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Le CNED, cet établissement historique entré dans le XXIe siècle

Pour construire son parcours de formation à distance, le CNED est la solution idéale et un partenaire de choix dans le système de l’AEFE pour développer le réseau à l’étranger. Le point avec son directeur général, Michel Reverchon-Billot.

Nathalie Laville

Publié

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Portrait

Le CNED est une énorme machine qui existe depuis quatre-vingts ans et qui délivre des formations qualifiantes à des jeunes et des adultes en France, bien sûr, mais aussi à l’étranger. Car il n’est pas toujours facile de rejoindre un lycée pour suivre un cursus français quand on vit à l’étranger. Le CNED est donc l’organisme indispensable à toutes celles et ceux qui souhaitent donner à leur enfant une instruction française, leur permettre de passer des diplômes français, du brevet des collèges au bac en passant par des BTS !

Le développement du réseau d’enseignement français à l’étranger vous paraît-il possible ?

Michel Reverchon-Billot : Le français n’est pas une langue qui a le vent en poupe, contrairement à ce que l’on peut dire. Je crois sincèrement que si elle n’est pas une langue de l’employabilité, elle aura du mal à rester attractive. C’est la raison pour laquelle il nous semble que les formations professionnelles sont de bonnes portes d’entrée pour le développement de l’enseignement français à l’étranger.

Nous essayons de développer une filière BTS à l’étranger : nous nous adressons soit à des jeunes sortant des établissements français à l’étranger, soit à des locaux qui recherchent une formation diplômante et qui voudraient aller vers des filières professionnelles courtes, pour travailler ensuite soit en France soit localement, en assumant des fonctions d’encadrement. Nous travaillons plus particulièrement avec la Côte d’Ivoire et le Sénégal sur cette possibilité. Nous recherchons des entreprises françaises implantées localement qui pourraient prendre ces jeunes en stage en même temps qu’ils suivraient une formation à distance. Ces élèves devront passer leurs diplômes sur place. Il me semble que c’est aussi avec ce type de formations que nous contribuerons à la croissance des effectifs de jeunes inscrits à des formations diplômantes françaises.

Une autre piste de développement de l’enseignement français à l’étranger est d’améliorer les compétences des enfants francophones étrangers.

Le CNED n’est pas sur le créneau du soutien scolaire, et quand nous intervenons auprès d’élèves scolarisés dans des établissements étrangers nous pouvons leur délivrer une scolarité complémentaire en français, mathématiques et histoire-géographie. Celle-ci donne lieu à un certificat, délivré par le conseiller culturel de l’ambassade de France (à la condition que 75% des devoirs aient été rendus), qui leur permet de réintégrer le système français s’ils rentrent en France. Nous travaillons toujours en lien avec le réseau culturel français, les Instituts et les Alliances françaises.

Je crois d’ailleurs qu’il y a d’autres mécanismes originaux à mettre en œuvre. Nous travaillons ainsi sur les blocs de compétence, en allant de plus en plus sur des offres sur mesure afin de fabriquer des parcours de formation spécifiques.

Le plan de développement de l’enseignement français à l’étranger vous convainc-t-il ?

M. R.-B : Ce plan est très ambitieux, et il est nécessaire. Mais, pour qu’il ait une chance de réussir, il doit être porté, accompagné. Nous devons faire partie de la solution. Je crois qu’il y a deux axes forts pour le CNED. Le premier est de développer des établissements « augmentés » en diversifiant l’offre, par exemple en proposant des langues dans des établissements qui ont une offre limitée. Le second axe est de venir en appui des compétences des recrutés locaux. Le CNED forme déjà aux concours de la fonction publique. Mais nous pouvons imaginer aussi de former les enseignants recrutés localement afin qu’ils montent en compétence. Par exemple, les conjoints d’expatriés ont parfois suivi des études d’histoire, de lettres, de langues…, il leur faudra simplement suivre des modules de pédagogie générale pour être en capacité d’enseigner.

Nous devons parvenir à qualifier les gens sur place. Il faut aussi être inventif, notamment pour celles et ceux qui vivent dans des territoires isolés ou peu urbanisés. Dans ce cas, les tiers lieux peuvent être de bonnes solutions. Car l’un des risques de l’enseignement à distance est le décrochage, le plus souvent par manque d’accompagnement. Si l’on trouve des lieux où les élèves peuvent se retrouver, on évitera à certains d’entre eux de se sentir seuls face à leurs difficultés. Il faut remettre du lien et de la relation et recréer ces moments de présence, par exemple grâce aux Alliances françaises dont le réseau est très bien implanté partout dans le monde. Nous travaillons en outre à modéliser l’ingénierie et la typologie de l’accompagnement pour détecter et prévenir le décrochage. 

Quels sont ces tiers lieux ?

M. R.-B : Il n’est pas toujours facile d’ouvrir des lycées français à l’étranger, qui sont des structures lourdes. Il y a une autre piste de réflexion, qui est celle des écoles virtuelles. Ainsi, à Izmir, en Turquie, nous avons des élèves qui suivent des cours à distance et se retrouvent régulièrement à l’Institut français pour faire du lien entre eux, faire société. Il faudrait prendre en compte ces élèves, qui suivent une scolarité originale, dans le développement du plan : notre problème est parfois de trouver des établissements scolaires pour des enfants qui sont dispersés sur un territoire. Ils peuvent suivre un cursus français à distance et régulièrement se retrouver en présentiel dans les Instituts ou les Alliances. La classe virtuelle n’est pas un lieu de relégation, mais plutôt d’expertise et de compétence. Les services de conversation à distance (chats, classe virtuelle…) permettent également d’entrer de plus en plus et de mieux en mieux en relation avec les élèves. Nous avons un centre d’appel avec 80 personnes qui répondent aux questions des élèves répartis dans le monde. Nous avons aussi des répétiteurs qui exercent dans des zones de conflit, comme à Tripoli, en Libye. Le CNED est présent dans le plus grand nombre d’endroits possibles. C’est un acteur du développement de la francophonie dans le monde et il contribue aussi à la politique d’attractivité et de rayonnement de la France.

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