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Le savoir-faire français, un atout sur le marché de l’emploi en Australie

De l’ingénieur au boulanger, le savoir-faire français peut s’avérer un atout sur le marché de l’emploi en Australie. Tant les formations professionnelles que les compétences transversales des Français sont appréciées des recruteurs.

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Le savoir-faire français, un atout sur le marché de l'emploi en Australie
Cet article fait partie du dossier Australie, terre d'opportunités : 5/12

Avec un taux de chômage aux alentours de 4,5 %, le marché de l’emploi en Australie est extrêmement dynamique. Les opportunités pour les professionnels français désireux de décrocher un emploi aux antipodes sont au rendez-vous.

Emplois à cols blancs

Pascale Toussat, qui a fondé l’agence de recrutement « HR à la carte » à Melbourne, après 20 ans d’expérience en ressources humaines, explique que les diplômés d’écoles de commerce ou d’ingénieurs sont très recherchés en Australie. Elle cite notamment les entreprises de services, comme le consulting, ou les entreprises d’ingénierie, comme dans l’aéronautique, la construction, la technologie, la transition écologique. Sur le marché de ces emplois dits « white collars » (à « cols blancs »), la durée et l’exigence du cursus français jouent en faveur des candidats, assure-t-elle. Le niveau d’études est perçu comme bien supérieur aux standards locaux, à tel point que les recruteurs estiment pouvoir « demander plus à des candidats français », avance Mme Toussat.

Emplois à cols bleus

Corinne Bot, fondatrice et PDG du groupe de ressources humaines Polyglot Group, pointe aussi que des métiers manuels, dits « blue collar » ou à « cols bleus », comme les plombiers, les électriciens ou les ouvriers de la construction, sont également des profils très prisés. Ces filières peuvent en outre permettre de décrocher des visas, pointe-t-elle.

Artisanat français

Tous les métiers de l’artisanat français sont aussi très recherchés dans l’hôtellerie et l’industrie agroalimentaire en Australie. « Il y a de la demande pour les compétences rurales de la France, comme les vignerons, les fromagers, les boulangers, les métiers de bouche », assure aussi Mme Toussat. « La qualité de la cuisine française est très demandée puisqu’en France on a quand même cette forte renommée au niveau gastronomique », souligne-t-elle. Elle insiste sur le fait que, dans la restauration en particulier, la demande est « très forte ». « Les boulangers, on n’en trouve pas, donc moi je conseille toujours aux gens qui veulent venir en Australie de faire boulanger et ils trouveront du travail directement », encourage-t-elle.

L’écueil des équivalences

En revanche, elle note qu’il y a des compétences qui sont moins transférables, comme en médecine, kinésithérapie ou comptabilité, par exemple. « Même si les diplômes sont là, dans certains secteurs les candidats doivent réétudier les standards du pays pour obtenir des équivalences », met en garde la spécialiste.

Esprit critique et vue globale

Mme Bot salue par ailleurs le fait que les compétences transversales inhérentes aux Français s’avèrent être des atouts sur le marché du travail australien, notamment l’esprit critique et une vision plus globale. « Un ingénieur australien va être plus pointu techniquement mais ne va pas savoir faire un budget ou de la gestion. Alors que les Français sont généralistes », décrit-elle. Elle nuance toutefois que le défi principal des Français à l’arrivée reste souvent la maîtrise suffisante de l’anglais.

Gare au « Tall Poppy Syndrome »

Les deux expertes s’accordent à penser que posséder le bon diplôme ou le bon savoir-faire ne fait pas tout. Pour s’intégrer durablement sur le marché de l’emploi en Australie, les candidats français doivent s’adapter à la culture d’entreprise australienne. Toutes deux dispensent des formations interculturelles et insistent notamment sur le « Tall Poppy Syndrome » propre à la culture australienne, sorte de pression sociale qui décourage de se mettre en avant ou de se vanter. « Pour les gens qui viennent ici, c’est très important de ne pas penser qu’ils sont sortis de la cuisse de Jupiter. Cela ne veut pas dire se rabaisser, mais faire preuve d’humilité, savoir s’autocritiquer et se remettre en question », conseille Mme Bot.

La bonne attitude

Elle pointe que venir travailler en Australie n’est pas « pour tout le monde », car au-delà du profil professionnel, c’est une question d’attitude et d’état d’esprit : « Si vous venez ici et que vous comparez tout à la France, ça ne va pas le faire. Il faut être curieux, agile et prêt à repartir en arrière d’un point de vue carrière. Mais si vous êtes bon, que vous le voulez et que vous avez la bonne attitude, vous irez très loin », promet-elle.

Dossier Australie - Septembre 2026
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