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Récit d’un Français au Cambodge en partance vers Paris

Quentin Dixmier, bloqué depuis plusieurs jours au Cambodge, a réussi à obtenir une place sur le vol organisé le 26 mars par le ministère français des affaires étrangères de Phnom Penh vers Paris. Le jeune Français raconte son périple.

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16h02 mon téléphone sonne enfin, je m’empresse de répondre. A l’autre bout de la ligne une employée de l’ambassade de France au Cambodge : « Je tiens à vous informer que vous ferez partie du vol de rapatriement demain en direction de Paris Charles de Gaulle ». Un concentré de joie, d’excitation et de soulagement monte en moi. Cela fait en effet plusieurs jours que je suis coincé à Phnom Penh, capital du Cambodge dans l’incertitude de pouvoir rentrer rapidement au pays.

Tout a commencé quelques jours plus tôt lorsque nous avons appris, ma compagne et moi, que notre vol était annulé. Nous n’étions pas les seuls dans cette situation, beaucoup de compatriotes avaient vu, eux aussi, leurs vols annulés les uns après les autres. Les raisons ? Des frontières qui se ferment, des pays qui entrent en confinement et une situation inquiétante en France. Nous venions de revenir à Phnom Penh sentant qu’au Cambodge aussi la situation pouvait tourner au vinaigre d’un jour à l’autre.

Un Français rencontré un peu plus tôt à Siem Reap m’ajoute alors à un groupe WhatsApp regroupant plusieurs ressortissants français coincés ici et paniqués à l’idée de voir les vols en partance de moins en moins nombreux. Le but de ce groupe : partager les informations de chacun mais surtout se rassurer, voir que l’on n’est pas seul dans cette panade. Les consignes de l’ambassade à ce moment : réserver rapidement les derniers vols commerciaux en partance. Problème, ces vols sont à plus de 4500$. Entre incompréhension et peur nous nous voyons alors bloqués ici pour longtemps. Après plusieurs idées « bien françaises » : manifester à l’aéroport, devant l’ambassade, les harceler de mails… qui heureusement n’ont jamais vu le jour, notre seul espoir reste alors : faire du bruit en France et essayer de faire bouger les choses depuis Paris. A chacun ses moyens : certains font des vidéos sur Youtube et publient sur les réseaux sociaux, d’autres essaient d’activer leur réseau. C’est cette seconde option que j’ai choisie. Nous sommes alors lundi soir et me voilà parti à passer ma nuit à enchaîner coup de téléphone et mails pour faire parler de notre situation. Une première interview pour un journal régional, j’apprends que d’autres ont réussi à faire de même et que certains encore ont contactés des politiques avec quelques réponses encourageantes. Nous commençons à y croire. L’ambassade a même commencé à évoquer un possible rapatriement.

Il est 2h du matin ici lorsque le courroux tombe, Jean Yves le Drian, ministre des affaires étrangères, vient de publier un communiqué de presse concernant le rapatriement des français à l’étranger : il va s’étaler sur 15 jours mais le Cambodge ne fait pas parti des pays prioritaires. Il faut donc, à nous présents ici et toute la chaîne de solidarité qui s’est rapidement créée, redoubler d’efforts pour changer cela. Quelques heures de sommeil grappillées, me voilà replongé dans mon téléphone avec son lot de mauvaises nouvelles : aéroport de Siem Reap clôt, législation thaïlandaise qui se durcie drastiquement pour les voyageurs en transit et encore et toujours des frontières qui se ferment. Mais ce n’est pas tout, plusieurs lueurs d’espoir apparaissent, des médias plus importants s’intéressent à nous et les nouvelles du quai d’Orsay sont encourageantes. En parallèle, un second groupe WhatsApp est créé, le premier étant déjà plein. Nous serions en effet entre 800 et 1000 français coincés au Cambodge.

Confinés dans notre hôtel, nous avons fait le choix de limiter au maximum nos sorties, heureusement que nous avons climatisation et frigo. Les coups de fil s’enchaînent, il est maintenant 21h30, je parle à la directrice de l’Union des Français de l’Etranger (UFE) au Cambodge, qui me rappelle qu’il faut vraiment faire attention aux mots utilisés dans les médias, il n’est pas l’heure de créer un conflit diplomatique. A peine raccroché, elle me rappelle : « regarde vite ce que je viens de t’envoyer ». J’ouvre le message, quelle surprise : l’ambassade vient de poster sur Facebook une annonce concernant l’ouverture d’un vol de rapatriement. La règle est simple : premier arrivé, premier servi ! En effet, j’avais entendu parlé de cet avion lors d’un de mes nombreux échanges, mais je ne m’attendais pas à le voir arriver si vite.  Nous nous empressons d’envoyer un mail ! La chaîne de solidarité, le travail acharné de l’ambassade et tous nos contacts ont porté ses fruits. C’est un premier soulagement. S’en suit une nuit et une journée d’attente interminable. J’apprends qu’un autre vol est également dans les tuyaux, notre situation a clairement pris une autre tournure.

16h02 mon téléphone sonne enfin, je m’empresse de répondre. La bonne nouvelle arrive et nous voilà rassuré et soulagé. Encore quelques heures pour remercier toutes les personnes qui ont travaillé pour nous aider et je pourrai enfin m’endormir à rêver de confinement… chez moi !

 

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A l’aéroport de Phnom Penh, le 26 mars 2020

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