Etudier et travailler
Visas étudiants étrangers : la volte-face de l’Australie
C’est officiel : le secteur de l’éducation australien sera autorisé à recruter l’an prochain 295 000 étudiants étrangers et non 270 000 comme annoncé encore cet été.
On reste toutefois encore loin des plus de 577 000 accordés par les autorités du pays pour l’année 2022-2023 (derniers chiffres disponibles). « C’est une immigration très choisie, observe Élise Léger, élue à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) et installée à Sydney depuis une dizaine d’années. Ainsi, les étudiants étrangers doivent apporter de la richesse au pays et l’Australie entend former les gens dont elle a besoin et de la façon dont elle le souhaite. C’est une main d’œuvre qualifiée et qui sera déjà sur place. »
C’est au Parti travailliste local, désormais au pouvoir en Australie, que l’on doit ce rétropédalage. Lors de la campagne pour les élections législatives de mai dernier, ses candidats avaient en effet promis des coupes claires dans les effectifs d’étudiants étrangers admis en Australie, au motif que certains viendraient uniquement pour profiter du système et surtout pas pour étudier. Ils accusaient même les étudiants étrangers de participer à la crise du logement dans le pays. Dès leur arrivée aux affaires, les travaillistes ont donc renoncé à cette mesure polémique.
Des visas étudiants trois fois plus chers

Elise Léger à Sydney : ” L’Australie applique une immigration très choisie. ”
Le Group of Eight (Go8) qui regroupe les huit universités australiennes les plus impliquées dans la recherche, s’était ému de cette annonce, inquiet de voir s’envoler l’importante manne financière des inscriptions d’étudiants étrangers, jusqu’à 30 000 euros l’année en Master. Les Australiens ou résidents permanents paient eux deux à trois fois moins cher. Quant au tarif du visa étudiant lui-même, il a presque triplé en deux ans, passant de 400 euros en 2023 à plus de 1 000 euros aujourd’hui. Élise Léger a elle-même passé un doctorat à son arrivée en Australie. « A partir du collège, il y a un système d’écoles publiques sélectives qui ne répondent pas à la carte scolaire, détaille-t-elle, et où la très grande majorité des élèves sont des enfants d’immigrés, notamment chinois ou indiens mais aussi français. »
On estime à environ 4 000 le nombre d’étudiants français admis l’an dernier en Australie. Les données officielles montrent que les étudiants étrangers ont rapporté environ 25,5 milliards d’euros à l’économie de l’Australie en 2023, année durant laquelle ils ont contribué pour plus de la moitié à la croissance de l’économie du pays, derrière le secteur minier. « En Australie, les universités sont semi-publiques, détaille la Française. Elles reçoivent peu d’aide de l’État fédéral et s’autofinancent largement. Elles négocient chaque année avec les autorités pour accueillir davantage d’étudiants étrangers afin d’équilibrer leur budget. Grâce à ce modèle historique, les universités australiennes sont très actives et reconnues en matière de recherche. Elles ont beaucoup d’enseignants-chercheurs. C’est un soft power pour l’Australie. » L’université du New South Wales (UNSW) à Sydney est ainsi régulièrement classée parmi les vingt meilleures au monde.
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