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Immigration aux États-Unis : Donald Trump suspend à nouveau la loterie de la carte verte

La nouvelle est décevante pour des milliers de Français qui voulaient tenter leur chance cette année, mais pas surprenante. L’administration Trump a annoncé, ce vendredi 19 décembre, la suspension du Diversity Immigrant Visa program (DV1), le programme de délivrance de « visa diversité » par tirage au sort, autrement dit la loterie de la carte verte.

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Immigration aux États-Unis : Donald Trump suspend à nouveau la loterie de la carte verte

Officiellement, cette « mise sur pause » s’imposait pour des questions de sécurité nationale après la fusillade meurtrière sur le campus de Brown Université samedi dernier. Le suspect, un Portugais de 48 ans et ancien doctorant au département de physique de l’université, était arrivé aux États-Unis en 2017 grâce à l’obtention de la green card par la loterie (l’homme a été retrouvé mort hier à quelque 135 km au nord du campus, à Salem dans le New Hampshire. Il était soupçonné d’avoir assassiné, dans sa cavale, un professeur du MIT près de Boston). « Cet individu ignoble n’aurait jamais dû être autorisé à entrer dans notre pays », a déclaré la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, sur les réseaux sociaux, pour justifier la suspension du DV1.

La deuxième suspension en 5 ans

Chaque année début octobre, des millions de personnes dans le monde s’inscrivent à la loterie. Seules 50.000 à 55.000 d’entre-elles obtiennent le fameux sésame, des ressortissants de pays dont le taux d’immigration vers les États-Unis est bas, soit moins de 50.000 citoyens par an, comme la France.

Même si les chances de l’emporter sont très faibles – en 2023 par exemple, sur les 19.947 Français qui ont participé à la loterie, 209 seulement ont obtenu la carte verte à la fin de la procédure, soit un taux de réussite de 1.05% – , l’ouverture de la Green Card Lottery est toujours très attendue. Cette année, elle avait été retardée pour le programme DV-2027 (l’inscription se fait deux années en amont de la délivrance de la carte verte) en raison, pouvait-on lire sur le site du département d’État, de la mise à jour de la plateforme avec l’intégration d’un droit d’inscription électronique inédit de 1 dollar.

Les critiques de Donald Trump envers ce tirage au sort aléatoire sont anciennes. Lors de son premier mandat, le président républicain avait appelé le Congrès, sans succès, à supprimer la loterie après l’attaque terroriste à la camionnette-bélier dans le sud de Manhattan en octobre 2017 (8 morts et 18 blessés). Le conducteur, originaire d’Ouzbékistan, avait gagné la carte verte. En 2020, le président républicain avait réussi à suspendre le DV1 dans le cadre de restrictions plus larges sur l’immigration en pleine pandémie de covid. La mesure avait été vivement contestée devant les tribunaux – la loterie ayant été créée par le Congrès en 1990, sa suspension ou sa suppression devrait relever du pouvoir législatif – et finalement annulée par l’administration Biden l’année suivante.

L’American Dream de moins en moins accessible

Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump a fortement durci sa politique migratoire. L’été dernier, le département d’État annonçait le passage en revue de plus de 55 millions de visas, environ 6.000 accordés à des étudiants étrangers ont été depuis révoqués. Raisons invoquées ? L’éventail est large : du « soutien au terrorisme » lors des manifestations pro-palestiniennes sur les campus universitaires à la simple infraction routière. Quant aux candidats à la citoyenneté américaine, ils doivent désormais prouver qu’ils possèdent une « bonne moralité », une notion aux contours juridiques discutables.

Le mois dernier, suite à l’attaque de deux soldats de la garde nationale à Washington, les demandes d’asile et d’immigration en provenance des pays « du tiers-monde » ont été suspendues. Le suspect, un Afghan, était arrivé aux États-Unis dans le cadre de l’« Operation Allies Welcome », un programme instauré par l’administration Biden pour intégrer aux États-Unis les Afghans qui avaient aidé l’armée américaine avant son retrait du pays, il y a quatre ans. Il avait obtenu l’asile en début d’année.

Depuis, l’administration Trump a suspendu le traitement des demandes d’immigration des ressortissants d’une quarantaine de pays jugés « à haut risque ». Et en février prochain, si la mesure entre en vigueur comme prévu, les touristes provenant des 42 pays (dont la France) pouvant voyager aux États-Unis pendant 90 jours sans visa, pourraient être contraints de montrer l’historique, sur plusieurs années, de leurs réseaux sociaux et de leurs appels téléphoniques.

Pour accéder à l’American Dream, reste la solution de la « Gold Card » proposée par Donald Trump sur le site Trumpcard.gov., sorte de carte de séjour express de résident destinée aux personnes « capables d’apporter une contribution substantielle aux États-Unis » et de débourser… un million de dollars.

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