Destinations au banc d'essai
Pondichéry, Bangalore, Delhi : où vivent les Français en Inde ?
L’Inde, c’est un continent à elle seule ; choisir où s’y installer change tout. Delhi, Bangalore, Pondichéry : trois villes, trois rythmes, trois façons de vivre à la française, mais sous le soleil indien.
Ils sont plus de 11.000 Français officiellement enregistrés en Inde, et bien davantage si l’on compte ceux qui ne se sont pas signalés aux consulats. Cette communauté d’expatriés se concentre essentiellement dans trois villes : Delhi, la capitale politique qui abrite les grandes organisations internationales ; Bangalore, la Silicon Valley indienne ; et Pondichéry, refuge des expatriés de longue date en quête de calme.
Delhi : l’intensité comme mode de vie
Delhi, ses 25 millions d’habitants et ses taux de pollution records : la capitale indienne est à la fois la ville qui concentre le plus de Français et celle qui en fait fuir le plus. Les expatriés s’y installent principalement dans quelques quartiers du sud de la ville, comme Defense Colony, Hauz Khas, Vasant Vihar ou encore Gulmohar Park.
Une fois passées les portes de ces colonies, les artères bondées laissent la place à des allées ombragées, des maisons de quelques étages, des marchés à taille humaine et des restaurants de rue. L’ensemble crée une sorte de village, au cœur même de la ville. Un appartement s’y loue entre 60.000 et 120.000 roupies par mois [environ 600-1.200 euros, ndlr.].
La gastronomie de Delhi est l’une des plus réputées du pays. De la cuisine moghole du vieux Delhi à la simple street food, en passant par l’extravagance des luxueux restaurants de Hauz Khas ou de Khan Market, toutes les cuisines du monde s’y retrouvent. Manon Trouche, qui y a passé une décennie, se souvient d’une ville où l’on peut « sortir très facilement, même si, en tant que femme, il faut toujours faire attention. À Delhi, plus qu’ailleurs, on ne s’habille pas n’importe comment : pas de mini-jupe ni de décolleté trop profond par exemple ».
Une partie croissante de la communauté française a choisi de s’installer à Gurgaon, une banlieue qui s’est développée au sud de la capitale. Quartiers résidentiels sécurisés, centres commerciaux gigantesques, immeubles de bureaux modernes : Gurgaon offre une qualité d’infrastructure que Delhi ne garantit pas toujours, avec des loyers comparables voire inférieurs pour des surfaces plus grandes.
Bangalore : la ville des possibles
À mille mètres d’altitude sur le plateau du Deccan, Bangalore bénéficie d’un climat que les expatriés des autres régions de l’Inde lui envient : entre 15 et 35°C selon les saisons, sans les extrêmes caniculaires du reste du pays. « Quand tu fonds à Bombay ou à Delhi, ici, le climat est toujours agréable », résume Souad Tenfiche-Ancelle, présidente de la French Tech India.
Bangalore est surtout la capitale technologique de l’Inde. « Si tu jettes une pierre n’importe où à Bangalore, elle va tomber soit sur un chien errant, soit sur un ingénieur informatique », plaisante Emilien Coquard, fondateur de The Scalers. Le quartier de Koramangala concentre les bureaux, les incubateurs et les startups ; celui d’Indira Nagar, les restaurants, les bars et les microbrasseries. Sa jeunesse cosmopolite lui donne un caractère ouvert et décontracté. Seul vrai inconvénient : les embouteillages, réputés pour être les pires du pays. Mais « le métro est en train de se développer, » note Elisa Khetty, qui y vit depuis près de vingt ans. Il a permis de désengorger certains axes autrefois impraticables aux heures de pointe. » Un appartement s’y négocie entre 40.000 et 90.000 roupies mensuelles [environ 400-900 euros, ndlr.].

Elisa Khetty
Pondichéry : l’art de ralentir
À l’extrémité sud, Pondichéry occupe une place singulière dans l’imaginaire des expatriés français. Ancienne colonie, la ville conserve un quartier historique aux rues rectilignes, aux maisons colorées et aux noms français. La langue de Molière y est même encore pratiquée dans certaines familles. Les loyers y sont nettement inférieurs aux grandes métropoles : un appartement se loue autour de 20.000 à 40.000 roupies par mois [environ 200-400 euros, ndlr.].
Manon Trouche, après ses années à Delhi, y a trouvé « le bon équilibre : ce n’est pas un village coupé du monde ni une grande ville trop chaotique ». Outre les employés du Lycée français, Pondichéry attire de nombreux expatriés à la recherche d’un environnement paisible. Retraités, freelances, touristes au long cours et anciens cadres y cohabitent avec une communauté locale francophile. « Certains Français que j’ai rencontrés à Pondichéry ont, comme moi, un amour inconditionnel de l’Inde, sourit Manon Trouche. Mais après plusieurs années, gérer l’intensité d’une ville comme Delhi devient difficile. Ici, c’est calme, et en plus, on y trouve du vin et du fromage ! »
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