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Présidentielle américaine: une population à cran

L’hospitalisation de Donald Trump début octobre n’est que le dernier épisode d’une campagne inédite aux États-Unis, marquée par une pandémie dont personne ne voit l’issue. Français à l’étranger, en partenariat avec France Info, fait le point.

Emmanuel Langlois

Publié

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Denis Coubronne dirige une société de vins et spiritueux près de New York. Le Français reconnaît n’avoir jamais connu une telle période de tension aux États-Unis.

De Jersey City, où il habite avec son épouse, la vue embrasse tous les gratte-ciel de Manhattan, sur l’autre rive de l’Hudson river. Arrivé il y a sept ans aux États-Unis, le Français a déjà vécu de l’intérieur la campagne de la présidentielle de 2016, mais celle-ci, dit-il, n’a vraiment rien à voir:

“Les gens sont très inquiets de ce que Donald Trump va faire au soir de l’élection du 3 novembre, témoigne-t-il. Il a déjà dit plusieurs fois que s’il perdait, il ne laisserait pas le pouvoir comme ça, tranquillement. On craint que les partisans de Trump, qui sont tous armés, aillent manifester dans la rue dans un climat d’insurrection, voire de guerre civile, tant qu’on ne saura pas qui a vraiment gagné. Beaucoup d’Américains sont à cran”.

Vote par correspondance

Et cela est pris très au sérieux, d’autant qu’à longueur de tweets, le président américain a presque toujours appliqué ce qu’il avait annoncé : “Ce ne sont pas des paroles en l’air ! constate le Français. Quand il a promis que les États-Unis allaient quitter l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, il l’a fait, alors que personne n’y croyait. De toutes façons, ses supporters apprécient plus son franc-parler que la véracité de ses dires.” 

L’une des clés du scrutin, explique Denis Coubronne, sera aussi le vote par correspondance, qui pourrait apporter des voix au camp démocrate.

Mais la Poste fonctionnait déjà très mal ici, et Trump a mis à sa tête un de ses amis qui s’est empressé de retirer et démanteler 7000 machines pour que le courrier marche encore moins bien.

Une ville fantôme

Aux États-Unis, le Français est vice-président de l’un des plus gros importateurs américains de vins du Portugal. Jusqu’à l’arrivée du Covid-19, le Français n’avait pas à se plaindre de l’administration Trump pour ses affaires: “Certes, il a augmenté de 25% les taxes sur les vins européens en représailles à un conflit autour d’aides européennes versées à Airbus, mais c’est tout ce qui nous a touchés. La croissance et le climat économique étaient bons jusqu’à la pandémie. L’importance du président est d’ailleurs à relativiser dans un pays fédéral comme les États-Unis, ce sont surtout les gouverneurs qui ont la main sur les États.” 

Mais depuis le mois de mars, New York est devenue une ville fantôme et exsangue: “La plupart des magasins sont fermés par des plaques de contreplaqué graffités, observe-t-il. Les plus riches sont partis et ceux qui travaillaient à Manhattan ne sont pas revenus parce qu’ils sont en télétravail. Il n’y a plus de touristes non plus. La ville est uniquement habitée par ceux qui n’ont pas d’autre solution.”

Lui écrire : denis.coubronne@gmail.com

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