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Eures-T-Grande Région : informer et conseiller les frontaliers

Durant deux mois, le Journal des Français à l’étranger vous propose un grand dossier sur les nombreux aspects des échanges frontaliers. Aujourd’hui, entretien avec Nicolas Brizard, coordonnateur du réseau Eures-T-Grande Région à Pôle emploi Grand Est et Jürgen Becker directeur de Pôle Emploi Sarreguemines.

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Jurgen becker

Français à l’étranger (FAE) : Qu’est-ce que Eures-T-Grande Région ? Quel est votre rôle ?

Nicolas Brizard (N.B) : Il s’agit d’une plateforme partenariale mise en place en 1993 sous l’impulsion de la Commission européenne et des partenaires sociaux. Elle a été créée pour informer et conseiller les frontaliers amenés à travailler de l’autre côté de la frontière.

À l’époque de la création d’Eures-T-Grande Région, il y avait un projet économique transfrontalier, le Pôle européen développement, qui existe encore aujourd’hui, sur un espace franco-belgo-luxembourgeois au nord du département de la Meurthe-et-Moselle.

On y retrouve des organisations syndicales, patronales, les services publics de l’emploi (Pôle emploi et homologues) et les autorités politiques des territoires. Au départ il existait deux partenariats, l’un franco-belgo-luxembourgeois et l’autre similaire sur le Saar-Lor-Lux[1]. Ces deux entités ont été fusionnées en 2015 pour devenir Eures-T-Grande Région, la plateforme telle qu’on la connaît aujourd’hui. Notre rôle consiste à coordonner cette plateforme de coopération sur une thématique commune qui est l’emploi transfrontalier.

Jürgen Becker (J.B) : J’ajouterais également que nous sommes au cœur de l’Europe pour plusieurs raisons telles que la zone géographique qui correspond en partie aux pays fondateurs de l’Union européenne, une forte activité et un flux transfrontalier important.

FAE : Quelles actions menez-vous ?

N.B : Elles sont basées sur une stratégie qui est arrêtée collectivement et sur l’intermédiation entre offres et demandeurs d’emploi. Une fois par an ou tous les deux ans, nous avons un programme d’activité qui est déposé et validé auprès des services de la Commission européenne dans le cadre du programme Eures Transfrontalier. Nous bénéficions à ce titre d’un co-financement.

Les activités opérationnelles sont diverses et s’apparentent aussi bien à un accompagnement de process de recrutement pour les entreprises, qu’à du coaching pour les demandeurs d’emploi, ou encore des prestations sur les techniques de recherche d’emploi de l’autre côté de la frontière. Nous travaillons dans une dimension extraterritoriale qui nous permet, par effet de levier budgétaire, de développer une offre de service dédiée.

J.B : Nos actions visent à rassembler d’un côté les activités des partenaires, à donner une stratégie  commune et sa mise en œuvre. Nous réfléchissons et échangeons régulièrement sur les enjeux en termes d’emploi frontalier pour la Grande Région.

FAE : Comment mettez-vous en place votre stratégie ?

N.B : La connaissance commune du marché de l’emploi et des besoins de main-d’œuvre est essentielle. En vue de l’exercice 2022/2023, nous suivons une stratégie validée par le partenariat et nous attendons l’acceptation de la Commission européenne.

Pour toutes les actions que nous menons, le prérequis est une connaissance partagée des besoins de main-d’œuvre. Aujourd’hui, les marchés de l’emploi sont de plus en plus intégrés et interdépendants les uns des autres.

J.B : Les partenaires doivent pouvoir partager cette vision pour communiquer dans ce sens sur leur territoire et avec les organismes hors partenariat.

FAE : Des secteurs d’activités se démarquent-ils ?

N.B : Il faut noter que lors de la crise financière de 2008, les économies de l’ensemble des territoires de la Grande Région ont été fortement secouées. Cependant, tous les territoires ne sont pas sortis au même rythme de ces turbulences. C’est en 2017 que nous avons pu constater une reprise sur les marchés de l’emploi de la Grande Région. Jusque-là le marché de l’emploi était atone avec peu d’offres et beaucoup de demandeurs d’emploi. Mais à partir de 2018, nous avons noté un rééquilibrage des marchés, des besoins de mains-d’œuvre fort sur l’ensemble des territoires.

Au niveau de la Grande Région, les grands secteurs qui recrutent le plus sont la santé et l’action sociale, la maintenance, la mécanique et le travail des métaux, et le bâtiment et travaux publics. D’une manière générale, tous les secteurs sont en recherche de main d’œuvre.

J.B : En effet, pour revenir sur la chronologie, de 2011-2012 jusqu’à 2017, ce sont essentiellement les marchés luxembourgeois et allemand qui ont recruté alors que nous constations des problèmes de chômage sur les autres territoires. Entre 2017 et 2018 les marchés ont commencé à se rééquilibrer, et depuis 2019 nous notons une forte demande de main-d’œuvre. Des secteurs ont été identifiés comme ayant un besoin fort de main-d’œuvre. C’est le cas de l’industrie, l’hôtellerie et restauration, la logistique, la santé et le soins.

FAE : Quel est le niveau de formation requis ?

N.B : De façon générale, la tendance va vers de bons niveaux de qualification. Nous recherchons, lorsque cela est possible, la double certification. Ceci permet, lorsqu’on forme des demandeurs d’emploi, qu’ils puissent accéder à un poste d’un côté ou de l’autre de la frontière.

J.B : Lorsque nous parlons d’emploi qualifié, cela ne sous-entend pas un niveau universitaire. C’est le cas des ouvriers de production, avec des métiers qui évoluent vers plus de qualification. Autre exemple, nous notons un gros besoin de chauffeurs poids lourd, avec un manque de candidats qualifiés.

FAE : Quels sont les prochains enjeux ?

N.B : L’un des grands enjeux à venir est la neutralité carbone, notamment la décarbonation des économies. Il s’agit notamment d’un objectif d’ici à 2050 pour la Commission européenne et les États membres. Cela a un impact très fort sur le territoire et notamment le territoire industriel. La Sarre et la Lorraine sont très fortement impactées spécialement par le secteur de l’automobile, avec beaucoup d’usines et d’entreprises liées à ce marché impacté par la fin programmée du moteur thermique.

La question est de savoir comment on accompagne les processus déjà engagés, et de quelles façons nous pourrons anticiper les besoins des filières émergentes. L’hydrogène en est une parfaite illustration.

J.B : effectivement, les mutations économiques en lien avec l’hydrogène ouvrent à de nombreux projets transfrontaliers. Naturellement, nous essayons de les accompagner puisque les besoins de main-d’œuvre sont là.

[1]Grand-Duché de Luxembourg, en France la région Lorraine avec les départements de la Moselle, Meurthe-et-Moselle et de la Meuse, en Allemagne la Sarre et la Rhénanie-Palatinat et en Belgique la région wallonne, la Communauté française et la Communauté germanophone

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