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Les nouveaux Français de l’étranger : Caroline Laporte : « Je suis une femme de terrain »

A 45 ans, Caroline Laporte est une mère de deux enfants installée à Bruxelles. Candidate aux élections consulaire, la Française s’engage depuis longtemps pour la communauté française de Belgique et fait de la fiscalité, de l’enseignement et du handicap ses priorités.

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C’est en 2000 que Caroline Laporte décide de quitter sa société implantée à Paris pour se lancer dans l’aventure de l’expatriation. La Française part alors pour Bruxelles, ville dans laquelle elle aura ses deux enfants et où elle vit encore aujourd’hui. Arrivée en Belgique, elle dut rechercher du travail. Cela ne fut pas une mince affaire, étant donné qu’elle ne parlait pas le néerlandais. Elle passa alors un concours du Selor ( le bureau de sélection de l’administration fédérale ) et fut ainsi nommée à la fonction publique belge. Elle rejoignit plus tard la commission communautaire française puis un cabinet politique belge qui lui permit de travailler au Sénat belge ou encore à la coopération de développement.

Aujourd’hui, Caroline Laporte évolue dans le secteur médical en tant que responsable de développement et sale manager d’une société spécialisée en implantologie dentaire. Son parcours très riche et diversifié ainsi que son expertise du système institutionnel belge lui vaudront de devenir la première Française élue conseillère municipale sur une commune de Bruxelles, à Ixelles, en 2006. Elle sera ensuite réélue en 2012 puis 2018. Ces expériences lui auront permis d’enrichir sa maitrise des institutions belges, expertise qu’elle sut tout de  suite mettre au service de la communauté française de Belgique.

> Représenter tous les Français

En 2014, Caroline Laporte se porte candidate aux élections consulaires et est élue comme conseillère indépendante sur la liste Français d’ici, entourée de femmes et d’hommes issus de la société civile. « A l’époque, je voulais déjà une liste composée de femmes et d’hommes issus de la société civile avec des expertises variées. Les personnes retraitées ont leurs propres problématiques, tout comme les étudiants, les indépendants, nos jeunes entrepreneurs etc. Il ne faut pas que la représentativité française en Belgique soit réduite à des Français qui résident à Bruxelles et qui seraient lotis autour des institutions européennes. Les Français en Belgique sont partout, en région francophone, en région néerlandophone, il faut savoir tous les représenter. Pour cela, il faut connaitre les réglementations qui sont très différentes d’une région à une autre »explique la candidate.

> La société belge en avance sur certaines questions

Dans la perspective d’un potentiel nouveau mandat, Caroline Laporte et sa liste souhaiteraient appliquer le principe d’égalité à plusieurs thématiques. Parmi elles, on retrouve notamment la fiscalité avec la suppression de la taxation de l’habitation principale en France, l’enseignement français avec l’application du principe d’égalité de la gratuité de l’enseignement pour tous les Français ou encore la couverture sociale. Elle témoigne : « Je pense que la génération d’aujourd’hui s’expatrie pour d’autres raisons que la fiscalité, l’handicap ou la retraite par exemple. J’ai pu en être témoin en visitant des maisons de repos notamment. Je me demandais pourquoi avions-nous tant de Français du côté frontalier qui venaient s’installer ici. Il s’avère que l’approche belge est moins psychanalytique qu’en France, les coûts ne sont pas les mêmes non plus et on a un rapport humain très différent sur le plan sociétal. C’est le cas pour les questions d’euthanasie, de mariage pour tous ou même des retraités. Sur ce plan-là, la Belgique est un bel exemple ».

> Des élections très politisées

A travers ses précédentes fonctions au sein des institutions belges, Caroline Laporte assurait  déjà, en quelque sorte, le rôle d’élue consulaire auprès de la communauté française de Belgique. «  Au sein du conseil, on me demandait souvent « Caroline, qu’en est-il de la voirie, quid des permis, quid d’autre chose ? » Et c’est normal. Nous sommes régis par une juridiction belge avec des mesures qui sont différentes. Pour maîtriser et comprendre cela, il faut être à l’intérieur des organes. Me présenter aux élections consulaires était à mon sens une continuité de mon travail. Cela représentait une  complémentarité de mes compétences mais signifiait aussi de partager mes savoir-faire. Etre conseiller consulaire c’est être au service de ses compatriotes. Je continuerai mon engagement et mon travail auprès de mes concitoyens demain, élue ou non. Mon travail n’a pas débuté avec la campagne électorale et ne s’arrêtera pas quand cette dernière s’achèvera. Je trouve cela regrettable de voir une répétition générale des élections présidentielles. Nous sommes vraiment hors champ consulaire avec parfois des programmes qui sont irréalisables pour certains. Je veux bien entendre que le contexte national ressurgit, mais j’ai l’impression qu’on ne s’intéresse aux Français de l’étranger que pendant les échéances électorales. Comme les régionales et les présidentielles sont proches, j’ai l’impression qu’on confond tout, et cela m’attriste » regrette la candidate.

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