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L’assurance-vie luxembourgeoise est-elle vraiment faite pour vous ?

Davantage sécurisée et plus souple que les autres contrats européens, ce placement financier premium ne s’adresse qu’aux épargnants les plus fortunés.

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L’assurance-vie luxembourgeoise est-elle vraiment faite pour vous ?
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Souvent présentée comme le « nec plus ultra » en matière de protection patrimoniale, en particulier pour les expatriés, l’assurance-vie luxembourgeoise n’est pas adaptée à tous les épargnants. L’ouverture d’un contrat commence généralement par une analyse patrimoniale approfondie. Cette étape permet de déterminer les objectifs poursuivis : préparation de la retraite, diversification financière, optimisation successorale, protection du patrimoine ou encore accompagnement d’une mobilité internationale.

Un excellent outil bancaire

Aujourd’hui affiché autour de 250 000 euros, ce ticket d’entrée élevé pourrait toutefois être revu à la baisse. La fintech Yomoni a en effet lancé cet été une nouvelle offre disponible dès 50 000 euros. Ce placement n’en reste pas moins un excellent outil bancaire pour ceux à qui il est vraiment destiné.

« Ces contrats sont plus sécurisés que les assurances-vie traditionnelles, affirme Ivan Wallaert, gestionnaire de patrimoine au sein du cabinet WSI Conseil à Paris. Si la compagnie d’assurance est en difficulté, vous serez le premier à venir récupérer votre argent. En France, vous passerez en dernier, après les actionnaires, les salariés et l’État. »

Une garantie sans limite

Autre avantage : au Grand-Duché, les avoirs des clients ne sont pas déposés au sein de la compagnie d’assurance elle-même, mais dans une banque externe. C’est ce qu’on appelle le « super-privilège », qui s’inscrit dans un triangle de sécurité entre l’assureur, la banque dépositaire et le CAA (Commissariat aux assurances).

« Ce système offre une garantie et une sécurité maximales en matière de dépôt, abonde Joachim Savigny, du cabinet de conseil Cheval Blanc Patrimoine. En France, les garanties sont plafonnées à 70 000 € en cas de défaut. Au Luxembourg, c’est sans limite. C’est infiniment plus solide. »

Le contrat luxembourgeois offre également une très forte protection juridique.

Des contrats multidevises

Autre atout du contrat luxembourgeois : l’univers d’investissement est beaucoup plus large que dans une assurance-vie classique.

« Vous pouvez y inclure, par exemple, des fonds de “private equity”, poursuit M. Wallaert, ou des investissements dans des sociétés non cotées, avec à la clé une grande décorrélation du portefeuille par rapport aux marchés financiers. »

« Les contrats luxembourgeois permettent une flexibilité infinie, ou presque, confirme M. Savigny. Ils sont multidevises, multizones géographiques ; on peut même investir dans des actions ou des matières premières… »

Les rendements, eux, sont parfois moins attractifs que ceux des meilleurs contrats français. Conçus pour des patrimoines importants, ces contrats réclament aussi souvent une gestion et une ingénierie plus complexes.

Tout sauf des lingots d’or

« La particularité, résume Cyril Jarnias, expert en gestion de patrimoine international, c’est qu’on peut tout y loger, à l’exception des lingots d’or ! Vous pouvez même créer vos propres fonds communs de placement (FCP), c’est d’une souplesse énorme ! »

Pour un non-résident, l’intérêt numéro un de l’assurance-vie luxembourgeoise est qu’elle s’adapte à la résidence fiscale du souscripteur. En clair, le contrat est soumis à la fiscalité du pays où vit l’assuré. Le Luxembourg ne prélèvera donc aucune taxe en cas de retrait. Si un client ouvre son contrat à Paris puis s’installe en Italie, à Dubaï ou à Singapour, l’enveloppe bascule instantanément sous la fiscalité de son nouveau pays, sans rupture ni recomposition. Charge à l’assuré de le déclarer lui-même.

Des frais plus élevés

« Les contrats luxembourgeois sont par ailleurs exclus du champ de la loi Sapin II, explique M. Savigny. Elle stipule qu’en France, en cas de crise financière grave, l’État peut geler les capitaux et bloquer les retraits, ce qui n’existe pas au Luxembourg, quelles que soient les conditions de marché. »

Ce dispositif n’a jamais été activé à ce jour en France, mais les clients préfèrent écarter totalement ce risque. Pour les familles dont les héritiers résident dans plusieurs pays, le contrat luxembourgeois s’articule également plus efficacement avec les conventions fiscales internationales.

Au chapitre des inconvénients, citons des frais souvent plus élevés que ceux d’une bonne assurance-vie française en ligne.

« Tout va dépendre de la cupidité de l’intermédiaire financier qui va ouvrir le contrat », admet M. Wallaert.

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