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L’AFE a 70 ans !

Nathalie Laville

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Cette semaine, l’Assemblée des Français de l’étranger fêtait ses 70 ans ! L’occasion pour ses conseillers de célébrer dignement cet événement au Quai d’Orsay, en compagnie du ministre Jean-Baptiste Lemoyne.

Pour l’occasion, le président de l’AFE, Marc Villard, a prononcé un discours que vous pouvez lire ci-dessous :

« Il y a 21 ans, presque jour pour jour, le 28 septembre 1998, le Président Jacques Chirac, recevait à l’Élysée les élus au Conseil Supérieur des Français pour en célébrer le cinquantenaire.
Aujourd’hui jour de Deuil National la Nation lui rend hommage et afin de nous associer à cet hommage je vous propose quelques instants de recueillement.

Merci.

Nous sommes réunis aujourd’hui, dans ce lieu chargé de symbole qu’est l’Hôtel du Ministre de l’Europe et des Affaires Étrangères, et je remercie Monsieur le Ministre d’avoir accepté d’accueillir cette célébration, pour célébrer les 70 ans de la représentation non-parlementaire des Français de l’Étranger.
Merci Monsieur le ministre, Cher Jean Baptiste, d’être ici ce soir, vous avez la tache ingrate d’être notre ministre de tutelle, nous ne vous épargnons pas. je ferai peut être exception ce soir puisque nous sommes ici chez vous.

Quelques esprits, férus de calcul mental, ou ayant en tête quelques dates historiques nous ont fait remarquer que de 1948 à 2019 il n’y avait pas 70 ans mais 71.
Certes, mais si le Conseil Supérieur des Français de l’Etranger a bien été conçu en 1948 le 7 juillet pour être précis, il n’a effectivement vu le jour que 18 mois plus tard grâce à l’arrêté ministériel du 10 décembre 1949, qui organisait les premières élections, arrêté signé par Robert Schuman.

Je vous disais à l’instant que ce lieu était chargé de symboles en voilà un, nous nous trouvons aujourd’hui à deux pas du salon où, quelques mois après avoir permis la naissance du CSFE, le 9 Mai 1950, Robert Schuman prononçait sa déclaration, considéré comme l’acte fondateur de la construction européenne…
Je ne m’étendrai pas plus longuement sur l’historique de cette représentation non-parlementaire des Français de l’Étranger, vous en avez déjà eu un aperçu grâce la magnifique rétrospective réalisée par notre collègue Jean Louis Mainguy qui a aussi réalisé à notre intention un court métrage que nous verrons tout à l’heure.

Parce que nous aimons la France, nous la voulons puissante, reconnue, rayonnante, en un mot présente dans le monde.

C’est par ces quelques mots que Jacques Chirac débutait son allocution lors de la réception donnée à l’occasion du cinquantenaire du Conseil Supérieur des Français de l’étranger.
Mesdames et messieurs, cette ambition, nombreux sont ceux qui la portent, et je suis sur que nous la partageons tous ici.

A ce stade je voudrais adresser des remerciements personnels à deux personnes sans qui je n’aurai pas le plaisir ce soir- ou un autre Conseiller Consulaire d’ailleurs- de prendre ici la parole en tant que Président de l’AFE.

Ces remerciements vont au Président Laurent Fabius, qui, alors qu’il était Ministre des Affaires Étrangères a lancé et mené à bien la réforme de cette représentation, et à Madame la Ministre, aujourd’hui vice-présidente du sénat, Hélène Conway, appelée affectueusement la ‘’Maman de la réforme ‘’ par Laurent Fabius lors de la réception qui a suivi l’ouverture de notre 21e session en Octobre 2014. Entre autre changement, et j’y reviendrai tout à l ‘heure, cette réforme a permis que notre assemblée, jusqu’alors présidée par le Ministre des Affaires Étrangères soit présidée par un élu.

Bien évidemment mes remerciements vont aussi vers vous mes chers collègues qui m’avaient élu…
Je souhaite également vous remercier au nom de tous mes collègues Mesdames et Messieurs les parlementaires qui nous avaient fait le plaisir d’accepter notre invitation ce soir, invitation dont l’intitulé précisant représentation non parlementaire aurait pu vous rebuter.

Vous remercier, car cette représentation, simplement consultative, a besoin de vous, pour que ces ‘’remontées de terrain’’ venues des Conseillers Consulaires, ces analyses et propositions qu’en tire, par le travail de ses commission notre assemblée, puissent être défendues devant vos deux assemblées et devenir des propositions législatives. Chacun à notre place nous devons continuer à développer des synergies au bénéfice de nos compatriotes à l’étranger.

Remerciements également à, vous tous, Mesdames et Messieurs, qui acceptaient les invitations de nos commissions, qui prenaient en compte nos suggestions, avec qui nous avons la possibilité d’échanger, d’acquérir de nouvelles connaissances, et à qui nous espérons nos expériences de terrain apportent un plus dans l’exercice de vos responsabilités.

Et bien sur merci à l’a DFAE et au Secrétariat Général de l’AFE, nos interlocuteurs au quotidien sans qui nous ne saurions travailler, et à qui nous demandons beaucoup. Je profite de l’occasion cher Jean Baptiste pour te suggérer de leur donner un peu plus de moyen.

Un anniversaire c’est l’occasion de regarder le passé, et l’avenir.

