens en matière d’éducation, de formation, de jeunesse et de sport (Leonardo et Grundtvig pour l’éducation et la formation professionnelle, Comenius pour la mobilité et les échanges entre établissements scolaires, SVE pour le Service volontaire européen…). Pour autant, Erasmus+ poursuit toujours ses missions de financement et d’échanges au titre de la coopération entre les établissements d’enseignement en Europe, mais aussi maintenant à travers le monde entier. Et quel est donc ce public concerné par ces nouveaux échanges ? : les étudiants bien sûr, mais également les apprentis, les jeunes actifs motivés par une formation à l’étranger, les enseignants, les salariés d’entreprise… Erasmus+ est-il toujours réservé aux jeunes ? Autre cliché à abattre : en 2018, l’Espagnol Miguel Castillo a rejoint l’université de Vérone, en Italie, avec une bourse Erasmus+ pour poursuivre ses études d’histoire moderne. Il avait… 80 ans !

Affaire de conviction

Petit retour dans l’histoire. La saga d’Erasmus débute dans les années 1960 lorsque l’Italienne Sofia Corradi revient des États-Unis avec un master en droit comparé. Las, son diplôme n’est pas reconnu en Italie, ce qui la contraint à une nouvelle année d’études pour valider ce titre. Âgée aujourd’hui de 87 ans, celle qu’on surnommera la Mamma Erasmus s’attache à convaincre les recteurs d’université européens de la nécessité de promouvoir les échanges en matière d’éducation. La démarche va faire écho au plan politique. En 1971, les ministres de l’Éducation des neufs pays de la Communauté européenne d’alors valident le principe d’une coopération éducative sur le Vieux Continent. Cinq ans plus tard, un programme d’action en définit les priorités et les étapes à suivre. Toutefois, les États demeurent réservés sur ce projet éducatif européen, craignant notamment une perte de souveraineté sur cette thématique sensible. Il faudra attendre 1985 et l’arrivée de Jacques Delors aux commandes de la Commission européenne pour donner un nouvel élan au projet. Ce sera chose faite le 15 juin 1987 avec la création d’Erasmus qui évoque bien sûr Erasme, le philosophe humaniste néerlandais du XVe siècle, mais qui est aussi l’acronyme de EuRopean Action Scheme for the Mobility of University Students («Programme d’action européen pour la mobilité des étudiants universitaires»).

Des actions multiformes

Aujourd’hui, trente-trois pays participent au programme Erasmus+ : les Etats membres de l’Union européenne (vingt-sept depuis la sortie du Royaume-Uni) ainsi que  la Norvège, l’Islande, le Liechtenstein, la Serbie, la République de Macédoine et la Turquie. Le dispositif est ouvert aux organismes (associations, établissements, institutions…) comme aux particuliers (plus de 10 millions de personnes ont suivi un programme Erasmus depuis les trois dernières décennies), mais ces derniers doivent impérativement passer par leur établissement ou un organisme participant pour accéder à un programme Erasmus+.

Une des applications notables du dynamisme du programme s’exprime au moment des Erasmus Days dont la cinquième édition s’est tenue les 14, 15 et 16 octobre derniers. Près de 5.600 événements, en ligne et en présentiel ont eu lieu dans 67 pays du monde (les organismes des pays partenaires, notamment les pays du voisinage européen à l’Est, les Balkans occidentaux ou encore la Fédération de Russie peuvent prendre part à certaines actions du programme). Ainsi, chacun de ces rendez-vous annuels permet aux porteurs de projets Erasmus+ (écoles, collèges, lycées, universités, centres de formation d’apprentis, ou encore collectivités territoriales) de se mobiliser pour faire connaître leur initiative. À noter également que le programme a su s’adapter à la pandémie avec Erasmus+ Virtual Exchange (EVE), une plateforme qui offre la possibilité aux jeunes, Européens et du Sud de la Méditerranée âgés de 18 à 30 ans, de participer à des échanges dans le cadre d’une communauté virtuelle.

Erasmus transfrontaliers

De manière non exhaustive, quelques programmes transfrontaliers soutenus par Erasmus+ méritent d’être soulignés. En Grande Région – cet espace de coopération qui regroupe la Région française du Grand Est et des territoires allemands (Sarre et Rhénanie-Palatinat), belge (Wallonie) et luxembourgeois –, Erasmus+ est impliqué auprès de l’Université de la Grande Région (UniGR) dans le cadre du certificat EurIdentity qui vise à valider les connaissances des étudiants sur le fonctionnement des institutions de l’UE, l’histoire et les différents systèmes juridiques européens. L’université de la Grande Région est une association transfrontalière constituée de sept universités partenaires : Lorraine (France) Liège (Belgique), Kaiserslautern, Trèves, Sarrebruck, Sarre (Allemagne) ainsi que l’Université du Luxembourg.

Toujours en Grande Région, citons également le Service Eco-Citoyen Transfrontalier qui tend à encourager la mobilité transfrontalière en faveur de l’environnement. Réservé à des jeunes âgés de 18 à 25 ans, il bénéficie d’un financement Erasmus+ dans le cadre de missions de volontariat écologique d’une durée de six à douze mois.

Au Sud-Ouest, autre initiative très intéressante avec le programme Erasmus+ Transfrontalier tissé avec l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA). L’objectif consiste à favoriser la mobilité des étudiants (à partir de la deuxième année de cycle 1 au cycle 2) vers trois universités frontalières : l’Université du Pays basque (campus de San Sebastián, Bilbao et Vitoria), l’Université de Saragosse (campus de Zaragoza, Huesca et Teruel), et l’Université publique de Navarre (campus de Pamplona). Avantages : la mobilité est encadrée (avec notamment une aide logistique pour trouver un logement et des cours de remise à niveau en espagnol gratuits) et les étudiants peuvent se voir attribuer une bourse de 400 €/mois. De quoi donner envie de franchir les Pyrénées.

Le monde de l’entreprise n’est pas en reste, à l’image du programme Erasmus pour Jeunes Entrepreneurs qui permet à des jeunes et futurs entrepreneurs, sur des séjours d’un à six mois, de se former auprès de dirigeants de PME expérimentés au sein de 45 pays participants. Près de 10.000 échanges entrepreneuriaux ont déjà eu lieu dans ce cadre. On retrouve notamment une déclinaison transfrontalière de ce programme au sein de l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée, qui rassemble les régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon en France, la Catalogne, l’Aragon et les îles Baléares en Espagne.

 

Lire la suite
Publicité
1 Comment

1 Comment

  1. Pingback: Table ronde des opportunités européennes – Clémentine Amblard

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Tendance

Français à l'étranger

GRATUIT
VOIR