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Hélène Farnaud-Defromont: « La Belgique, c’est le laboratoire de l’Europe »

La nouvelle ambassadrice de France en Belgique, Hélène Farnaud-Defromont, a accordé une interview au Journal des Français à l’étranger. Nommée à Bruxelles en juillet dernier après un début de carrière au ministère des Affaires étrangères et à l’AEFE, cette diplomate originaire du département voisin du Nord savoure ce poste d’observation unique de la relation entre les deux pays. 

Emmanuel Langlois

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C’est votre premier poste comme ambassadrice, pouviez-vous rêver mieux que Bruxelles? 

Hélène Farnaud-Defromont : La Belgique était mon vœu numéro 1 et je suis ravie d’avoir été nommée à Bruxelles car je souhaitais être en poste dans un pays de l’Union européenne sans pour autant être dans « la bulle » européenne. L’ambassade bilatérale est un formidable point d’appui pour suivre de près les évolutions de la Belgique, que l’on qualifie souvent de « laboratoire de l’Europe ». La relation franco-belge est très dense dans tous les secteurs : politique, économique, culturelle, en matière de défense et de sécurité… À titre personnel, je suis également très contente d’être en poste en Belgique car cela me rapproche de mes racines familiales nordistes et j’éprouve un grand attachement pour ce pays.

Dans quels domaines les relations entre la Belgique et la France ont-elles le plus de réalité ?

H.F-D : Nos deux pays sont traditionnellement très proches. La France et la Belgique sont tous deux membres fondateurs de l’Union européenne, alliés au sein de l’Otan. Nous partageons de longue date une vision commune sur les questions européennes et internationales. Nous partageons par ailleurs une frontière longue de 620 kilomètres et les interactions sont permanentes et quotidiennes. La coopération transfrontalière est très riche, ce sont des sujets très concrets qui touchent la vie des gens dans les domaines de l’emploi, des transports, de la santé ou de l’environnement. Dans le domaine économique aussi, nos deux pays sont des partenaires commerciaux de premier plan, les investissements croisés sont élevés. Enfin, la francophonie nous unit. La France et la Belgique ont en partage la langue française et travaillent conjointement à promouvoir notre langue en Belgique et au sein des institutions internationales.

La Belgique est un pays à part, d’abord parce que c’est un royaume divisé en trois parties, ensuite parce qu’il abrite une des capitales de l’Europe. Cela se ressent-il ?

H.F-D : Bien que nous soyons très proches historiquement et géographiquement, la Belgique reste un pays étranger pour un Français(e) parce que l’organisation institutionnelle et administrative, la déconcentration des compétences et les débats internes sur les questions linguistiques ou de modèle de société sont différents de la France. Mais la Belgique est un pays profondément européen et les Belges ne remettent pas en question ce que l’Europe leur apporte, d’autant plus que Bruxelles, la capitale fédérale, est le siège de nombreuses institutions européennes et internationales. C’est une ville très cosmopolite. Elle est, après Washington, la deuxième ville d’accueil en nombre de diplomates et de fonctionnaires internationaux du monde entier. Deux mille Français travaillent au sein des institutions européennes à Bruxelles.

Comme ancienne directrice de l’AEFE, aurez-vous un regard particulier sur le volet enseignement dans la collaboration France-Belgique ? 

H.F-D : Oui, absolument ! Nous avons deux lycées français en Belgique. Le lycée Jean-Monnet à Uccle est l’une des têtes de pont du réseau de l’enseignement français à l’étranger. Il accueille près de 3 000 élèves et obtient d’excellents résultats aux examens. Nous avons également un lycée français international à Anvers qui est un établissement en pleine dynamique de croissance, parfaitement implanté dans le paysage anversois. Sur les questions éducatives, la Belgique a son histoire, ses enjeux, mais nous partageons des réflexions communes, sur l’âge de la scolarité obligatoire ou sur les moyens de lutter contre le décrochage scolaire par exemple. La question de la scolarisation des enfants de migrants est également un point d’attention en France comme en Belgique car elle est un puissant facteur d’accueil et d’intégration des enfants et de leurs familles.

L’été dernier, un tiers des ambassades a changé de locataire, mais cette vague de nominations se fait encore largement aux dépens des femmes. Vous faites figure d’exception. Qu’en pensez-vous ? 

H.F-D : Je n’ai pas du tout le sentiment d’être une intruse ou une exception ! Le nombre d’ambassadrices n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Depuis 2010, il y a eu autant de femmes nommées ambassadrices que durant les quarante années précédentes. Nous sommes actuellement 54 femmes ambassadrices de France à travers le monde. Ce chiffre est largement supérieur à la moyenne observée dans les autres grandes diplomaties. Dans le cadre de mes fonctions précédentes de directrice générale de l’administration du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, j’ai contribué à la mise en œuvre d’une politique de gestion des ressources humaines qui avait pour ambition de promouvoir l’égalité femmes/hommes et de favoriser l’accession des femmes aux plus hautes fonctions au ministère. C’est un processus de longue haleine, mais il est pleinement engagé.

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