Rassurez-vous je ne vais pas remonter le fil du temps depuis la naissance du CSFE. Je voudrais simplement partager avec vous quelques réflexions sur ces cinq dernières années, réflexions qui pourront peut-être nourrir celles de celles et ceux qui pensent au devenir de cette représentation…Et je m’empresse de préciser que ces réflexions sont personnelles.

Il y a quelques mois nous parlions beaucoup de réforme de cette représentation non-parlementaire…et il m’a toujours semblé qu’ il était prématurée de vouloir réformer après ci peu de temps d’exercice, qu’il valait mieux prendre le temps d’un bilan et améliorer l’existant.

Un point me semble cependant important et c’est à mes yeux une des faiblesses essentielles du dispositif à laquelle je regrette que l’on n’ait pas remédié jusqu’à maintenant : l’absence de liens ‘’organiques’’ entre les Conseillers Consulaires et les Conseillers AFE. L’ensemble des Conseillers Consulaire, qui n’a pas, contrairement à l’AFE, d’appui administratif ni d’organisation propre, est laissé à lui-même ce qui fait naitre un sentiment d’abandon et de frustration. Un maillage institutionnel, organisé, entre les Conseillers Consulaires et les Conseillers AFE donnerait plus de cohésion, d’efficacité à cette représentation.
Il a aussi était beaucoup question de supprimer l’AFE, d’en faire une sorte d’assemblée à l’image e celle des maires de France….

Il ne fait pas oublier que l’AFE est la seule instance où sont abordés de façon transversale tous les sujets qui concernent nos compatriotes. Et je reprends les termes employés ce matin par Mme Haguenauer, Directrice de la DFAE : « L’Assemblée des Français de l’étranger est une extraordinaire boite à idée pour nourrir la réflexion sur l’action consulaire », propos dont je la remercie.

Cette Assemblée a été pour moi, comme certainement beaucoup d’entre vous mes chers collègues, et continue à être une excellente école de formation, où nous avons beaucoup appris avant de pouvoir partager ces connaissances et venir en aide à nos compatriotes. Il serait dommage de s’en priver. Et sans vouloir paraître présomptueux je crois qu’elle apporte aussi à nos interlocuteurs.

Notre expérience du terrain, notre connaissance des communautés nous permettent de mesurer l’impact des mesures prises dans divers domaine, fiscalité, protection sociale, éducation, bourses scolaires, d’en témoigner et de faire des recommandations.

Et je citerai à nouveau le Président Jacques Chirac parlant des Français de l’étranger car je pense que ces mots peuvent, sans en changer un seul, s’appliquer aux Conseillers Consulaires.

Les rencontrer c’est saisir de l’intérieur la réalité d’un pays, c’est immédiatement comprendre le terrain.
Qui le connaît mieux en effet que celle ou celui qui veut participer à son essor, qui cherche à implanter son entreprise, à la développer, à développer ses activités économiques, scientifiques, culturelles, humanitaires, celui qui veut tout simplement y vivre, scolariser ses enfants. Oui, vous écouter c’est prendre en quelque sorte le poul du monde.

Un mot sur les moyens attribués à cette représentation. La dématérialisation progressive des procédures administratives, incluant jusqu’à l’accueil dans nos consulats, laisse beaucoup de nos compatriotes désemparés, souvent les plus âgés, les plus démunis.

La dématérialisation ne se traduit pas, comme on nous l’avait promis, par une plus grande disponibilité envers nos compatriotes mais par une déshumanisation des rapports avec l’administration…
Ce n’est pas un plate-forme, qui expliquera à une personne âgée comment remplir la case 8TM de sa déclaration d’impôts, ( ce n’est d’ailleurs pas plus un agent consulaire qui le fera ) ce n’est pas une plate-forme qui aura le temps, la patience de décortiquer un dossier de retraite et de faire les démarches nécessaires pour rétablir des versements interrompus depuis plusieurs mois…et je remercie d’ailleurs celles et ceux d’entre vous qui à la DINR, à la CNAV, dans les caisses complémentaires nous aident à régler ces problèmes.

Si l’on veut que les Conseillers Consulaires, puissent, non pas seuls mais avec les associations, pallier cette déshumanisation il faut leur donner les moyens d’exercer leur mandat. Moyens matériels bien sur qui leur permettent entre-autre d’aller à la rencontre des communautés établies loin des postes consulaires, mais également les compétences nécessaires. Sur ce point je reste persuadé qu’un maillage entre les Conseillers Consulaires et les Conseillers AFE permettrait un partage et une transmission des connaissances.

J’en arrêterai là et ne voyez pas dans ces réflexions un cahier de doléance mais des pistes pour une amélioration, un renforcement de cette représentation non-parlementaire dont j’ai l’honneur et le bonheur de faire partie et qui, comme à beaucoup d’entre vous chers collègues j’en suis sur, m’a beaucoup apporté et à qui j’espère j’ai pu apporter un peu. J’emprunterai pour conclure une autre phrase de l’intervention de Jacques Chirac qui 21ans après n’a rien perdu de son actualité :

Qu’il s’agisse de la sécurité des personnes, de la protection des biens, de l’assistance aux plus démunis…il n’est pas un aspect de la vie de nos concitoyens à l’étranger qui ne bénéficient de vos soins vigilants.
Au fond, un mot justifie à lui seul votre action, c’est celui de solidarité. Cette solidarité qui soude notre communauté nationale et qui doit naturellement s’étendre à tous les nôtres installés au-delà de nos frontières. Une solidarité qui ne laisse aucun Français au bord du chemin.

Je vous remercie »

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