Suivez nous sur

Destinations au banc d'essai

Je me lance en Australie, mode d’emploi pour entreprendre

Les Français qui se sont lancés dans l’entrepreneuriat en Australie sont unanimes : il est relativement aisé de fonder une société dans le pays, d’autant plus que plusieurs relais sont sur place pour épauler les candidats. Mode d’emploi avec la podcasteuse Marie Carillon du « Business Mum Compass ».

Publié

le

Je me lance en Australie, mode d'emploi pour entreprendre
Cet article fait partie du dossier Australie, terre d'opportunités : [not set]/12

Marie Carillon est installée depuis plus de dix ans en Australie, et fait désormais partie de l’assemblée générale de la chambre de commerce de Bondi à Sydney. Longtemps employée à temps plein dans le secteur des développements de logiciels, elle a fondé deux sociétés comme activité parallèle, avant de créer son propre emploi en tant qu’indépendante (« sole trader »). Elle a lancé le podcast « The Business Mum Compass », ouvert son propre studio d’enregistrement, et offre des services de coaching d’entrepreneurs, principalement à destination des mères de famille qui souhaitent réorienter leur carrière.

Un environnement favorable à l’entrepreneuriat

L’entrepreneuriat ne lui avait jamais traversé l’esprit en France, mais en Australie elle a pu constater le succès de ceux qui tentaient l’aventure. « J’ai quand même vu beaucoup plus d’opportunités d’entrepreneuriat qu’en France. J’ai l’impression qu’il y a plus de facilités à créer un business en termes de structure et de bureaucratie ici », explique-t-elle.

Elle assure qu’établir une société est relativement simple et à portée de tout le monde (à condition de disposer de la résidence australienne ou d’un visa qui le permet, NDLR) : « Tu vas sur le site du gouvernement (Australian Business Register), tu crées ton Australian Business Number, ça te prend trois minutes […] c’est super simple et easy. Si tu penses que tu générer plus de 70 000 dollars de profit à l’année, tu enregistres la société pour payer la TVA (Goods and Services Tax (GST), en anglais) », résume-t-elle.

Résilience et réseautage : les clés du succès

Pour autant, elle ne cache pas que la réalité financière au début peut être difficile et nécessiter de faire preuve de résilience. « C’est compliqué de passer d’un super salaire de salarié à zéro pendant des mois. Le problème, c’est l’incertitude : il y a des mois au fil desquels tu vas te faire de l’argent et des mois où tu n’as rien du tout », met-elle en garde. « Quand tu rentres dans l’entrepreneuriat à un moment donné, tu réalises que tous les plans que tu envisageais ne vont pas forcément aboutir », ajoute-t-elle.

Pour ceux qui s’inquiètent du syndrome de l’imposteur, notamment en étant francophone dans la sphère anglo-saxonne, Marie assure que « c’est notre différence qui fait notre charme ». « Des fois, tu crois partir avec un handicap, mais des fois tu pars aussi avec un avantage.  Le syndrome de l’imposteur sera toujours là. Le seul moyen de créer sa confiance en soi, c’est d’y aller et de passer à l’action », avise-t-elle.

Elle note aussi l’importance du réseautage en Australie, invitant à s’entourer d’autres entrepreneurs. Elle suggère de tirer parti du soutien que sont des « personnes comme toi, qui galèrent ou sont déjà peut-être un pas en avant, mais qui vont t’aider à grandir ». « Je sais que c’est dur quand tu ne parles pas vraiment la langue, mais surtout n’hésite pas à te mêler avec les Australiens, parce qu’ils ont de l’expérience et peuvent t’aider. Les gens ici sont OK pour t’aider », assure-t-elle.

Visa et statut : attention aux conditions

Si les autorités australiennes encouragent la création d’entreprises, elles pointent toutefois que cela demande une gestion financière rigoureuse avec du capital suffisant, une séparation des finances personnelles et professionnelles, et une maîtrise des coûts.  Les statistiques montrent que seulement un tiers des petites entreprises survivent au-delà de trois ans. Le gouvernement australien met de nombreuses ressources à disposition pour accompagner les entrepreneurs.

Créer une entreprise en Australie en tant qu’étranger nécessite en outre de disposer d’un visa autorisant l’exercice d’une activité commerciale — ce qui exclut de nombreux visas courants comme le visa vacances-travail.  La résidence permanente donne le droit d’entreprendre librement, mais elle s’obtient généralement après une étape intermédiaire avec un visa provisoire. Il est donc indispensable de vérifier les conditions de son visa auprès des autorités avant de se lancer.

Un écosystème franco-australien bien rodé

Pour les entrepreneurs français qui souhaitent s’établir en Australie, il existe un écosystème d’accompagnement très actif via la Team France Export en Australie – qui réunit le Service économique régional de l’Ambassade, Business France, la Chambre de commerce et d’industrie franco-australienne (FACCI), La French Tech, FACET (French-Australian Centre for Energy Transition) et les Conseillers du commerce extérieur.

La FACCI en particulier peut être un accélérateur d’implantation grâce à des études de marché et la mise en relation avec des partenaires et prospects locaux. Elle facilite aussi des services pratiques comme la domiciliation, la location de bureaux, le soutien pour les visas, le recrutement, l’expertise légale et fiscale, ainsi que des services de traduction, à des prix compétitifs aussi pour les plus petites structures.

Le dispositif de volontariat international en entreprise (VIE) géré par Business France permet aussi de « tester le marché » durant un ou deux ans à moindre coût, car ces contrats sont exonérés des taxes locales d’emploi. Un jeune professionnel (entre 18 et 28 ans) peut venir en Australie pour développer l’activité sur ce nouveau marché, bénéficier du soutien administratif de Business France, et éventuellement être installé dans les bureaux de la chambre de commerce si nécessaire. Ce qui en fait une option particulièrement avantageuse financièrement pour les entrepreneurs français souhaitant évaluer le marché australien.

C’est un dispositif « solide et très intéressant » pour les entreprises qui souhaitent aborder le marché australien, fait valoir Jérôme Fournand, directeur général de la FACCI. Il constitue une excellente « première étape pour mettre un pied dans le pays, enquêter sur le marché et commencer à développer des affaires, et ce, sans subir la lourdeur juridique et administrative qu’implique la création d’une filiale ou d’une structure sur place », explique-t-il. Il résume que c’est un « formidable outil tant d’un point de vue humain et d’un point de vue industriel et économique ».

Dossier Australie - Septembre 2026
Lire la suite
Publicité
Cliquer pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

Tendance

Français à l'étranger

GRATUIT
VOIR