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Indonésie : les promesses économiques de l’archipel

Avec une croissance autour de 5 % depuis plus de 25 ans, une population de plus de 280 millions d’habitants, l’archipel indonésien, première puissance économique de l’Asean, ne manque pas d’atouts. Si les grands groupes se défendent bien, les PME sont encore frileuses à aborder ce marché prometteur mais difficile d’accès.

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Indonésie : les promesses économiques de l'archipel
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« Le vrai problème avec l’Indonésie, c’est la méconnaissance de ce pays en France et les idées reçues qu’il véhicule », s’agace Pierre-Marie Relcom, à la tête de Relecom Partners, consultant en développement international. « Je viens dans ce pays tous les mois depuis 2015. Et je dis à tous mes clients en France : venez ! » Les quelque 250 entreprises françaises, principalement des filiales d’entreprises, sur place l’ont bien compris. Les géants du CAC 40 en tête, avec entre autres Danone, AXA, Michelin, L’Oréal qui y a notamment depuis plus de 10 ans sa plus grande usine au monde.

« Aujourd’hui, les investissements français en Indonésie sont principalement tirés par le secteur de la défense », observe Lucas Mascarade, avocat au sein du cabinet DS Avocats à Jakarta en partenariat avec le cabinet local AYMP. L’Indonésie, désormais le 2ᵉ client de la France en matière d’armement dans la zone Asie-Pacifique (après l’Inde), s’impose donc comme un terrain de jeu privilégié pour nos fleurons tricolores. En 2022, Dassault Aviation y a signé la vente de 42 Rafale dont le premier devrait être livré en janvier 2026, et Airbus la livraison de deux avions A400M. En 2023, Thales vendait 13 radars de pointe GM 400 de surveillance aérienne. Un an plus tard, au printemps 2024, Naval Group annonçait la vente de deux sous-marins Scorpène, dont 30 % de la valeur du contrat reviendra au chantier local PT PAL à Surabaya, à l’est de Java.

« C’est une bonne nouvelle pour les grands groupes de l’industrie mais aussi pour les sous-traitants qui vont être entraînés dans leur sillage », observe l’avocat français. Ce renforcement du partenariat de défense s’inscrit plus largement dans un approfondissement des relations entre la France et l’Indonésie à l’occasion du 75ᵉ anniversaire des relations diplomatiques. En mai 2025, le président français Emmanuel Macron a effectué une visite d’État en Indonésie, la première d’un président français dans l’archipel depuis celle de Nicolas Sarkozy en 2011. Quelques mois plus tard, c’est le président indonésien Prabowo Subianto, élu en février mais officiellement au pouvoir depuis octobre 2024, qui était l’invité d’honneur lors du défilé du 14 juillet 2025.

Si ces visites sont aussi l’occasion d’appuyer les relations économiques, en identifiant des secteurs comme l’agriculture ou l’industrie portuaire dans lesquels le savoir-faire des entreprises françaises est recherché, les incertitudes demeurent encore liées à la transition politique. « Suite à l’arrivée au pouvoir en octobre 2025 du président Prabowo, il y a encore des incertitudes sur les futures équipes à venir et les lignes directrices », tempère Lucas Mascarade.

Si les opportunités sont là, le marché n’en reste pas moins difficile d’accès. « Tout prend du temps, il y a de nombreuses contraintes réglementaires, des secteurs qui ne sont pas forcément ouverts aux entreprises étrangères et un capital minimum pour les investisseurs étrangers élevé », observe Sébastien Gautier, directeur associé chez Mazars et également président de la Chambre de commerce et d’industrie franco-indonésienne à Jakarta. Néanmoins, les success stories tricolores existent ! « Nous avons de belles réussites aussi bien chez les grands groupes comme Danone ou L’Oréal mais aussi du côté des start-up », rassure le président de la chambre de commerce. « Je pense notamment à Alodokter, une plateforme de santé numérique fondée en 2014 à Jakarta par Nathanael Faibis, ou encore Online Pajak, une plateforme de gestion fiscale et comptable. »

Selon Sébastien Gautier, l’une des clés n’est pas d’aborder le marché indonésien dans sa vision macro, mais plutôt de trouver un secteur niche et surtout de trouver un partenaire indonésien. Un dernier point partagé également par l’avocat Lucas Mascarade. « Même si la réglementation permet d’être indépendant, une implantation requiert de trouver un partenaire indonésien et de prendre le temps de cultiver cette relation », souligne-t-il. « Car il faut toujours garder en tête que la culture indonésienne des affaires se joue sur le temps long. » À bons entendeurs !

>> Danantara, le nouveau fonds souverain indonésien

En février 2025, le gouvernement a annoncé la création de Danantara (Daya Anagata Nusantara Investment Management Agency), son deuxième fonds souverain, avec pour objectif de gérer, restructurer et optimiser les actifs des entreprises publiques (SOEs) indonésiennes. En bref, le nouveau bras économique du président Prabowo Subianto pour renforcer les géants publics indonésiens et renforcer les investissements étrangers. Ce fonds, qui vise à détenir près de 800 milliards d’euros, devra s’imposer entre autres pour faciliter les investissements étrangers en s’imposant comme un guichet centralisé. Mais à ce stade, les incertitudes demeurent concernant la gouvernance, la transparence et les risques de conflits d’intérêts en raison d’une trop grande proximité avec l’exécutif.

Dossier ASEAN Sud - Décembre 2025
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