Vie pratique
Où placer son épargne une fois à l’étranger ?
Entre placements locaux, solutions internationales et investissements conservés dans l’Hexagone, voici quelques clés pour bâtir une stratégie adaptée à son horizon de vie, à son retour éventuel en France et à ses objectifs patrimoniaux.
Quitter la France ne signifie pas repartir de zéro en matière de patrimoine. Si certains produits comme les comptes-titres ordinaires ou l’assurance-vie peuvent être conservés, d’autres, tels que les livrets réglementés ou le PEA, sont fortement encadrés ou interdits pour les non-résidents fiscaux.
Le choix de l’enveloppe d’investissement (assurance-vie, compte-titres, immobilier ou société de détention) n’est pas anodin : il influence directement la fiscalité applicable selon le pays de résidence. De même, le pays d’accueil peut modifier le niveau d’imposition sur les revenus du capital, les dividendes ou les plus-values.
Une assurance-vie en Irlande
Chaque État possède sa propre législation et il est crucial de comprendre les conventions fiscales signées entre la France et la plupart des pays étrangers afin d’éviter une double imposition.
« On peut soit ouvrir un compte-titres ou une assurance-vie à l’étranger, notamment au Luxembourg, en Suisse ou en Irlande, suggère Louis Beaucamp, responsable éditorial & communication chez Prosper Conseil, soit investir en Bourse, notamment aux États-Unis. Enfin, on peut se diriger vers des Exchange Traded Funds (ETF). »
Souvent appelés trackers et cotés en continu, ces fonds indiciels répliquent la performance d’un indice boursier. C’est l’offre la plus compétitive, assure l’expert. Ouverts via un compte-titres chez un courtier en ligne, ils permettent d’investir facilement dans des paniers d’actions mondiales avec de faibles frais.
Faire valider sa résidence fiscale
Ceux qui choisissent de conserver leur contrat d’assurance-vie en France peuvent, eux, bénéficier d’un crédit d’impôt en cas de taxation à la source sur les dividendes en France.
« Si elle est plus avantageuse, il suffit alors de faire valoir la convention fiscale avec le pays où l’on vit », avance un conseiller.
L’enjeu majeur est de faire valider définitivement, en respectant tous les critères, sa résidence fiscale. Mais ce processus prend facilement un ou deux ans à cause du décalage avec la future déclaration.
« La rentabilité est proportionnelle au risque, résume Édouard Ulrich, du cabinet de gestion de patrimoine AS & Associés. Le Portugal, par exemple, a été pendant des années un eldorado fiscal pour les Français. Mais aujourd’hui, la vie n’est plus aussi rose qu’avant. Des expatriés ont investi puis sont repartis. Et gérer depuis la France un bien immobilier au Portugal, ce n’est pas forcément très aisé. En revanche, détenir un contrat d’assurance-vie en France quand on vit à New York, ce n’est pas gênant du tout. »
Mais si vous rapatriez en France des revenus provenant des États-Unis, vous devrez payer le différentiel.
Brésil et Chine
Investir à l’étranger suppose toutefois une bonne connaissance des règles locales et des risques spécifiques à chaque marché. Il est souvent préférable de détenir des actifs internationaux via des structures réglementées en Europe.
Mais quand le marché français va mal, posséder un bien immobilier dans une région en bonne santé économique peut s’avérer rassurant. Des pays comme le Brésil ou la Chine sont en pleine expansion : investir sur ces marchés est parfois plus risqué, mais peut assurer un meilleur rendement.
Conteneurs et cheptel bovin argentin
« Je reste perplexe face aux placements exotiques, tels que les diamants, les cryptomonnaies, les conteneurs ou le cheptel bovin en Argentine, par exemple, met toutefois en garde Édouard Binet, conseiller en gestion de patrimoine à Lyon. Il existe suffisamment d’opportunités de qualité, validées par l’Autorité des marchés financiers (AMF) en France, pour bâtir un patrimoine pertinent dans un cadre sécurisé. »
Une villa sur l’île Maurice
Il y a quelques années, un nouveau profil, les HENRYs, est apparu, acronyme de High Earners, Not Rich Yet, c’est-à-dire « hauts revenus, mais pas encore riches ». Devenus les chouchous des gestionnaires de patrimoine, leur principal défi consiste à convertir leur capacité de gains en richesse durable grâce à une stratégie d’épargne, d’investissement et d’optimisation fiscale.
Certains d’entre eux misent sur l’immobilier, comme dans le domaine d’Anbalaba, dans le sud-ouest de l’île Maurice, où des appartements et des villas offrent à leurs propriétaires la possibilité de générer des revenus attractifs tout en profitant de leur logement quand ils le souhaitent.
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