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En Italie, ces Français achètent des maisons… à 1 euro

Depuis que ce dispositif a été mis en place en 2008, les maisons à 1 euro séduisent bien au-delà des frontières italiennes. À Gangi et Mussomeli, ces ventes symboliques ont permis de redonner vie à des centres historiques désertés.

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En Italie, ces Français achètent des maisons… à 1 euro

Lorsque Lila Desjardins, 66 ans, a voulu devenir propriétaire, elle ne s’imaginait pas habiter un jour en Sicile, et encore moins pour seulement 1 euro. « On m’a parlé d’un reportage qui passait à la télévision sur des maisons à 1 euro en Italie. On présentait deux communes. J’ai appelé la première, mais je n’ai pas eu de retour. Alors j’ai appelé la deuxième, celle de Gangi, qui était présentée à la fin du reportage comme un exemple. » Un exemple, car en 2014, la commune fut l’une des premières en Italie à lancer ce dispositif.

Depuis plusieurs années, ce petit village perché sur les hauteurs de la Sicile, avec une vue spectaculaire sur l’Etna, voyait les rues anciennes de son centre historique se vider et les commerces baisser le rideau. Même constat à 82 kilomètres de là, à Mussomeli, dans la province de Caltanissetta. Perché à 750 mètres d’altitude, le village s’inquiétait lui aussi de voir ses logements se vider progressivement.

« Par le passé, on a construit bien au-delà des besoins réels en matière de logement. Par exemple, les parents construisaient des maisons pour leurs enfants, mais ceux-ci décidaient ensuite de s’installer ailleurs, laissant de fait le bien inoccupé », relate Gianluca Nigrelli, maire de Mussomeli. Ces maisons délaissées représentent également un coût pour leurs propriétaires, notamment en raison de la fiscalité plus élevée appliquée aux résidences secondaires.

Autre cause de cette désertion : l’installation progressive des habitants dans de nouveaux quartiers, composés de maisons plus modernes et offrant davantage de confort.

A Mussolemi, en Sicille, plus de 400 maisons vendues

Sur le modèle de Gangi, qui rencontrait les mêmes problématiques et dont les premiers retours étaient très positifs, la municipalité de Mussomeli s’est lancée à son tour dans le dispositif en 2017. Depuis, Gianluca Nigrelli se dit très satisfait des résultats. « Au début, on a eu du mal à convaincre les propriétaire. Mais maintenant, il y a eu plus 500 maisons vendues, une fréquentation touristique en hausse de 900 %, d’importantes retombées économiques pour les professionnels du tourisme et du bâtiment, ainsi que de nombreux nouveaux résidents provenant pratiquement de tous les continents. »

Bien sûr, ces maisons ne coûtent pas réellement un euro. Si elles sont pour la plupart habitables, elles nécessitent des travaux, obligatoires à réaliser dans l’année suivant l’achat. Lorsque Lila Desjardins  acheté en 2018 sa maison à 1 euro, il s’agissait d’« une maison de village, donc on a un rez-de-chaussée  et ensuite on a trois niveaux, avec une pièce par niveau. Ce qui fait environ 100 m² pour un peu moins de 50 000 euros. » Mais de telles occasions se font aujourd’hui plus rares.  « Dans le village, il ne reste pas beaucoup de maison à 1 euro. Ou alors très délabrées. Par contre, on trouve des maisons à 5 000 euros qui sont tout à fait correctes et habitables. »

Si certaines communes imposent aux acquéreurs d’habiter sur place une partie de l’année ou d’y exercer une activité professionnelle, ce n’est pas le cas de toutes les villes. À Gangi, ce sont d’ailleurs principalement des expatriés qui ont racheté des maisons.

« On va dire que c’est moitié-moitié », nuance Lila Desjardins. « Il y a des Italiens du nord de l’Italie, il y a nous, et dans notre cercle d’amis maintenant, il y a des Allemands, des Américains, des Belges, des Hongrois… C’est vraiment très, très international. »

Loin de déranger les habitants, cette arrivée de nouveaux propriétaires étrangers a, selon elle, été accueillie à bras ouverts. « On nous attend souvent avec impatience. Surtout que les Siciliens vivent beaucoup dehors, donc ils ont l’habitude de prendre l’apéritif avec nous. »

« En revitalisant les centres anciens, on lutte aussi contre les logements vacants »

À Mussomeli aussi, l’arrivée de nombreux expatriés ne semble pas avoir posé de problème. « Au contraire, insiste Gianluca Nigrelli. Ce phénomène contribue à faire connaître nos traditions et notre culture à travers le monde. »

Élue maire de Peyruis en mars 2026, Lila Desjardins souhaite désormais s’inspirer de cette expérience pour sa commune de 2 800 habitants, située dans les Alpes-de-Haute-Provence, qui doit prochainement être jumelée avec Gangi.

« On est dans la même situation, avec des centres anciens qui se vident et qu’il faudrait revitaliser. Alors, peut-être qu’à un euro, ça ne marchera pas, mais peut-être plutôt avec des prix très attractifs. En revitalisant les centres anciens, on lutte aussi contre les logements vacants. »

Pour plus de renseignements, consulter le site maison à 1 euro.

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