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Destinations au banc d'essai

L’incroyable ascension du Petit Poucet du Moyen-Orient

Comment le petit pays désertique du golfe Persique d’à peine quelques centaines de milliers d’habitants est-il devenu un eldorado et une puissance internationale incontournable aujourd’hui ? Retour sur une success story entamée du temps du protectorat britannique, et qui ne se dément pas depuis. Comme l’a montré récemment la crise en Afghanistan, Doha est devenue une plaque tournante incontournable de la négociation diplomatique internationale.

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L’incroyable ascension du Petit Poucet du Moyen-Orient

Le Qatar a une longue histoire depuis les premiers peuplements, il y a 50 000 ans. Les plus importants sites de l’âge du bronze sont concentrés dans le secteur d’Al Khor, sur la côte ouest du pays, ainsi que dans la pénin- sule de Ras Abrouq, à l’ouest. Comme tous les pays de la région, le Qatar, de la taille de l’Île-de-France, est structuré depuis des millénaires par des tribus. Il a connu de nombreuses influences (assyrienne, grecque, perse, chrétienne, musulmane, turque et britannique). Les principales références au Qatar se retrouvent après 1602, lorsque les Portugais perdent Bahreïn au profit des Safavides. Ils ont alors utilisé le Qatar comme base pour taxer les mar- chands voyageant dans le Golfe. Une famille locale, les Al Thani, s’impose progressivement. On la retrouve régulière- ment aux commandes, jusqu’à aujourd’hui.

À cette époque, le Golfe était une des voies les plus importante pour le commerce international vers le sud de l’Arabie , l’Afrique de l’Est, l’Inde et la Chine, en parallèle à la voie de la mer Rouge, avant même l’avènement de l’Islam. L’un des changements majeurs du XVIIe siècle est la disparition de presque toute la population portugaise au profit de marchands venant des Pays-Bas, de France et d’Angleterre. La rivalité s’accroît encore au cours du XVIIe siècle, pour aboutir à un quasi-mono- pole britannique au début du XIXe siècle ; une situation marquant les fondements de l’histoire moderne du Qatar.

Transport des épices

Bien que dévoilant de nouveaux bâtiments futuristes chaque jour ou presque, en particulier à quelques semaines du Mondial 2022 de football, le Qatar est un pays regorgeant de traditions qui font partie intégrante de la vie des habitants. « À Doha, les visiteurs qui prendront le temps de s’attarder pourront découvrir des endroits authentiques derrière les gratte-ciel du front de mer, comme le Souq Waqif, s’enthousiasme Laurent Milliasseau, direc- teur de la restauration et des boissons au Alwadi Hotel Doha – MGallery Collection, un établissement de 200 chambres dans le centre-ville. C’est la genèse de Doha. Toutes les familles avaient leur petit stand dans le souk et vendaient des épices pour les exporter en Angleterre. Tout a commencé ici.» Le décor d’un des restaurants de l’hôtel raconte d’ailleurs ce riche passé de l’émirat, explique Lucille Georget, chargée du marketing et de la communication: « On a les bouteilles bleues qui représentent le transport des épices à l’époque de la colo- nisation par la Grande-Bretagne. »

Une image de modernité

La péninsule du Qatar n’apparaît en réalité sur les cartes marines européennes que dans la première moitié du XIXe siècle. La découverte de pétrole à la fin des années trente (les premières gouttes d’or noir sortent du puits de Dukhan en 1939) et plus encore de gaz, au début des années soixante- dix, ont ensuite transformé le Qatar. Il est aujourd’hui l’un des dix pays les plus riches au monde. Lorsque le protectorat britannique s’achève dans le Golfe, le Qatar prend son envol. En 1971, il proclame son indépendance et renonce à s’associer aux autres émirats (qui vont devenir les Émirats arabes unis). L’année 1974 voit la naissance de Qatar Petroleum, aujourd’hui Qatar Energy. Les AlThani vont se succéder au pouvoir. À la suite des investissements liés au gaz du début des années quatre-vingt-dix, ils mettent en place les institutions pivots à la modernisation du pays – à commencer par Qatar Airways puis la Fondation pour l’éducation, les sciences et le développement communautaire du Qatar, fondée par S.A.Hamad ben Khalifa Al Thani, émir du Qatar jusqu’en 2013, et présidée par son épouse S.A. Moza bint Nasser. En 2008, en pleine période de prospérité, le pays adopte la Qatar National Vision 2030, feuille de route stratégique définissant les conditions de sa modernisa- tion tout en préservant ses traditions, et en exigeant la mise en place des conditions d’un développement durable capable d’assurer une vie décente aux générations présentes et futures.

Une transformation impressionnante

Très vite la famille régnante a souhaité préparer l’avenir en multipliant les investissements, à la fois pour trans- former la physionomie du pays et pour garantir d’autres sources de revenus en prévision de la diminution inévitable des ressources énergétiques. Au tra- vers de cette transformation, le Qatar est également devenu une destination touristique florissante. Quant au musée d’Art islamique, il présente ses remarquables collections dans un écrin futuriste posé sur les eaux turquoise du golfe Persique. La transformation de Doha en capitale ultramoderne de plus de 2 millions d’habitants a été – et continue d’être – impressionnante. La skyline évolue de façon stupéfiante avec de nouveaux gratte-ciel qui forment le paysage. Certains font partie de la signature architecturale du Qatar, comme la Doha Tower de Jean Nouvel, la Tornado Tower reconnaissable à sa forme de sablier et, récemment, le siège de Qatar Energy à l’entrée de West Bay, ensemble d’immeubles construits par Bouygues. On retrouve ce parti pris de modernité avec le spectaculaire Centre national des congrès dont la façade est soutenue par une sculpture de l’arbre Sidra.

Une puissance à part entière

Sous tutelle étrangère pendant de nombreuses années, le pays entend aujourd’hui devenir une puissance à part entière et se lance des paris audacieux : miser sur le gaz naturel liquéfié (GNL) plutôt que sur le pétrole, diversifier son économie en s’appuyant sur un soft power surprenant et ériger le pays au rang de puissance internationale avec, en figure de proue, le très ambitieux plan Qatar National Vision 2030. « Il y a cinquante ans, ce pays, c’était un désert. Le Qatar s’est rapidement développé grâce à l’or noir mais réfléchit aujourd’hui à l’après-pétrole, explique Thierry Couderc, directeur durant plus de quatre ans du métro de Doha, car on sait bien, ici, qu’un jour, on n’aura plus la possibilité de pro- duire autant d’hydrocarbures et de gaz. » Quarante stations, 75 kilomètres de voie, entièrement automatique, le Qatar a dépensé 3 milliards de dollars pour son métro, un bijou technologique. Une myriade de sociétés ont participé à sa construction, notamment le Français Vinci. Les rames sont japonaises. L’exploitation a été confiée à la RATP et Keolis. Petit à petit, le Qatar cherche ainsi à rejoindre les standards poli- tiques internationaux et à faire évoluer ses lois historiques. Un exemple récent parmi tant d’autres : la vice-présidente du Conseil de la choura (le parlement qatari) est désormais une femme, Dr Hamda bint Hassan Al Sulaiti.

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