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Les nouveaux Français de l’étranger. Marie Uteau Venegas : « L’Argentine possède un grand sens du collectif »

Marie Uteau Venegas a posé ses valises il y a dix ans à Buenos Aires. Cette globe-trotteuse, très engagée dans l’associatif, souhaite impliquer les Français d’Argentine à travers des initiatives citoyennes. Originalité de sa candidature, « Collectif Solidaires », aux élections consulaires : sa tête de liste sera tournante.

Martin Rigaud-Pezzoni

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Les nouveaux Français de l’étranger. Marie Uteau Venegas : « L’Argentine possède un grand sens du collectif »

©Nadège Gaillard

« Personnellement, je ne me sens pas expatriée. Je n’aime pas ce terme, car il signifie que l’on est ‘’ex’’, que l’on est ‘’hors de tout’’. Ce qui n’est absolument pas le cas. À chaque fois que j’immigre dans un pays, je m’implique dans la vie locale ». Marie Uteau Venegas est une habituée de l’immigration, comme elle préfère l’appeler. Depuis toute petite, cette franco-chilienne voyage à travers le monde. Que ce soit au Chili, au Portugal, en Tunisie et maintenant en Argentine.

Cela va faire plus de dix ans que Marie Uteau Venegas est installée à Buenos Aires. Cette passionnée de voyage a quitté la France pour l’Argentine à la suite d’un concours de circonstance. Désireuse de reprendre ses études en santé mentale à l’étranger, la Française avait d’abord opté pour le Chili, le pays de sa mère. Face au coût de la vie chilienne, Marie Uteau Venegas s’est rabattue sur l’Argentine et son système universitaire public adapté aux expatriés. Actuellement, la trentenaire délivre des cours de français dans les écoles publiques de la ville de Buenos Aires.

En parallèle, Marie Uteau Venegas a fondé avec quelques Français d’Argentine le Collectif Solidaires. Au départ ce groupe informel proposait des activités culturelles, des rencontres politiques, des diffusions de films… « On a voulu se structurer en 2020 suite de la crise du Covid-19. Au début de la pandémie, un décret argentin obligeait les touristes français à rester cloîtré chez eux. On a décidé de leur venir en aide en proposant de faire leurs courses ou encore en les aidant à trouver un logement. Notre collectif s’appelle Solidaires car notre première activité a été cette action de solidarité envers les touristes bloqués ». Marie Uteau Venegas décrit ce Collectif comme étant de gauche, écologiste et féministe. Bien que militante France Insoumise, la jeune femme précise que nombreux sont les adhérents qui n’appartiennent à aucun parti politique. Ce groupe d’expatriés se retrouve autour de valeurs et de pratiques collectives.

Pour une démocratie citoyenne

Marie Uteau Venegas souhaite utiliser la force du Collectif Solidaires pour interpeller les députés et « faire entendre une autre voix ». La franco-chilienne souhaite faire remonter la parole des expatriés les plus précaires et des Français qui n’habitent pas forcément à la capitale Buenos Aires. C’est notamment pour cela que deux représentantes des régions de Patagonie et de Cordoba sont présentes sur la liste du Collectif. Ces Français de l’étranger voient souvent leurs problématiques « invisibilisées » par les représentants consulaires. Le Collectif Solidaires souhaite faciliter l’accès à l’information, notamment en ce qui concerne les droits. « C’est flagrant au niveau des associations. Beaucoup ne savent pas qu’elles ont le droit à une subvention annuelle pour monter leurs projets » observe Marie Uteau Venegas. Afin de compiler les différentes problématiques que pourraient rencontrer les Français d’Argentine, un questionnaire en ligne a ainsi été lancé. Les résultats sont attendus dans les prochains jours, mais la tête de liste a remarqué que les questions des retraites, de l’accès au consulat ou encore des bourses scolaires étaient récurrentes.

Marie Uteau Venegas fait remarquer que le groupement citoyen était parti du principe que le mandat sera ”collectif et rotatif”. « On a décidé d’utiliser une brèche dans la loi qui permet au représentant des Français de l’étranger de démissionner, explique-t-elle. Seule la tête de liste changera tous les deux ans, mais les décisions continuerons à être prises collectivement. L’objectif est d’apporter davantage de démocratie à un système qui laisse peu de place à la mobilisation citoyenne ». La franco-chilienne indique que sans ce modèle elle n’aurait jamais imaginé se présenter à des élections.

« Penser la politique autrement »

« Le sens du collectif, de l’engagement et du féminisme » des Argentins a immédiatement séduit Marie Uteau Venegas lors de son arrivée à Buenos Aires. La Française explique que l’engagement politique, au sens « implication dans la vie de la cité » est très fort en Argentine. Les citoyens ont un avis politique sur tout. « En Argentine, il suffit d’aller chez l’épicier pour immédiatement débattre de ce qui se passe dans le pays. Je trouve que cela c’est un peu perdu en France, c’est dommage ». Marie Uteau Venegas a également été marquée par les mouvements féministes argentins qui sont très variés, populaires, et qui se nourrissent entre eux. « Cette ambiance locale est inspirante et oblige à penser la politique autrement ». C’est d’ailleurs par conviction féministe que le Collectif Solidaires a décidé de présenter une femme comme tête de liste aux élections consulaires.

Si la trentenaire reconnaît se sentir nostalgique à chaque nouvelle expatriation, elle comble rapidement cette sensation en s’impliquant dans le bénévolat. « C’est ce qui me sert à m’intégrer et à tisser des liens avec des personnes qui me ressemblent. C’est pourquoi, dès mon arrivée, je suis allé dans un mouvement coopérativiste qui favorise un circuit de consommation court ». Le secteur associatif et social passionne la Française qui n’arrête pas de se lancer dans de nouveaux projets. Aujourd’hui, elle est bénévole dans un jardin communautaire thérapeutique à Buenos Aires. Pour elle, chaque initiative menée doit avoir un sens.

Cette expatriation en Argentine rappelle à Marie Uteau Venegas que s’engager dans la vie d’une communauté est émancipateur. « Personnellement, cela m’a vraiment donné de l’assurance. Je trouve que la migration voulue a un côté libérateur. Je me souviens de ma professeur d’anthropologie qui nous avait dit de ne pas hésiter à étudier à l’étranger car cela ouvre l’esprit. Je suis entièrement d’accord avec elle » conclut Marie Uteau Venegas.

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