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Brésil : « Il y a une semaine, je voyais deux Français positifs au Covid-19 par jour »

Face à l’ampleur de la pandémie au Brésil, la médecin-conseil au consulat de Rio de Janeiro, Chantal Corcos, fait le point sur le dispositif de suivi sanitaire pour les Français.

Grégoire Mandy

Publié

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Au Brésil, où le virus est présent depuis trois mois, le bilan s’élève, à l’heure où nous écrivons, à plus de 1,2 millions de cas et 55  054 décès dus au Covid-19. Comme dans le reste du monde, les Français présents dans le pays, peuvent choisir de s’appuyer sur leur consulat. Dans le plan de soutien aux Français de l’étranger annoncé fin avril par le gouvernement, 20 millions d’euros étaient en effet consacré au déploiement d’un dispositif médical, et en particulier à la mise en place de mécanismes de télésuivi et de téléconsultation.

> La téléconsultation exceptionnellement autorisée

Au Brésil, la téléconsultation est un système très nouveau. Avant l’épidémie du Covid-19, ce mode de consultation n’était d’ailleurs pas autorisé par les lois brésiliennes. Chantal Corcos, l’un des deux médecins-conseils du consulat de Rio de Janeiro, était elle-même sceptique sur ce système.

Aujourd’hui, elle en reconnaît néanmoins les atouts même si des limitation demeurent. En effet, si, selon elle, il est impossible de prendre la tension ou le poids des patients à distance, la pratique permet cependant de diminuer grandement leur anxiété. « Les malades savent qu’ils peuvent nous appeler quand ils le veulent. Nous leur expliquons la situation, leurs symptômes, nous les avertissons des risques » explique Chantal Corcos. Ce dispositif a également permis de suivre des personnes habitant à 300 km de Rio, des Français impossibles à recevoir en consultation habituellement. Tous les jours, Chantal suit ainsi en téléconsultation de nombreux patients français infectés : « Il y a une semaine, je voyais au moins deux Français positifs au coronavirus par jour. Cela doit représenter entre 50 et 100 personnes environ ».

> Un suivi dans le temps

Depuis quelques semaines, Chantal Corcos suit principalement des résidents français au Brésil. Le consulat a informé les Français présents dans le pays sur la présence de ces médecin-conseils. « Beaucoup ne savaient pas que j’existais, ils m’ont alors appelé pour poser leurs questions » explique la médecin généraliste.

Chantal Corcos a été mandatée pour suivre ces patients tout au long de leur maladie « Je peux hospitaliser un patient, mais surtout, je le suis tout au long de sa guérison, je viens le voir à l’hôpital » raconte Chantal Corcos. Elle continue : « Si un cas de contamination est avéré, je le suis pendant une quinzaine de jours par appel vidéo en les contactant tous les jours ».

Seulement, les Français infectés ne sollicitent pas toujours le consulat : « Il y a des gens qui nous glissent entre les doigts, je ne sais pas s’ils savent que le consulat de France a ce type de dispositif » regrette Chantal Corcos. Pour les personnes hospitalisées dans le public, la médecin est cependant avertie par les services de santé brésiliens.

> Vigilance sur les assurances santé

Les assurances santé sont essentielles au Brésil et la majorité des Français résidents dans le pays sont sensibilisés à ce sujet. Ces assurances permettent de rembourser les frais d’hospitalisation et donnent accès aux établissements de santé privés, souvent mieux équipés. Depuis le début de la crise, Chantal Corcos s’assure en premier lieu de la protection santé de ses patients.  “Il faut bien vérifier. Certaines assurances de voyage ne prennent pas en charge le risque d’épidémie ! » explique la médecin généraliste. « J’aide le patient à faire accepter les frais d’hospitalisation à son assurance. Nous leur donnons des conseils, je joue parfois le rôle d’intermédiaire » raconte Chantal Corcos.

Lorsqu’une personne est hospitalisée dans un hôpital public, la généraliste lui conseille ainsi de demander à son assurance de l’envoyer vers une structure privée, plus performante, avec de bien meilleures infrastructures. « Mais si un Français est hospitalisé dans le service public sans assurance, il y restera » explique Chantal Corcos. Le patient bénéficiera tout de même du suivi médical proposé par le consulat, qui pourra également fournir des médicaments indisponibles au Brésil et, en ultime recours, mettre en place un rapatriement sanitaire.

> Un système de santé fragile au Brésil

Le rôle de conseil de Chantal Corcos est d’autant plus important que le système de santé brésilien est limité. Le Sistema Único de Saúde (SUS) permet aux Brésiliens d’accéder gratuitement aux soins. Cependant, en fonction des villes, il est plus ou moins performant : “À São Paulo ou à Rio, le système est très corrompu. Il n’offre pas de bonnes structures” explique Chantal Corcos. De plus, le nombre de lits en réanimation varie entre les états. Dans la région de l’Amazonas, au nord du pays, il y a par exemple très peu de lits.

Dans la ville de Rio cependant, des groupes privés de santé ont construit des hôpitaux de campagne à côté des urgences de la ville pour augmenter les capacités disponibles. La préfecture a également tenté de construire des hôpitaux temporaires, mais sans grand succès, selon elle.

> La crise sanitaire au Brésil aujourd’hui

Dans la ville de Rio, l’épidémie a fortement diminué. C’est à présent au nord du pays que le nombre de contaminations explose.

Au Brésil, aucun confinement national n’a été décrété. Ce sont les gouverneurs des différents états qui peuvent décider de la mise en place d’un confinement. Environ 60% de la population brésilienne a ainsi connu des mesures de confinement.

 

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