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Golden visas : des passeports pas toujours en or

Dans un contexte géopolitique chahuté, une soixantaine de pays, soit près du tiers de la planète, proposent à de riches expatriés d’obtenir une nouvelle résidence ou une nationalité contre des sommes allant de quelques milliers à plusieurs millions d’euros.

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En cas de crise majeure, comme une guerre, mieux vaut disposer de deux ou davantage de passeports pour multiplier les points de chute. « Légalement, un passeport ne peut pas être vendu, corrige toutefois Dominic Volek, responsable du département clientèle privée au cabinet de conseil britannique en immigration d’investissement Henley & Partners. Les gouvernements accordent la citoyenneté ou des droits de résidence dans le cadre de programmes juridiques clairement définis, généralement en échange de contributions économiques importantes telles que des investissements, la création d’emplois ou des financements publics. »

Pour bénéficier de ces programmes (appelés « citoyenneté par investissement » (CBI) ou « résidence par investissement » (RBI), les candidats doivent se soumettre à des vérifications rigoureuses, à des contrôles de conformité et à des procédures juridiques avant d’être approuvés, après quoi ils peuvent prétendre à la citoyenneté au même titre que les autres citoyens naturalisés.

Les prix, eux, vont d’un peu moins de 5 000 euros pour un visa temporaire au Honduras à 6,7 millions d’euros pour Singapour. « De plus en plus, les pays se font concurrence pour attirer les investissements directs étrangers, les talents entrepreneuriaux et les capitaux mobiles à l’échelle mondiale, observe M. Volek. La demande a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie. »

Dominik Volek : « De plus en plus, les pays se font concurrence pour attirer les investissements directs étrangers. »

Cadre juridique solide

Loin d’être une activité marginale, la migration par investissement contribue aujourd’hui à des flux de capitaux de plusieurs milliards de dollars et soutient les stratégies nationales de développement. La demande ne porte pas tant sur les « nationalités » en elles-mêmes que sur les programmes offrant un cadre juridique solide, une stabilité politique et une valeur à long terme.

Ainsi, au cours des douze derniers mois, les programmes les plus prisés auprès de Henley & Partners ont été les suivants :

1 – Portugal (résidence)

2 – Grèce (résidence)

3 – Malte (citoyenneté au mérite)

4 – Grenade (citoyenneté)

5 – Saint-Kitts-et-Nevis (citoyenneté)

6 – Antigua-et-Barbuda (citoyenneté)

7 – Nouvelle-Zélande (résidence)

8 – Costa Rica (résidence)

9 – Lettonie (résidence).

La valeur perçue d’une nationalité dépend d’une multitude de facteurs, notamment le contexte géopolitique, l’accès à la mobilité, la puissance économique et la gouvernance. « Ce qui est considéré comme « sûr » peut également changer rapidement, détaille M. Volek. Par exemple, pendant la pandémie de Covid-19, des destinations traditionnellement stables ont été confrontées à des perturbations importantes, tandis que d’autres régions se sont révélées plus résilientes. »

De même, les tensions géopolitiques, les risques environnementaux ou les guerres et conflits peuvent faire évoluer les perceptions au fil du temps. En un an, la demande a ainsi augmenté de près de 30 % dans le cabinet. C’est précisément pour cette raison que de nombreuses personnes recherchent l’optionalité : non pas la dépendance à l’égard d’une seule juridiction, mais l’accès à plusieurs environnements offrant une flexibilité à mesure que la situation mondiale évolue.

Avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, même les Américains ont désormais recours à ces dispositifs. Par ailleurs, aux Etats-Unis toujours, le « golden visa » lancé par le président américain fait d’ailleurs un flop. Un seul exemplaire de sa « gold card » à un million de dollars a été délivré depuis son lancement mi-septembre dernier !  Annoncé en juin, ce visa permanent pour les Etats-Unis à destination des étrangers fortunés était initialement proposé à cinq millions de dollars. Même cinq fois moins cher, il ne trouve guère preneur.

Des pays à éviter

Mais alors, comment identifier les arnaques, comme ces visas vendus à prix d’or par des pays confettis mais qui n’offrent aucun avantage à leurs détenteurs ? C’est une question importante, surtout compte tenu de la confusion qui règne entre les programmes légitimes et les activités illégales.

« L’approche la plus sûre consiste à travailler uniquement avec des cabinets de conseil établis et réputés, conseille M. Volek, s’assurer que le programme s’inscrit dans un cadre officiel agréé par le gouvernement, vérifier que des procédures complètes de diligence raisonnable et de conformité sont en place et éviter toute proposition suggérant des raccourcis ou des approbations garanties. »

Ainsi, certains pays sont à éviter comme les Comores ou le Cambodge, où le processus est opaque, très cher (1 à 3 millions de dollars désormais), sans bénéfices clairs en termes de mobilité. Le Vanuatu est également à proscrire après la suspension de l’accès sans visa à l’espace Schengen par l’Union européenne.

La Dominique et Sainte-Lucie sont aussi à éviter. Ces pays offrent des programmes CBI populaires mais sont désormais sous forte pression de l’Union européenne et des États-Unis avec un risque de restrictions futures (visas réintroduits) et une surveillance accrue sur les bénéficiaires. Enfin, pour des risques évidents d’instabilité, Haïti, la Syrie et la Libye sont aussi à effacer de votre liste.

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