Etudier et travailler
Enseigner à l’étranger : une carrière ouverte sur le monde
Chaque année, plus de 1 200 postes d’enseignants sont à pourvoir hors de France via le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger et de la Mission laïque française. Conditions d’accès, calendrier de recrutement, détachement, rémunération et perspectives de carrière : enseigner à l’international s’anticipe, mais offre une expérience professionnelle et humaine unique, parfois pour toute une vie.
Chaque année, les opportunités sont nombreuses pour les enseignants français qui souhaitent s’expatrier. Le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger ouvre environ 450 postes dans le premier degré et 600 dans le second degré. À cela s’ajoutent près de 150 postes proposés par la Mission laïque française et d’autres partenaires.
Mais partir enseigner à l’étranger ne s’improvise pas.
Anticiper son projet de mobilité
En amont, les enseignants peuvent bénéficier d’un accompagnement avec un professionnel des ressources humaines de leur académie d’origine afin d’examiner le projet de mobilité, les forces mais aussi les besoins par rapport au poste envisagé.
Certains critères doivent ainsi être réunis avant de se lancer dans un projet de mobilité. Il n’est ainsi pas possible d’être détaché en début de carrière : les enseignants doivent être titulaires et justifier de trois années de services effectifs.
Par ailleurs, dans certains cas, une formation en amont de la mobilité peut être nécessaire, comme le certificat d’aptitude à participer à l’enseignement français à l’étranger, qui permet d’acquérir certaines compétences comme la pratique des langues étrangères, la compréhension de l’environnement international et la capacité à interagir avec des élèves dans un contexte de plurilinguisme.
« Nous recherchons des enseignants capables de s’adapter et de comprendre l’environnement culturel dans lequel ils vont évoluer. Nos établissements accueillent de nombreux élèves locaux : intégrer la culture du pays dans sa pratique pédagogique et maîtriser plusieurs langues est essentiel », précise Jean-Marc Merriaux, directeur général du réseau mlfmonde – Mission laïque française.
Un calendrier précis
Une fois ces conditions remplies, les candidats peuvent postuler selon un calendrier précis. Pour l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, les publications de postes se font sur le site de l’AEFE et ceux des établissements dès la mi-juillet pour la liste indicative des postes, puis début septembre pour la liste définitive.
Côté Mission laïque, le dépôt de dossiers en ligne se fait de septembre à décembre, puis les candidats peuvent formuler leurs vœux en janvier-février. « Nous avons une totale autonomie de recrutement », prévient Jean-Marc Merriaux, directeur de la Mission laïque. « Nous comptons chaque année entre 20 et 25 % de détachés et beaucoup de recrutements en contrat local ».
Le processus est direct : entretiens avec le chef d’établissement et les équipes pédagogiques, puis lettre d’embauche en cas d’acceptation. Munis de ce document, les enseignants peuvent solliciter leur autorisation de détachement auprès de leur direction académique.
Conditions et perspectives de carrière
À l’étranger, les enseignants détachés bénéficient de la rémunération qu’ils avaient en France et peuvent aussi obtenir des primes en plus selon le pays où ils sont détachés, notamment dans les pays où la vie est plus chère.
Depuis 2018, la durée maximale d’un détachement est fixée à six ans. Beaucoup choisissent d’effectuer un cycle de six ans à l’étranger, de revenir ensuite en France avant de repartir. Ceux qui souhaitent construire une carrière internationale sur le long terme peuvent également opter pour un contrat local : ils restent titulaires, mais ne sont plus rattachés à l’Éducation nationale.
Une expérience de vie
Qu’elle soit temporaire ou durable, l’expérience internationale transforme souvent une trajectoire professionnelle et personnelle. C’est le cas de Thomas Robertson, professeur d’anglais au collège Paul Daudet au Maroc depuis huit ans. « J’ai d’abord travaillé en tant qu’assistant en Pologne avant de passer mon CAPES d’anglais à trente ans. J’ai enseigné cinq ans en France avant de partir au Congo, avec ma femme, pour un premier détachement. Lorsqu’un nouvel établissement s’est ouvert au Maroc, nous avons saisi l’opportunité », raconte le professeur d’anglais.
Installé depuis huit ans, il n’est pas concerné par la limitation de durée instaurée en 2018. Les enseignants déjà en poste à l’étranger avant cette date n’étant pas concernés par la limitation de durée des détachements.
« Au début, on partait à l’étranger pour le dépaysement quand nous étions plus jeunes, mais nous sommes maintenant installés au Maroc. Mes enfants y ont grandi, c’est devenu notre pays, nous y sommes chez nous », résume Thomas Robertson.
- Les Palmes de l’EFE célèbrent l’engagement du réseau scolaire français dans le monde
- L’International French School (Singapore) remporte un prestigieux prix mondial de l’éducation sous le haut patronage du Président de la République française.
- Trois questions à Samantha Cazebonne
- Scolariser ses enfants en école française, un choix stratégique ?
- Guide gratuit à télécharger : Éducation, scolariser ses enfants à l’étranger
-
Vie pratiqueil y a 2 semainesGuide gratuit à télécharger : Éducation, scolariser ses enfants à l’étranger
-
Etudier et travailleril y a 3 semainesScolariser ses enfants en école française, un choix stratégique ?
-
Etudier et travailleril y a 2 semainesScolarité en école internationale : « Mon fils est le seul français dans son établissement »
-
Etudier et travailleril y a 2 semainesL’instruction en famille à l’étranger, un accompagnement de tous les instants
-
Vie pratiqueil y a 2 joursDéclaration de revenus 2025 pour les non-résidents : mode d’emploi et nouveautés
-
Actualités économiquesil y a 3 semainesLa Finlande veut faire venir les pros de la tech
-
Vie pratiqueil y a 1 semaineL’édition 2026 du guide des victimes françaises à l’étranger est en ligne
-
Etudier et travailleril y a 3 semainesErasmus+ : ils partent découvrir le monde dès l’école maternelle
