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Sortie de crise en Italie: l’union fait la force

Pour Denis Delespaul, président de la Chambre de commerce française en Italie, la reprise économique dans la péninsule ne se fera qu’au prix d’une collaboration plus forte entre entreprises européennes, notamment entre la France et l’Italie.

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Près de 2000 entreprises françaises sont présentes en Italie, représentant 250 000 emplois, en particulier dans la banque (BNP Paribas, Crédit Agricole), l’énergie (EDF – Edison), l’agroalimentaire (Lactalis, Parmalat), le luxe évidemment (LVMH et Kering), les télécommunications (Vivendi, Iliad), de la distribution (Carrefour, Kiabi, Decathlon, Leroy Merlin). L’automobile est également très représentée en attendant la création du groupe Fiat-Peugeot, ou la construction navale avec le rachat par le groupe Fincantieri des chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire. Car pour Denis Delespaul, ce sont surtout les sociétés à capitaux franco-italiens qui vont se sortir le plus rapidement de cette crise inédite : «Ces groupes sont sont plus forts, déjà sur le pays, mais sont généralement internationaux. Elles Ils disposent de fonds propres et de moyens plus importants qu’une société franco-française. Les PME et PMI italo-italiennes sont très exportatrices et donc très faibles quand d’un seul coup tout s’est arrêté. On sait qu’une partie va faire faillite parce qu’il va leur manquer ces fameuses liquidités.» Président de la Chambre de commerce France Italie depuis quatre ans, le Français assure que des opportunités existent même aujourd’hui de l’autre côté des Alpes : «L’Italie, c’est peut-être méconnu, est un pays industriel, incomparable à l’Espagne ou au Portugal pour les pays méditerranéens. Il y a un vrai savoir-faire dans le luxe, l’industrie mécanique de précision, le design et le mobilier, dans le nord du pays mais pas seulement. Et ces entreprises vont avoir besoin de collaboration, parce que la vraie leçon de l’après-crise, c’est que quand on est plusieurs, on est plus fort.» 

> Alliance historique et vertueuse

La Chambre de commerce France Italie compte environ 300 membres, en majorité des grands groupes mais aussi des PME. La principale région italienne d’implantation économique française est de loin la Lombardie, qui pèse 45% du total dont la majorité dans la province de Milan. Suit la région du Piémont avec le pôle de Turin (notamment Michelin, L’Oréal, Alstom…), bénéficiant de sa proximité avec la France. Également président de PNB BNP Paribas leasing solutions (leader dans le leasing et la location d’équipements professionnels en Italie, ndlr), Denis Delespaul vit dans la péninsule depuis trente ans et affirme que le pays possède de nombreux atouts : « Les Italiens sont plus à l’aise avec un Français et vice-versa, ça travaille quand même mieux, il y a plus de complémentarité. C’est une alliance historique, importante et vertueuse. Et depuis le départ des Anglais avec le Brexit, la partie sud de l’Europe, Espagne – France – Italie, devient un axe très important. » Ainsi, le Français mentionne que 30% des pièces utilisées par l’industrie automobile allemande sont fabriquées par la sous-traitance italienne. Même si le nombre d’expatriés français en Italie baisse chaque année (un peu plus de 40 000 inscrits aux consulats au 1er janvier 2020), la France était, avant la crise, le 2ème client et le 2ème fournisseur de l’Italie avec environ 80 milliards d’euros échangés chaque année, et le premier investisseur étranger dans la péninsule.

> Un club de responsabilité sociale

Denis Delespaul en est persuadé, l’avenir économique se fera selon un nouveau paradigme : « A Venise, pendant le confinement, l’eau est devenue claire comme aux Maldives ! Ce n’est qu’une image, mais qui montre combien notre industrie, notre mode de consommer, de produire, d’être dépendant de la Chine et de l’Asie, cela fait qu’il va y avoir un nouveau type de développement. A la Chambre de commerce, nous avons d’ailleurs créé un club de responsabilité sociale à la demande de nos adhérents» Il est important, dit-il encore, que l’Italie, la France et l’Europe retrouvent une certaine indépendance sur des secteurs clés comme la sécurité, la santé (un accord a notamment été signé entre la France, l’Italie et d’autres partenaires sur la recherche sanitaire) ou l’alimentation. « Plutôt que d’aller vendre des brevets à la Chine ou ailleurs, on a intérêt à se regrouper entre Européens, c’est la vraie opportunité » conclut le Français, également créateur en 2017 de la société Positive Management Way, spécialisée dans le mentoring du top management. Et si la crise du Covid n’avait servi qu’à ouvrir les esprits, ce serait déjà gagné !

Lui écrire : delespaul.denis@gmail.com

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